Saint Joseph du Web

Saint Joseph du Web

Recherche
Rss

Saint Joseph Moscati : sauver des vies n'est pas démodé!

Un saint laïc et médecin, scientifique de haut renom et proche des pauvres de Naples. Il parcourait les rues dans l'espoir de sauver des vies et n'abandonnait jamais un malade. Combien nous avons besoin aujourd'hui de cet élan porté vers la vie, quand la "mode" est au mépris de la vie et à la raillerie sur la vie éternelle ! Il est fêté le 16 novembre.



Ero Mors Tua, o Mors !

Saint Joseph Moscati : sauver des vies n'est pas démodé!
 
Un biais peu banal pour découvrir ce saint médecin. Il faut dire qu'il ne devait pas avoir tant peur de la mort, puisqu'il avait fait mettre un crucifix dans la salle d'autopsie de son hôpital avec l'inscription "  Ero mors tua, o Mors " (Osée 13,14: Ô mort, je serai ta mort).

Si vous n'y allez pas, vous le regretterez toute votre vie.

Saint Joseph Moscati : sauver des vies n'est pas démodé!
 
Le matin de sa mort, le docteur Moscati averti une amie de sa soeur d'aller à 15 h chez elle pour la consoler parce qu'il serait mort. L'amie croit qu'il plaisante et lui rappelle qu'il parle souvent de sa mort mais ne meurt jamais. Voici l'épisode relaté par son premier biographe :

Le 12 avril 1927, le jour se leva.[...]. De bonne heure le matin, selon son habitude, le Professeur va à l’église, écoute la Sainte Messe, en la servant au P. Leopoldo Tardone, Prédicateur de carême à S. Giacomo degli Spagnoli, et reçoit la sainte Communion. Il pense peut-être que c’est son viatique ? Il ne change en rien ses habitudes. Sorti de l’église, il revient à la maison et se rend ensuite directement à l’hôpital. En sortant de la maison, il dit au revoir à sa sœur et lui dit : « le Prof. Verdinois a été hospitalisé à la clinique du prof. Stanziale : pense aux saints Sacrements » [...].

Une fois terminé son tour à l’hôpital, il sort pour rentrer chez lui où il sait que beaucoup de malades l’attendent. Via Roma, vers la « salita Tarsia », il rencontre Mademoiselle Maddalena Aloi dont il avait soigné la mère. Il l’arrête pour lui demander de ses nouvelles et puis il lui dit : « Venez chez moi pour tenir un peu compagnie à ma sœur, parce qu’aujourd’hui, certainement, je mourrai ». Elle répondit en plaisantant : « vous parlez toujours de mort mais vous ne mourrez jamais ! » Et il répondit : « Méfiez-vous, car je parle sérieusement, et si vous ne venez pas, vous vous en repentirez et vous aurez du remords pendant toute votre vie »[…].

Le Professeur reprend sa route et chez lui il commence ses visites. A 15 heures, il se sent souffrant, congédie les présents, se retire dans sa chambre et tire la sonnette. Sa femme de service va le voir et lui : « je me sens mal »...de la pièce voisine, ses frères accourent et le trouvent étendu sur le fauteuil, la tête baissée, les bras croisés sur la poitrine, en train de rendre calmement son dernier soupir. Il avait 47 ans, 8 mois et 18 jours .

D'ici huit jours vous serez guéri et la première messe que vous direz sera pour mon âme.

Saint Joseph Moscati : sauver des vies n'est pas démodé!
 
 
Nous en avons la confirmation dans le témoignage d’ Emma Picchillo, laquelle, au cours du procès, affirme entre autre:

Le serviteur de Dieu avait annoncé sa mort. Comme je l’ai su par Sa sœur qui s’appelle Nina, le matin du jour où mourut le Serviteur de Dieu, le Professeur, avait rencontré dans la rue une demoiselle amie de la famille à laquelle il avait dit : « Mademoiselle, je vous prie de vous rendre chez moi, aujourd’hui après trois heures, pour consoler ma sœur parce que je serai mort ».

La demoiselle s’y rendit à cette heure-là et trouva réellement le Professeur à l’état de cadavre. Elle sut également par sa sœur que huit jours avant de mourir, le Professeur était allé passer une visite à un religieux gravement malade qui se lamenta auprès du Serviteur de Dieu car il tardait à guérir. Le Serviteur de Dieu l’encouragea en disant : « Père, ne perdez pas confiance car d’ici huit jours vous serez guéri et la première Messe que vous célébrerez sera pour mon âme ».

