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Contempler Dieu dans l'oraison en passant par la psychologie ?

Notre rubrique ne saurait être utilisée pour accuser nommément et sans nuances aucun mouvement, aucune communauté, et encore moins celles qui justement ont fait avancer canoniquement la réflexion sur le sujet et que l'on retrouve bizarrement mises dans le même sac par des " accusateurs/polémiqueurs" mal informés et qui n'hésitent pas à accuser des saints canonisés, bien plus fiables qu'eux-mêmes.... Le rôle de juger sur pièce revient à d'autres lorsque la sainteté n'est pas encore reconnue, ( nous conseillons en ce sens la réflexion profonde et positive du livre de Mgr Tony Anatrella sur le sujet ( " Développer la Vie communautaire dans l'Eglise"). Notre rubrique veut offrir un espace libre de réflexion et de confiance dans l'Eglise.



Les blessures psychologiques ainsi que les limites psychologiques empêchent-elles la contemplation de Dieu ?

Contempler Dieu dans l'oraison en passant par la psychologie ?
Nous n'entrons pas ici dans ce qu'est la contemplation en elle-même, pour cela, des ouvrages majeurs comme " Je veux voir Dieu" du vénérable Marie-Eugène de l'Enfant Jésus sont un trésor irremplaçable.

Mais une question se pose aujourd'hui avec l'affirmation de plus en plus répandue selon laquelle notre image de Dieu, ainsi que notre capacité d'oraison et de contemplation, dépendraient de notre santé psychologique, de la guérison de nos blessures relationnelles et de nos traumatismes.

La contemplation est un don de Dieu, où Dieu se donne Lui-même!

Contempler Dieu dans l'oraison en passant par la psychologie ?
La prière contemplative serait un niveau de guérison psychologique ? Ainsi, selon certaines écoles d'oraison influencées sans le savoir par le Nouvel-âge, une certaine purification, guérison de la psychologie et des blessures, amènerait au seuil de la contemplation. Garder des faiblesses et des blessures psychologiques maintiendrait à un niveau ne permettant pas de plonger dans la prière, même méditative, car on serait toujours envahi, perturbé par la vie psychologique. En réalité, il s'agit d'une confusion entre relaxation ( atteinte par des moyens humains) et oraison de quiétude ( don de Dieu qu'on ne peut provoquer par ses efforts).




 

« Ma grâce te suffit : car ma puissance se déploie dans la faiblesse » (2 cor 12, 9)

Le point névralgique de cette vision de la prière-relaxation-quiétude-guérison-libération ( ce sont tous les noms qu'on lui donne) réside dans non-compréhension de la faiblesse et du combat spirituel. Certes, il est bon de ne pas se laisser distraire de notre dialogue avec Dieu par notre psychologie, mais ce n'est pas dans la perfection et la guérison psychologique que se trouve la relation avec Dieu mais dans la persévérance, malgré et dans nos faiblesses. On peut bien-sûr chercher à les guérir par ailleurs, comme le fait de prendre une aspirine peut aider à mieux prier après en cas de mal de tête! mais l'aspirine n'est pas une prière, ni une sanctification en soi! Ainsi, le recours au traitement psychologique, légitime, n'est pas une prière. On peut demander d'être guéri : la prière (de demande, de quiétude, de contemplation) n'est pas un traitement psychologique. Le point de jonction qui fait passer à la prière, quelle qu'elle soit, est la relation personnelle de confiance et de dialogue avec Dieu. Parfois, ce dialogue va amener à accepter de ne pas pouvoir être guéri.

Pour ce qui est de l'utilité de la psychologie dans la vie spirituelle, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain : l'aide apportée par la psychologie dans son domaine propre mérite d'être sollicitée, sans en faire un absolu et sans la confondre avec la vie spirituelle elle-même. Le document "Orientations pour l'utilisation de la psychologie dans l'admission et la formation des candidats au sacerdoce"  est un exemple de réflexion approfondie sur le sujet. Mais cela ne concerne pas la vie de prière en soi.

 

Celui qui se donne à nous dans la prière est plus important que la guérison psychologique et que ses dons gratuits.

Benoît XVI nous redit la nature profonde de la prière chrétienne dans son école d'oraison :


"Chers frères et soeurs, en lisant ce récit, ( la mort de Lazare) chacun de nous est appelé à comprendre que, dans la prière de demande au Seigneur, nous ne devons pas nous attendre à un accomplissement immédiat de ce que nous demandons, de notre volonté, mais nous confier plutôt à la volonté du Père en lisant chaque événement dans la perspective de sa gloire, de son dessein d’amour, souvent mystérieux à nos yeux. C’est pourquoi, dans notre prière, demande, louange et remerciement devraient se fondre, même lorsqu’il nous semble que Dieu ne réponde pas à nos attentes concrètes. S’abandonner à l’amour de Dieu qui nous précède et nous accompagne toujours est l’une des attitudes de fond de notre dialogue avec Lui. Le Catéchisme de l’Eglise catholique commente ainsi la prière de Jésus dans le récit de la résurrection de Lazare : « Ainsi, portée par l’action de grâce, la prière de Jésus nous révèle comment demander : Avant que le don soit donné, Jésus adhère à Celui qui donne et Se donne dans ses dons. Le Donateur est plus précieux que le don accordé, il est le « Trésor », et c’est en Lui qu’est le cœur de son Fils ; le don est donné « par surcroît » (cf. Mt 6, 21. 33) » (2604). Cela me semble très important : avant que le don soit accordé, adhérer à celui qui donne ; celui qui donne est plus précieux que le don. Par conséquent nous aussi, au-delà de ce que Dieu nous donne lorsque nous l’invoquons, le don le plus grand qu’il puisse nous donner est son amitié, sa présence, son amour. C’est lui le trésor précieux à demander et à toujours préserver." Benoît XVI, Les guérisons de Jésus : L’école de prière de Benoit XVI (n°16)

Jeudi 21 Juin 2012
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