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Attention, confidentiel.


For interne/externe : distinguer pour mieux coordonner...notre rubrique ne saurait être utilisée pour accuser nommément et sans nuances aucun mouvement, aucune communauté, et encore moins celles qui justement ont fait avancer canoniquement la réflexion sur le sujet et que l'on retrouve bizarrement mises dans le même sac par des " accusateurs/polémiqueurs" mal informés. Le rôle de juger sur pièce revient à d'autres, ( nous conseillons en ce sens la réflexion profonde et positive du livre de Mgr Tony Anatrella sur le sujet ( " Développer la Vie communautaire dans l'Eglise"). Notre rubrique veut offrir un espace libre de réflexion et de confiance dans l'Eglise.

7) For interne sacramentel et for interne non sacramentel, distinguer ce qui relève de la compétence de chacun.



For interne non sacramentel : qui peut écouter ?

Confession
Confession
En formation d'écoute chrétienne, il est important de faire la distinction entre le for interne non sacramentel et le for interne sacramentel. Le for interne sacramentel concerne le péché ( le mal commis par la personne) et la confession et seul le prêtre est habilité à écouter ce type de confidence.

Le for interne non sacramentel concerne différents autres aspects de notre vie que nous souhaitons garder confidentiels, et pour lesquels nous avons besoin de conseils avisés : les distinctions suivantes sont bien sûr pour aider à ne pas mélanger les domaines, bien que dans la vie ces domaines ne soient  pas aussi distincts ni faciles toujours à bien distinguer. Il est cependant bien meilleur de réserver les confidences à ceux qui sont formés et aptes à les entendre. Ainsi, on ne confiera pas ce qui relève de la santé à son avocat, ce qui relève de ses démêlés judicières à son psy, etc ! Ne peuvent vraiment écouter efficacement les confidences que ceux qui ont la compétence pour conseiller et aider.

For interne non sacramentel : les différents domaines.

fauteuils "psy"
fauteuils "psy"
Lorsqu'on est dans le " for interne", on est dans le domaine de la vie privée, de la confidence. Un accompagnateur spirituel doit savoir distinguer le for interne non sacramentel et ses différents domaines :
-médical. Le médecin est tenu au secret professionnel concernant les ennuis de santé d'une personne.
-psychologique. Le medecin psychologue, le psychiatre, s'ils sont des professionnels de la santé aggréés et dîplômés, savent gérer le secret professionnel. Attention aux para-médicaux dont la formation et les diplômes ne sont pas reconnus, certains peuvent être des charlatans et utiliser les confidences reçues à titre personnel ou au profit de sectes.
-juridique. L'avocat est lui aussi tenu au secret professionnel.
-familial. etc....

L'écoutant bénévole et le for interne non sacramentel.

L'écoute s'apprend et requiert une pluri-disciplinarité où chacun sait ce qui relève de sa compétence et de la compétence d'autrui. L'écoutant bénévole non professionnel n'est pas toujours au service d'une secte, ni un charlatan ! Lorsqu'il s'agit d'écoute spirituelle, par exemple dans l'accompagnement spirituel à long terme ou au cours de retraites ou d'exercices spirituels donnés dans des centres catholiques, l'accompagnateur spirituel ou l'écoutant bénévole peut recevoir des confidences concernant le for interne non sacramentel. Il doit cependant  avoir reçu une solide formation, et son rôle est alors de renvoyer à des professionnels agréés si besoin est quand il s'agit du domaine de la santé, de la psychologie, du domaine juridique ou familial. Il doit garder un secret absolu aussi rigoureux que le secret professionnel, et être au courant des exceptions qui concernent la non-assistance à personne en danger et la démarche légale à suivre dans ces cas précis. ( Confidences de cas de pédophilie, viol, etc). 

 

For interne non sacramentel et mal subi.

