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Le développement personnel aide-t-il a devenir saint?



Notre rubrique ne saurait être utilisée pour accuser nommément et sans nuances aucun mouvement, aucune communauté, et encore moins celles qui justement ont fait avancer canoniquement la réflexion sur le sujet et que l'on retrouve bizarrement mises dans le même sac par des " accusateurs/polémiqueurs" mal informés et qui n'hésitent pas à accuser des saints canonisés, bien plus fiables qu'eux-mêmes.... Le rôle de juger sur pièce revient à d'autres lorsque la sainteté n'est pas encore reconnue, ( nous conseillons en ce sens la réflexion profonde et positive du livre de Mgr Tony Anatrella sur le sujet ( " Développer la Vie communautaire dans l'Eglise"). Notre rubrique veut offrir un espace libre de réflexion et de confiance dans l'Eglise.

« Il n’existe de personnalité vraiment parfaite que chez les saints. Mais comment cela ? Les saints se sont-ils préoccupés de développer leur personnalité ? Non. Ils l’ont trouvée sans la chercher, parce qu’ils ne la cherchaient pas, mais Dieu seulement » (J. Maritain) cité par le cardinal Scola.



Le développement personnel ne mène pas au ciel, c'est la charité qui y mène...!

Le développement personnel aide-t-il a devenir saint?
La piscine est excellente pour mon développement personnel : je me faisais ces réflexions en nageant, en développant mes muscles et mes performances...transposons aux multiples développements possibles aujourd'hui : entraînement de la mémoire, développement des capacités du cerveau ( avec la légende tenace de ses capacités infinies, ce qui relève plus de la science-fiction que de la science et de l'être fini qu'est l'homme...), développement des capacités psychologiques ( et des capacités de manipulations d'autrui), développement des ressources financières, organisationnelles...tout cela, comme la piscine, peut avoir du bon!

Mais...

Rien de tout cela n'est la charité.

Le risque du selfisme.

Le développement personnel aide-t-il a devenir saint?
Ce néologisme décrit une dérive du développement personnel, qui est le développement de l'ego, de l'égocentrisme, du " moâ "...ainsi, seule la charité peut décentrer le légitime développement des capacités humaines de la fixation sur soi-même. Faire de la natation pour se détendre et mieux servir peut être une charité bien ordonnée. A égal développement personnel, deux personnes seront séparées à la fin des temps, " Venez les bénis de mon Père", la bénédiction de Jésus s'adressant à ceux qui auront servi et aimé, avec ou sans grandes capacités humaines, mais avec un coeur aimant fort développé ! La petite religieuse peu instruite en PNL, EMDR, analyse transactionnelle, scénario psycho-spirituels pointus, mais aimante et décentrée d'elle-même, ayant donné bien des verres d'eau à des petits et des pauvres au nom de Jésus, aura un coeur plus développé que le grand prélat diplômé de sciences humaines si ce dernier est resté centré sur lui-même, ce qui est un risque inhérent à ces " sciences". Sans pour autant qu'il faille renoncer aux diplômes, mais en ayant conscience du risque du selfisme.

Le réductionnisme ontologique.

Cette expression désigne la réduction du moi à sa dimension du développement personnel. C'est pourquoi l'Eglise préfère l'expression des papes et de la Doctrine Sociale : le développement humain intégral. Les capacités humaines à développer ne sont pas négligées, loin de là, mais replacées dans la perspective de la charité, du salut et de la Croix du Christ. le développement personnel trop accentué réduit l'homme à être une machine performante, un être " technicisé", brillant même spirituellement en apparence...mais voilà, l'être humain ne saurait se réduire au développement personnel uniquement humain : il faut son développement intégral, qui passe par...la Croix. La dimension spirituelle chrétienne re-situe l'homme dans sa condition d'être humain créé. Donc avec des limites. Les théories de développement personnel n'aiment pas ce rappel, qui au fond pourtant permet à l'homme de cesser de chercher une perfection humaine et même spirituelle qui viendrait de SA capacité personnelle de développement. C'est le risque du pélagisme, l'effort qui oublie le salut gratuit de la croix et cherche à créer ( à developper ?) une perfection illusoire. Ainsi, l'homme, en cherchant à se développer lui-même se réduit à lui-même : Dieu et son Salut par la Croix ne lui sont plus utiles. 

