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Bons films à voir en famille : " d’une Seule Voix"


 

 

Un film documentaire ?

Oui, et pourtant, on en sort aussi ému que pour un film grand spectacle holywoodien à budjet invraisemblable et effets spéciaux délirants…pardon, bien plus ému, d’une émotion inconnue qui va directement toucher le coeur et se passe de techniques surpuissantes. Rien de fictif dans ce film…et " d’une seule voix", les spectateurs dans la salle à la fin du film commencent à échanger entre eux, alors qu’ils ne se connaissent pas. La première chose qui frappe, c’est de voir les yeux qui ont pleuré, ou les personnes qui restent à digérer un silence significatif. De quoi s’agit-il ? Tout d’abord de mettre ensemble des musiciens de part et d’autre du terrible mur de la haine qui sépare, concrètement et en béton bien armé, les populations juives et palestiniennes.

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le mur entre Israël et les territoires palestiniens

Voilà ce qu’en dit le réalisateur, Xavier de Lausanne, sur le site du film :

"En décembre 2004, malgré la complexité et les craintes que cela représentaient, un Français, Jean-Yves Labat de Rossi, avait réussi l’exploit de réunir des musiciens d’Israël, de Cisjordanie et de Gaza, sur une même scène en plein cœur de Jérusalem. A la fin du concert, le projet d’une tournée en France était né.

Extraire les hommes du champ politique pour les faire se rencontrer dans celui du sensible ; démanteler le mur dans les têtes avant de le démanteler sur le terrain, telle est l’urgence. Cette aventure humaine est une utopie, sans laquelle entrevoir et croire à la possibilité d’une vie différente serait impossible.

Complice privilégié des musiciens, j’ai donc filmé ce que le public ne voyait pas derrière le succès de la scène. Malgré les tensions, j’ai été témoin de nombreux rapprochements, nuancés pour certains, édifiants pour d’autres. Libres et francs, les musiciens m’ont donné l’occasion de vivre une expérience bouleversante dont j’espère, par ce film, transmettre l’essentiel."

L’organisateur de la tournée est présenté aussi sur le site du film :

"Sa vie ressemble à un roman. Personnage atypique, Jean-Yves Labat de Rossi a connu de grandes heures. Rocker à succès dans les années 70 aux Etats-Unis avec le groupe Utopia, il fréquente Woodstock et mène une vie « sex, drug and rockn’ roll ». Mister Frog, son nom de scène, et ses fameux collants verts, séduisent pour un temps le public américain avant que des divergences artistiques ne l’amènent à quitter le groupe.

Il ne cherchait pas la gloire, il voulait jouer de son synthétiseur, inventer de nouveaux sons, une musique psychédélique, hymne à la liberté, et au plaisir… Et la musique, expression subversive, deviendra, au fil du temps, une arme contre la guerre.

En 1994, il réussit l’exploit de reformer en pleine guerre la chorale éclatée de Sarajevo – alors composée de Serbes, de Croates et de Bosniaques – et de les faire chanter dans la cathédrale alors que la mitraille sévit tout autour. Il pousse l’audace jusqu’à organiser l’évasion des choristes de la ville assiégée - par le tunnel de l’aéroport - afin de les faire chanter en France. Finalement, Sarajevo le laisse brisé. Dissident face à l’inertie politique, il revient avec un terrible sentiment de frustration. Il ne lui reste, pour bagages, que des visions récurrentes de l’horreur dont l’Homme est capable. Il se retire alors de la société. Sept années au terme desquelles un reportage sur le siège de la Nativité à Bethléem réveille de plus bel son activisme « pour la paix ». Autrefois Sarajevo, maintenant le Proche-Orient et toujours la musique comme un manifeste pour la paix.

