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Les effets du psycho-spirituel sur la prière.


Notre rubrique ne saurait être utilisée pour accuser nommément et sans nuances aucun mouvement, aucune communauté, et encore moins celles qui justement ont fait avancer canoniquement la réflexion sur le sujet et que l'on retrouve bizarrement mises dans le même sac par des " accusateurs/polémiqueurs" mal informés et qui n'hésitent pas à accuser des saints canonisés, bien plus fiables qu'eux-mêmes.... Le rôle de juger sur pièce revient à d'autres lorsque la sainteté n'est pas encore reconnue, ( nous conseillons en ce sens la réflexion profonde et positive du livre de Mgr Tony Anatrella sur le sujet ( " Développer la Vie communautaire dans l'Eglise"). Notre rubrique veut offrir un espace libre de réflexion et de confiance dans l'Eglise.

Sortir de la recherche de soi qui tourne à l'idôlatrie, adorer le Dieu Unique !



Faire confiance à ses propres capacités pour provoquer la réponse de Dieu?

Les effets du psycho-spirituel sur la prière.
La prière n'est pas une technique ni une recherche de soi. Certaines pseudo-psychologies, notamment la psychologie transpersonnelle introduisent de façon trompeuse la dimension spirituelle dans la psychologie mais pour trouver " en soi" la divinité, à partir de capacités humaines qui convoquent la divinité. Ainsi, des exercices d'escaliers descendant " en soi", de " jardin intérieur", inversant le chemin de la Montée du Carmel de Saint jean de la Croix, provoquent une double illusion : mes capacités font venir Dieu, je peux le faire apparaître selon les critères de mon imagination, je peux élargir " mon champ de conscience" pour lui faire une place...illusion généreuse souvent, mais issue d'une tromperie qui en réalité vient du nouvel-âge, via la Gestalt Thérapie. Appliquées à la vie de prière, ces techniques faussent le dialogue aimant avec Dieu car on promet une " illumination" ( masquée sous les termes chrétiens parfois de contemplation dans des tentatives naïves d'adaptation), et cette illumination ne venant pas, le priant trompé accusera Dieu de l'abandonner...et ne priera plus du tout.

Benoît XVI, dans ses catéchèses sur la prière, nous retrace la différence entre les prêtres de Baal et Elie, entre la prière adressée à l'idole de nos propres forces et la prière chrétienne :

« Si le Seigneur est Dieu, suivez-le ; si c’est Baal, suivez-le » (1 R 18, 21). Et le prophète, porteur de l’amour de Dieu, n’abandonne pas son peuple face à ce choix, mais il l’aide en indiquant le signe qui révélera la vérité : lui d’un côté et les prophètes de Baal de l’autre prépareront un sacrifice et prieront, et le vrai Dieu se manifestera en répondant par le feu qui consumera l’offrande. Ainsi commence la confrontation entre le prophète Elie et les disciples de Baal, qui est en réalité entre le Seigneur d’Israël, Dieu de salut et de vie, et l’idole muette et sans consistance, qui ne peut rien faire, ni en bien ni en mal (cf. Jr 10, 5). Et commence aussi la confrontation entre deux manières complètement différentes de s’adresser à Dieu et de prier."



 

Ne pas s'enfermer dans le cercle de la recherche de soi quand on prie!

Les effets du psycho-spirituel sur la prière.
"Les prophètes de Baal, en effet, crient, s’agitent, dansent en sautant, entrent dans un tel état d’exaltation qu’ils en vienne à s’inciser le corps, « avec des épées et des lances jusqu’à l’effusion du sang » (1 R 18, 28). Ils ont recours à eux-mêmes pour interpeller leur dieu, en faisant confiance à leurs propres capacités de provoquer sa réponse. Ainsi se révèle la réalité trompeuse de l’idole : il est pensé par l’homme comme quelque chose dont on peut disposer, que l’on peut gérer avec ses propres forces, auquel on peut accéder à partir de soi-même et de sa propre force vitale. L’adoration de l’idole, au lieu d’ouvrir le cœur humain à l’Altérité, à une relation qui libère et permet de sortir de l’espace étroit de son propre égoïsme pour accéder à des dimensions d’amour et de don réciproque, enferme la personne dans le cercle exclusif et désespérant de la recherche de soi. "

Ainsi, quand remontent les obstacles à la prière, ils sont souvent sous la forme de la recherche de soi, des blessures que l'on ressasse, des événements qui permettent de revenir...à soi! c'est normal, et n'est pas l'indication de la nécessité d'une thérapie pour pouvoir enfin prier, mais de la nécessité de..sortir de soi-même dans l'incessant combat spirituel décrit par l'école du Carmel, par exemple. La thérapie, si elle est nécessaire, n'a pas de lien avec notre vie spirituelle et se décide en dehors des nécessités spirituelles :  les blessures où circonstances difficiles ne sont pas un obstacle fatal à notre prière mais une occasion d'offrande et de communion. 

L'objectif de la prière est la conversion : adorer uniquement Dieu.

"Chers frères et sœurs, que nous dit cette histoire du passé ? Dans quelle mesure cette histoire est-elle actuelle ? Avant tout, c’est la priorité du premier commandement qui est en question : adorer uniquement Dieu. Là où Dieu disparaît, l’homme tombe dans l’esclavage d’idolâtries, comme l’ont montré, à notre époque, les régimes totalitaires et comme le montrent également diverses formes de nihilisme, qui rendent l’homme dépendant d’idoles, d’idolâtries qui le réduisent à l’état d’esclave. Deuxièmement, l’objectif principal de la prière est la conversion  : le feu de Dieu qui transforme notre cœur et nous rend capables de voir Dieu et ainsi, de vivre selon Dieu et de vivre pour l’autre. En troisième lieu, les Pères nous disent que cette histoire d’un prophète est elle aussi prophétique, si — disent-ils — elle est l’ombre du futur, du futur Christ ; il s’agit d’un pas sur le chemin vers le Christ. Et ils nous disent que nous voyons ici le véritable feu de Dieu : l’amour qui guide le Seigneur jusqu’à la croix, jusqu’au don total de soi. La véritable adoration de Dieu, alors, est de se donner soi-même à Dieu et aux hommes, la véritable adoration est l’amour. Et la véritable adoration de Dieu ne détruit pas, mais renouvelle, transforme. Certes, le feu de Dieu, le feu de l’amour brûle, transforme, purifie, mais précisément ainsi, il ne détruit pas, mais crée la vérité de notre être, il recrée notre cœur. Et ainsi, réellement vivants par la grâce du feu de l’Esprit Saint, de l’amour de Dieu, nous sommes adorateurs en esprit et en vérité. Merci."
 
Benoît XVI
Les effets du psycho-spirituel sur la prière.

Jeudi 14 Juin 2012
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