Attention, confidentiel.
Lorsque les confidences reçues concernent le mal subi par la personne, il s'agit du for interne non sacramentel, souvent psychologique : traumatismes de l'enfance et de l'adolescence, blessures relationnelles parentales, événements négatifs, problèmes conjugaux...dans l'accompagnement spirituel, parfois ce mal subi peut expliquer un blocage par rapport à Dieu, une réaction personnelle inadaptée, une impossibilité de prier ou de pardonner. On se trouve alors à la frontière du spirituel et du psychologique. Il est alors judicieux pour l'accompagnateur spirituel de renvoyer à une personne professionnelle extérieure ou à une retraite spécifique pour un discernement, ce qui évitera à l'accompagnateur spirituel de mélanger le spirituel et le psychologique et d'entrer dans l'accompagnement psychologique qui risque d'être à long terme et ne relève pas de sa compétence. De plus, même si l'accompagnateur spirituel a une bonne formation de psychologue, il risque d'y avoir maldonne si l'accompagné n'attend en rien un accompagnement psychologique de sa part.

For interne, mal subi et mal commis : bien poser les notions dès le début de l'accompagnement spirituel.

Attention, confidentiel.
Un accompagnateur spirituel n'est pas non plus un confesseur. Il doit pouvoir arrêter son accompagné quand celui-ci commence à lui confier ses péchés, c'est-à-dire le mal qu'il a pu commettre. Dès qu'il s'agit du mal commis, l'accompagnateur doit renvoyer au confesseur et stopper la confidence. Il est d'ailleurs encore mieux de bien avertir l'accompagné dès le début de l'accompagnement en posant clairement la notion de for interne non sacramentel ou sacramentel. En termes plus simples, le péché de l'accompagné ( mal commis) ne concerne que le confesseur. Parfois, l'accompagné ne sait pas trop s'il y a péché ou pas, mais il doit éclaircir la question avec le confesseur plutôt qu'avec l'accompagnateur pour un meilleur respect de sa conscience et de la confidentialité. De plus, il y aurait une forme d'indiscrétion mal placée de la part d'un accompagnateur à recevoir des confidences de type " confession" dont il n'a que faire ! La confession relève d'une intimité profonde dans le but d'une conversion et d'un retour à Dieu et demande une confidentialité absolue.
 

Pluridisciplinarité et collaboration : savoir ce qui relève de sa propre compétence et de la compétence d'autrui.

On s'inquiète beaucoup du mélange du psychologique et du spirituel et avec raison. Cependant, il serait absurde de demander à un prêtre de ne pas s'interesser à la psychologie, ou à un psychologue de ne rien connaître de la vie spirituelle. Il est bien plus important que chacun connaisse son propre domaine et de le situe en collaboration avec les autres domaines. Ainsi, un accompagnateur spirituel gagnera à avoir une bonne formation psychologique de base pour savoir quand renvoyer à un psychologue professionnel. Il arrive que des psychologues non croyants sachent fort bien renvoyer leur patient à un accompagnement spirituel quand ils voient que c'est constitutif de la personne. Il est important aussi de ne pas empiéter sur le domaine et la compétence d'autrui, même si on a une compétence de base. Et enfin, à l'accompagné de ne pas attendre de son accompagnateur spirituel qu'il règle tous ses problèmes psychologiques, ou de son psychologue qu'il guide sa vie de prière!!!

Ainsi, nous attendons de notre médecin qu'il soigne notre rhume, de notre psychologue qu'il nous aide à sortir de nos problèmes psychologiques, de notre accompagnateur spirituel qu'il nous aide dans notre relation à Dieu. Si tout revient à Dieu et si aucun aspect de notre vie ne Lui est indifférent, Il n'en a pas moins créé chaque chose à sa place et selon sa spécificité. " Honore le médecin pour ses services, car Lui aussi c'est le Seigneur qui l'a créé. C'est en effet du Très Haut que vient la guérison, comme un cadeau que l'on reçoit du roi" ( Ecclésiastique 38, 1-2). Dieu Lui-même aime que nous ayons recours aux compétences de chacun, chacun bien dans la compétence qui lui est propre.

Mercredi 21 Septembre 2011
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