Ce qu’il pense du film :

"Plus qu’un film, c’est un témoignage unique, émouvant et troublant, qui retrace avec force et vérité ce que fut cette incroyable aventure, mais aussi, au delà, nous éclaire de façon rare et privilégiée sur l’état des sentiments et des motivations des artistes qui se sont engagés à mes côtés dans cette démarche. Alors que l’on croit tout savoir sur la question israélo palestinienne, en nous permettant de pénétrer les coulisses, de partager la vie des artistes pendant cette tournée et de les entendre s’exprimer (parfois même dans leurs non dits), éclaire d’une nouvelle lumière la situation au Proche Orient et l’état des consciences des parties respectives. Loin de tout angélisme, ce film, parfois dur, touche le coeur et éveille les esprits" Jean-Yves Labat de Rossi

La croisée des mondes

Tout au long du film, la musique et ses interprètes gagnent le coeur des spectateurs, les entraînant dans la même aventure humaine, les familiarisant avec ces inconnus qui se disputent, peinent à sortir psychologiquement ( qui le leur reprocherait ?)du seul sujet qui les fait souffrir et gache leur vie : la guerre. Les échanges plus ou moins musclés, les faux-pas qui risquent de faire capoter la tournée entière, le talent, les tempéraments, la culture de chacun, donne à ce film son atmosphère unique de réalité non frelatée, la caméra ( fort bien maniée mais ultra-sobre) n’étant pas un écran mais une porte sur un autre monde et sur la croisée des mondes. Ces mondes se rencontrent dans les coulisses de la tournée, dans le bus, à l’hôtel…et sur scène.

La présence de jeunes, adolescents ou jeunes adultes, ajoutent à la beauté de l’expérience, et la rencontre entre les religions est digne de tout ce que recommande sur ce sujet le concile Vatican II. Respect, vérité, autenticité de chacun. Chacun selon son ouverture personnelle à un autre monde que le sien retrouvera un ou plusieurs amis, si différents, de la femme Juive en passant par la religieuse libanaise,( si heureuse lors de l’arrêt de la tournée à Lourdes), le Musulman, la palestinien, le Chrétien Arabe…ils réussissent sous nos yeux une rencontre dont nous devenons peu à peu participants, et même fiers. Car c’est un visage humain dans lequel chacun peut se retrouver et " une seule voix" aux harmoniques variées : un trésor pétri d’humanité à protéger et à transmettre.

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d’une seule voix tournée

Ce film mérite donc d’être vu, soutenu, difusé et surtout, jamais oublié, comme chacun des musiciens qui offre son talent au service de la rencontre et de la paix. Un film à montrer en priorité aux jeunes. Ils aimeront toutes les musiques…que mon ordinateur diffuse pendant que je rédige cet article. Chaque morceau, porté par des talents indéniables, possède une histoire que l’on peut explorer sans se lasser, et les jeunes y trouveront une formation musicale réelle et porteuse de sens…et de désir de paix.

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La photo à droite en bas est celle d’un des musiciens tués à la guerre

Quand un film se fait l’écho de la phrase de saint Paul " Il a détruit le mur de la haine"…et que ceux qui offrent leur musique offrent bien plus, jusque qu’à l’offrande la vie. Car la guerre, après la tournée en Europe, a fait des victimes parmi ces personnes que " D’une Seule Voix" nous a permis en quelque sorte de rencontrer…et lorsque sobrement quelques lignes à l’écran nous l’apprennent, comme leurs amis, on est saisi aux tripes et on se sent, on se sait atteint par ce drame.

Et comme Jean-Yves Labat de Rossi, que l’on voudrait remercier de toujours revenir à la charge avec un projet de paix malgré les ruines, la réalité de la guerre, on se prend à vouloir agir pour la paix, chacun à sa faible mesure. Dans " une seule voix", il est possible de puiser cette énergie et cette espérance envers et contre tout, espérance de ceux qui ne se laissent pas " déshumaniser", grâce à la musique, grâce à leur ténacité, grâce à l’amitié…grâce à la Foi.

Nous mettons ci-dessous le lien vers le site officiel du film.

Site officiel du film " D’une Seule Voix"

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carte-de-voeux-2010 film d’une seule voix

Samedi 27 Février 2010
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