Le développement humain intégral.

Sainte Edith Stein, co-patronne de l'Europe
Sainte Edith Stein, co-patronne de l'Europe
Le développement humain intégral, qui fait l'objet des encycliques des papes et de la Doctrine sociale de l'Eglise évite le réductionnisme ontologique, c'est-à-dire de réduire l'homme à l'homme. Oui, le développement est bon : celui qui redonne à l'homme tout son être et son  identité de fils de Dieu. Le développement humain intégral n'est possible qu'en référence à Dieu, Créateur et Sauveur. Ainsi, la créature, aimée de Dieu, n'est pleinement humaine que par le salut de la Croix. Pensons à une Edith Stein, pleinement humainement au maximum de ses capacités de philosophe reconnue unanimement par les grands penseurs de son époque, théologienne en pleine maturité, religieuse bien intégrée dans son couvent ( elle a même fini par développer de bonnes capacités ménagères, ce qui n'était pas son domaine d'intellectuelle!)...et partant pour la mort à Auswitchz. Son amour pour son peuple ( elle était juive d'origine) l'a conduite à l'amour le plus grand à la manière du Christ.

Ce qu'en dit Benoît XVI dans Caritas in Veritate, l'encyclique sur le développement humain intégral comme moyen de sanctification : " Développer un amour qui devienne soin de l'autre pour l'autre".

Le développement personnel aide-t-il a devenir saint?
 "Le Concile a approfondi tout ce qui appartient depuis toujours à la vérité de la foi, c’est-à-dire que l’Église, qui est au service de Dieu, est au service du monde selon les critères de l’amour et de la vérité. C’est précisément de cette vision que partait Paul VI pour nous faire part de deux grandes vérités. La première est que toute l’Église, dans tout son être et tout son agir, tend à promouvoir le développement intégral de l’homme quand elle annonce, célèbre et œuvre dans la charité. Elle a un rôle public qui ne se borne pas à ses activités d’assistance ou d’éducation, mais elle déploie toutes ses énergies au service de la promotion de l’homme et de la fraternité universelle quand elle peut jouir d’un régime de liberté. Dans bien des cas, cette liberté est entravée par des interdictions et des persécutions, ou même limitée quand la présence publique de l’Église est réduite à ses seules activités caritatives. La seconde vérité est que le développement authentique de l’homme concerne unitairement la totalité de la personne dans chacune de ses dimensions [16]. Sans la perspective d’une vie éternelle, le progrès humain demeure en ce monde privé de souffle. Enfermé à l’intérieur de l’histoire, il risque de se réduire à la seule croissance de l’avoir. L’humanité perd ainsi le courage d’être disponible pour les biens plus élevés, pour les grandes initiatives désintéressées qu’exige la charité universelle. L’homme ne se développe pas seulement par ses propres forces, et le développement ne peut pas lui être simplement offert. Tout au long de l’histoire, on a souvent pensé que la création d’institutions suffisait à garantir à l’humanité la satisfaction du droit au développement. Malheureusement, on a placé une confiance excessive dans de telles institutions, comme si elles pouvaient atteindre automatiquement le but recherché. En réalité, les institutions ne suffisent pas à elles seules, car le développement intégral de l’homme est d’abord une vocation et suppose donc que tous prennent leurs responsabilités de manière libre et solidaire. Un tel développement demande, en outre, une vision transcendante de la personne; il a besoin de Dieu: sans Lui, le développement est nié ou confié aux seules mains de l’homme, qui s’expose à la présomption de se sauver par lui-même et finit par promouvoir un développement déshumanisé. D’autre part, seule la rencontre de Dieu permet de ne pas “voir dans l’autre que l’autre” [17], mais de reconnaître en lui l’image de Dieu, parvenant ainsi à découvrir vraiment l’autre et à développer un amour qui “devienne soin de l’autre pour l’autre” [18]." Caritas in Veritate, 11.

Jeudi 16 Août 2012
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