En effet, le jour fixé, tandis que le religieux guéri s’habillait pour la célébration de la Sainte Messe, on lui communiqua la triste nouvelle de la mort du Maître. Avant de mourir, à Pompéi, au mois de février /27, le Professeur Moscati , bien que vigoureux et sain, me confia qu’ Il serait mort durant l’année et qu’il souhaitait que je dise des prières pour lui. Je suis convaincue que le Serviteur de Dieu, quand il m’a parlé, a eu du Ciel un éclair de lumière divine concernant sa fin proche .

Jean-Paul II le décrit ainsi : " La réalisation concrète de l'idéal laïc chrétien".

 
 
En vue de la canonisation, Rome examina la guérison de la leucémie, du jeune Joseph Montefusco, qui eut lieu en 1979. Le 25 octobre 1987, à 10h du matin, à place Saint-Pierre, à Rome, le Pape Jean-Paul II, en présence de plus de 100.000 personnes, proclame et admet officiellement Joseph Moscati au nombre des Saints (60 ans après sa mort). Jean-Paul II affirme ainsi « L'homme qu'à partir d'aujourd'hui nous invoquerons comme un Saint de l'Eglise universelle représente pour nous la réalisation concrète de l'idéal laïc chrétien. Joseph Moscati, Médecin chef de clinique, chercheur fameux dans le domaine scientifique, professeur universitaire de physiologique humaine et de chimie physiologique, a embrassé de multiples activités avec tous l'engagement et le sérieux que demande le service de la délicate profession de laïc. A ce point de vue Moscati est un exemple non seulement à admirer mais à suivre, surtout par le personnel de santé. Il représente même un exemple pour ceux qui ne partagent pas sa foi. »
 

Citations

 
 
« La vie n'est qu'un moment; honneur, triomphe, richesse et science disparaîtront avant la réalisation du cri de la Genèse, cri que Dieu lança contre l'homme coupable: tu mourras ! Mais la vie ne finit pas avec la mort, elle continue dans un monde meilleur. À nous tous a été promis, après la Rédemption du monde, que nous rejoindrons ceux que nous avons aimés, le jour qui nous conduira à l'Amour Suprême.»

« Rappelez-vous qu'en optant pour la médecine, vous vous êtes engagé à une mission sublime. Avec Dieu dans le coeur, persévérez en pratiquant les enseignements de vos parents, l'amour et la pitié envers ceux qui souffrent, avec foi et enthousiasme, sourd aux louanges et aux critiques, disposé seulement au bien.»

« Quoiqu'il arrive, souvenez-vous de deux choses: Dieu n'abandonne jamais personne. Plus vous vous sentez seul, négligé, méprisé, incompris, plus vous serez près de démissionner sous le poids de graves injustices, plus vous sentirez une force infinie et mystérieuse, qui vous soutiendra et vous rendra capable de bonnes et vigoureuses intentions et vous serez étonné par ces forces quand la sérénité reviendra. Cette force est Dieu ! »

« Les personnes malades sont des figures du Christ. Plusieurs mauvaises personnes, criminelles ou blasphémateurs se retrouvent hospitalisées grâce à Dieu, Il veut les sauver! Religieuses, médecins et infirmières travaillant dans un hôpital ont une mission: coopérer avec cette bonté inépuisable, pardonnant, se sacrifiant eux-mêmes. »

« Souvenez-vous que vivre est une mission, un devoir, une douleur ! Chacun de nous doit avoir son propre combat. Souvenez-vous que vous devez vous occuper non seulement des corps mais aussi des âmes gémissantes qui viennent à vous...»

Une grande amitié spirituelle.

 
 
Outre sa soeur Nina, qui l'assista en tout pour faire le bien, dans ses visites aux malades et ses innombrables consultations aux malades, Joseph Moscati fut soutenu dans son apostolat par son amitié indéfectible pour le futur Bienheureux Bartolo Longo, le fondateur du Sanctuaire de la Vierge du Rosaire de Pompéi et par sainte Caterina Volpicelli, chez qui il rencontra Longo. Moscati devint le médecin traitant de Bartolo Longo et l'assista à sa mort. On possède une lettre de la soeur de Joseph, Nina Moscati, qui montre que les Moscati participaient aussi à l'oeuvre des orphelins de Longo.
 
27 juillet 
«Monsieur le Commandeur très illustre 
Les voies de la Providence sont incompréhensibles aux yeux de l’homme. Comme le Seigneur est grand! Pauvre est celui qui ne le connaît pas Voici les deux documents des deux orphelins privilegiati…les enfants vont arriver tout de suite – à cette même date j’ai télégraphié et je joins la lettre que j’ai reçu de la Sœur que vous avez connue !- Dites un petit mot de recommandation en ma faveur, à la Sainte Vierge, c’est ce que je désire ardemment. Merci pour vos vœux, pour votre grande charité, et disposez toujours de mon frère et de moi-même-. Tous les deux nous vous faisons le baisemain, le cœur ému de reconnaissance pour le grand bien que vous faites pour ces créatures abandonnées !» 
Votre très humble 
Nina Moscati

Une vocation de médecin décidée à la suite de la mort de son frère.

