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L'interaction des femmes de la Bible en elles : une "biblopshère" féminine



Un accroissement de conscience féminine

Si on vit avec les femmes de la Bible, on s'aperçoit qu'elles vivaient "ensemble" dans un encouragement permanent et un milieu ouvert, non revendicateur mais résilient et porteur de foi, donc transformant. Une des traditions qui consiste à donner aux femmes des noms comme Esther, Deborah, Rachel, Judith, Yaël, etc, est un des signes de cette interaction permanente. 
Les modèles, et donc la modélisation qui s'ensuit, sont tous tournés vers Dieu : on ne donne pas le nom de Jézabel qui repoussait Dieu! Mais les femmes qui connaissent leur "patronne" biblique sont reliées entre elles par la foi. Ce qui crée un accroissement de la conscience féminine... et de la foi. On pourrait appeler cela la "Biblosphère" féminine. Une intelligence non artificielle de connexion!

Un milieu ouvert et intégratif

L'intelligence que les femmes ont d'elles-mêmes par la Bible et par la foi est une intelligence intégrative : elle s'appuie sur une résilience humaine et une foi divine, elle est un dynamisme de l'éternel féminin. Si nous prenons les paroles des unes ( le chant de Deborah, le cantique d'Anne, le Magnificat), nous voyons une perspective se dessiner : celle de l'accueil du Messie, du Sauveur. Nous voyons aussi une interaction : le Magnificat est nourri par exemple du Cantique d'Anne, et la géneaologie du Messie/Christ en saint Matthieu peut être "collée" littéralement à celle énoncée par Déborah, la prophétesse.
Les femmes de la Bible ouvrent donc une perspective de Salut, elles sont toujours l'ouverture et l'intégration face aux forces de fermeture et de monde clos. En quelque sorte, elles intègrent le salut au monde grâce à la complémentarité homme/femme. 

L'exemple d'Esther, Mardochée et Assuérus

Esther est le pendant féminin d'abord de son oncle Mardochée. Tous les deux se complètent admirablement pour le salut du Peuple Juif menacé par leur ennemi Aman. Mardochée voit en songe le rôle d'Esther comme une source humble de salut d'abord cachée puis victorieuse de deux dragons. Esther obéit à son oncle, et suit ses conseils, y compris lorsqu'il met le doigt sur sa peur d'affronter Assuérus et de courir le risque de mourir, sur sa tentation de renoncer à sa mission prophétique de femme et d'intercession en faveur de son peuple. En effet, Esther est envoyée à Assuérus comme prophète, même si on oublie de lui en donner le titre: elle parle au nom de Dieu, comme Moïse le fera plus tard.

Dans ce but, Esther est littéralement coachée par un Eunuque : son humilité et sa sagesse lui font suivre les bons conseils. Elle trouve dans la complémentarité et le recours aux hommes une attitude de vie. Et sans mépris pour la situation de l'Eunuque, à qui elle redonne par son écoute active sa dignité.

Vient la confrontation avec Assuérus, qui a rang de divinité babylonienne : à Babylone, le roi était le créateur du monde ( la cosmogonie de Babylone place le roi au centre divin du monde), sa lignée divine est donc en concurrence directe avec le Dieu hébraïque, seul Dieu devant qui Mardochée a appris à Esther à s'incliner. En s'adressant au roi sans être conviée, en plaidant la cause de son peuple, Esther "remet à sa place" humaine Assuérus. Et le miracle est qu'il l'accepte! Ainsi la complémentarité homme/femme rétablit une égalité de fait face à Dieu.

Complémentarité, égalité, vis à vis : la femme en face de l'homme comme l'autre hélice de l'ADN humain.

Il n'y a pas dans une complémentarité bien comprise d'interchangeabilité. Esther ne prend pas la place d'Assuérus ou de Mardochée. Déborah, femme juge d'Israël, ne prend pas la place des guerriers ou des prêtres d'Israël. Ce n'est pas une uniformité de fonction  qui est visée mais une ouverture de perspective par l'intégration : comme les deux hélices latéralisées de l'ADN qui s'imbriquent sans s'intervertir. L'ADN, comme on le sait est le support de l'hérédité. Ce support repose sur une permanente complémentarité. D'où ma comparaison avec la complémentarité homme/femme. 

Esther prend progressivement conscience de sa dignité de femme juive, de Reine, d'épouse, de conscience libre au prix d'un combat de résilience et de foi. Son empathie avec son peuple se prolongera par exemple chez Edith Stein (qui a elle-même créé cette notion d'empathie à partir de sa réflexion sur la place de la femme face aux idées négatives d'Hitler sur la femme en général). La complémentarité homme/femme est aussi très présente chez Edith Stein (assistante de Husserl) et grande philosophe. L'héritage des femmes de la Bible est dans son ADN à tous les degrés, par son appartenance au peuple Juif et par sa connaissance des femmes de la Bible.

Pour continuer ma métaphore, je dirai que la complémentarité homme/femme est l'ADN de la relation juste entre les hommes et les femmes. Bien plus profonde que la précieuse complémentarité sexuelle ( déviée aujourd'hui en dangereux mystico-érotisme par toutes sortes de gourous), la complémentarité homme/femme est structurelle, jusque dans la biologie moléculaire. C'est donc une notion clé à décrypter : avec un ARN messager?

Marie et Joseph nous montrent cette complémentarité parfaite autour de Jésus : ils sont l'aboutissement de la "biblosphère" féminine et masculine, qui permet à Jésus de s'incarner....

AC
 

Lundi 24 Juillet 2023
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