Le chevalier philosophe qui ne voulait pas retourner dans la Chrétienté...



Ambivalente Chrétienté...

Je suis un chevalier philosophe, épris de sa Dulcinée et lecteur de Don Quichotte : je me bats contre le modernisme, j'analyse la post-modernité, et j'observe mes amis qui souhaitent un retour à Chrétienté...

Chers amis nostalgiques, comme je vous comprends, si on admet la Chrétienté comme l'époque idéale où la femme était vénérée comme " la Dame" de chaque chevalier, et où tout manant avait un coeur de chevalier. Je suis comme vous nostalgique d'une époque chrétienne, pourtant, je la veux pour aujourd'hui et sans les dérives historiques qui ont fait de la Chrétienté un Janus à double visage ( l'expression est de Mariano Fazio, dans Histoire des Idées contemporaines) comme le dieu romain : un visage chrétien qui me plaît, et un visage clérical, mélangeant le temporel et le spirituel, et faisant des simples manants comme moi des valets au service des clercs...facilitant à tout va l'alliance du trône politique et du trône religieux au grand plaisir de l'empire de l'argent. Allons, Sancho Pancha, fonçons, pourfendons les moulins à vent du retour au passé dans ses aspects les moins enviables!
 

Vers un catholicisme universel, sans cléricalisme ni confusion politique entre le spirituel et le temporel

Car la chrétienté ( XIe siècle- milieu du XVe sicèle) "fut une des réalisations possible du Christianisme, mais rien ne nous autorise à l'identifier comme l'organisation sociopolitique chrétienne par excellence, à supposer qu'il puisse en avoir une." ( Mariano Fazio,  Histoire des Idées Contemporaines, p 23, Boleine 2018). 

Je crois que beaucoup de jeunes gens prêts à évangéliser, au coeur noble et au courage indéniable, souffrent dans certains milieux d'une omniprésence du seul modèle évoqué, un modèle passé et dont les défauts perdurent autant que les splendides réalisations. Mais ces jeunes désirent un catholicisme qui ne confondent pas le spirituel et le temporel, qui respecte leur personne et, sans être dupe des Lumières, garde la valorisation de la personne sans sombrer dans l'individualisme. Ma personnalité de Don Quichotte se rebelle contre l'Empereur, le Pape s'il se comporte comme celui que Dante envoie en Enfer - j'aime trop la papauté pour la voir se corrompre sans crier comme Sainte Catherine de Sienne -, les Banques, les Lumières, l'Individualisme, bref contre tout ce qui peut me séparer de ma Dame, l'Eglise, en la corrompant par des alliances temporelles et mercantiles, je chevauche lance et tête première contre l'immobilisme des uns, et son utilisation politique par les autres!

Qui a le courage, à par quelques chevaliers bien formés et informés, de garder ce qui était bon, et de rejeter ce que la Chrétienté historique nous a légué de non-catholique, et d'indigne du nom de chrétien? Je recommande, pour sortir de certains tabous traditionalistes ( c'était mieux avant), et progressistes ( on fera toujours mieux), de lire Histoire des Idées Contemporaines, de Mariano Fazio, pour comprendre le processus de sécularisation, ce qu'il a de légitime, et ce en quoi il est périlleux. Ou bien de se plonger dans les écrits d'Etienne Gilson, spécialement " Pour un ordre Catholique", grand pourfendeur d'idées reçues traditionalistes ou progressistes qui minent les Catholiques.

Un chevalier averti en vaut deux, et les jeunes chevaliers d'aujourd'hui sont loin d'être bêtes, ils sont en porte à faux avec une vision enfermée dans un passé idéalisé. Pas plus qu'ils ne goûtent un présent hypocritement clérical et mondain. 

 

Allons, mon fidèle Pancha, allons, ma lance fière, allons, mon destrier, jetons-nous au secours des jeunes idéalistes chevaliers et conseillons leur des lectures solides comme Histoire des Idées contemporaines, nous aurons fait des émules et nous garderons une place par notre sincérité dans leurs coeurs vaillants mais malléables, si Don Quichotte n'y veille!

Don Quichotte ( y Sancho Pança)

Mardi 12 Juin 2018
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