 
 
En 1904, le frère de Joseph, Alberto, meurt des suites d'une chute de cheval qui avait entraîné des symptômes épileptiques. Joseph ne se consola jamais de cette mort mais y puisa une énergie sans fond pour secourir et soulager les malades. Il fut un laïc franciscain, aimant la pauvreté, travaillant sans relâche, modèle de médecin consacré à soulager la misère.
 

Deux cents lires pour quatre consultations

Le Doct. Francesco Brancaccioraconte que Moscati avait été appelé d’urgence à Portici pour examiner un jeun qu’avait eu une crise d’appendicite et devait être opéré. Le Professeur s’opposa de toutes ses forces à l’opération et ordonna de mettre une porte à glace en permanence sur l’abdomen du malade. Pendant quinze jours, Moscati retourna quatre fois et visita le jeun tant qu’il guérit complètement. A la fin, il reçut une enveloppe contenant ses honoraires. 
« Le Maître (raconte le doct. Brancaccio), en retournant chez soi, eut des doutes et exclama: 
« Qui sait combien d’argent j’ai eu ! ». Il ouvrit l’enveloppe : un billet de mille lires. Moscati retourna immédiatement chez le jeun et sa famille fut très surprise de le voir de nouveau. Le Professeur affronta le père du patient et lui dit avec un ton bourru: « Êtes-vous fous ou croyiez que je suis un voleur? » . Toute la famille s’étonna et, croyant que le Professeur n’était pas satisfait des honoraires, le père prit un autre billet de mille lires et le donna au Maître qui le refusa de toutes ses forces. De plus, Moscati prit huit cents lires par son portefeuille et les laissa sur la table après quoi il repartit à toute vitesse. Ainsi un médecin fameux comme le Professeur Moscati reçut deux cents lires pour quatre consultations ! »


Cinquante lires pour trois visites à trois personnes

Le Prof. Mario Mazzeo raconte: 
“Un jour, un médecin de mes amis, envoya au cabinet de Moscati trois malades de la même famille qui provenaient de Montorsi (Bénévent). A la fin de la troisième consultation, celui qui les accompagnait laissa sur le bureau du Professeur un billet de 100 lires et un autre de 50 parce qu’il avait été impossible de savoir le montant des honoraires par la bouche du Serviteur de Dieu. Moscati, par habitude, ne regardait pas ce qui les patients laissaient sur son bureau. Cette fois il regarda et s’étonna. Immédiatement il prit le billet de 100 lires et le rendit à la personne en disant: 
« Cinquante lires pour trois sont même trop ; allez en paix et dites bonjour au docteur! ».


Moscati et Thérèse de Lisieux

De la lecture de la correspondance de notre Saint, nous savons qu'il fut très dévot de S.te Thérèse de Lisieux, dont il avait un grand portrait dans sa chambre , qui est encore conservé dans les "Salles Moscati" de l'église du Gesù Nuovo à Naples, sous le titre de « Bienheureuse Thérèse de l’Enfant- Jésus », parce qu’il fut acheté après la Béatification qui fut rendue à Rome le 29 avril 1923, par Pio XI.

Le 18 juillet 1923 - donc peu de mois après la béatification de Thérèse- Moscati parle de signes de découragement qu'il réussit à surmonter justement après la lecture de quelques mots de Thérèse à propos de ce phénomène et rapportées dans Histoire d'une âme, à propos de ce phénomène: "Il y a quelques jours, je lisais dans l'autobiographie de la bienheureuse Thérèse de l’Enfant- Jésus, une phrase faite pour moi: "Mon Dieu, le découragement même est un péché!""Oui, c'est un péché d'orgueil, parce qu'il me fait croire que j'ai pu accepter l'opinion de moi-même d'avoir fait de grandes choses! Lorsqu'au contraire nous n’avons toujours été que des serviteurs inutiles" (citations d'après le livre du Père A.Marranzini S.I.: "Giuseppe Moscati, modèle du chrétien laïc d’aujourd’hui, Rome 1989).

Pour en savoir plus, jesuiti.com


Le film de la Rai ( en italien) sur Saint Guiseppe Moscati.


Vendredi 11 Novembre 2011
Lu 3194 fois

Dans la même rubrique :














1 2