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Résiliente et femme de foi : Marie Madeleine au matin de Pâques



Elle lisait la Bible, spécialement les passages avec des femmes pouvant l'inspirer?

Et si Marie Madeleine, avant de rencontrer Jésus, ( et bien sûr d'autant plus après) avait lu la Bible dans ses moments les plus désespérés? Juive, elle avait grandi avec des modèles : Suzanne, la femme accusée à tort et que Dieu sauve par l'intervention du prophète Daniel... Esther, Judith, ces femmes qui affrontent la tyrannie! Déborah, l'unique femme juge, égale des plus grand prophète et qui gouverne Israël à la place et avant les rois. Cet âge d'or des femmes de la Bible, Marie Madeleine en a été pétrie. Pour l'image et la dignité de la femme, ces modèles sont tout de même plus valorisants que nos "Games of Thrones". Et pourtant, Marie Madeleine se retrouve au plus bas, parmi les prostituées, les abandonnées, les maudites. Dans Games of Thrones, on trouve une "porte de la Lune" qui permet de tuer (en réalité, de défenestrer). Combien de fois dans sa vie terrible, Marie Madeleine a-t-elle pensé être devenue une Jézabel, cette femme pervertie qui meurt défenestrée et mangée par les chiens? La Bible, comme Games of Thrones, n'est pas un conte pour les enfants. Notre culture contemporaine a des accents de Bible et de résilience, mais la foi va plus loin. En lisant la Bible, Marie Madeleine commence à être travaillée par l'Esprit Saint.

Un autre regard sur elle même et sur la femme après LA rencontre de sa vie

Puis Marie Madeleine rencontre Jésus. Sa résurrection à elle commence alors qu'elle redevient une digne fille et héritière des femmes d'Israël : pour résister à la tyrannie (des hommes? de ses clients? de la jalousie des autres femmes? de ceux qui voulaient la lapider? de ceux qui disaient qu'elle était bien consentante? du péché, du mal, du démon ? ), il faut rencontrer le Christ. Celui qui dit : "Va, je ne te juge pas. Désormais ne pèche plus". 
Alors, Suzanne, Judith, Esther, et même Rahab la Prostituée redeviennent les amies de Marie Madeleine. La voici relevée, réhabilitée, ressuscitée? Le dernier terme n'est pas encore tout à fait vrai.

La résurrection de Marie Madeleine

Au tombeau du Christ, Marie Madeleine saisit les pieds de son Seigneur. Elle comprend qu'il est bien plus qu'un prophète comme Daniel. Car elle était au pied de la Croix. Ces mêmes pieds ont toujours été ses amis : elle les a baignés de larmes chez Simon le Pharisien, et essuyés avec ses cheveux. Elle les a embrassés et tenus, sanglants, transpercés d'un clou, sur le Golgotha. Et voilà qu'elle reconnaît son Seigneur; dans son humilité de pécheresse, elle se jette encore à ces pieds-là qu'elle a l'habitude de de tenir. Mais le Ressuscité ne la laisse pas faire cette fois comme chez Simon ou bien comme au Golgotha.

Ce n'est pas un refus, bien au contraire : le Christ relève la Femme, l'Eve, en Marie Madeleine. Il revient des enfers, il remonte : Marie Madeleine peut, avec les yeux de la foi, voir derrière Jésus ces femmes de la Bible qui attendaient au séjour des morts hébraïque le Sauveur. Derrière Jésus, lumineux au matin de Pâques, Marie Madeleine peut voir Eve, Suzanne, Esther, Judith, Ciporah, Yokébed, et tant de femmes illustres qui "montent" vers le Père avec lui, joyeusement! 
Et Jézabel? La femme pervertie? Pourquoi pas, dirait Marie Madeleine, qui sait de quoi elle parle. Le Christ "monte vers son Père", afin de faire miséricorde. Dans ce mouvement ascendant, il relève toute femme. Finie, la soumission. Elle ne revenait qu'au Christ, et Lui-même s'élève pour faire monter le regard non plus vers ses pieds, mais vers son Coeur. Marie Madeleine ressuscite vraiment au matin de Pâques. Elle ne s'attache plus uniquement par son humilité au Christ, mais par un amour qui l'élève au lieu de l'abaisser.

La théologie féminine doit développer ce relèvement permanent qu'opère la Christ. Elle doit entrecroiser les regards des femmes d ela Bible sur elles-mêmes, car toutes méditaient la Parole et s'en nourrissaient. Ces modèles si nombreux ont développé une féminité, une théologie, une résilience, une résistance à la tyrannie, une foi particulière, et cela continue...l'image de la femme biblique est une mosaïque resplendissante qui reste à explorer.


Marie Madeleine devient une image de l'Eglise des rachetés (hommes et femmes, bien sûr). Marie Madeleine, dans son humilité, sait qu'elle doit à la foi invincible de la Vierge Marie, au pied de la Croix, sa dignité personnelle retrouvée. Cela n'empêche pas Jésus d'avoir la bonté de le lui faire savoir en personne, en ce matin de printemps de l'âme sauvée, dans ce jardin envahi par une foule de femmes de l'Ancien testament sauvées par le Christ. Marie Madeleine les reconnaît désormais chacune et se reconnaît en chacune.

AC

 

Dimanche 9 Avril 2023
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