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Bon film à voir en famille 4 : la Loi du silence, Hitchcock


 

 

L’année sacerdotale va bientôt s’ouvrir, le 19 juin. Occasion de retrouver ce classique d’Hitchcock, film impressionnant de maîtrise, d’humanité, et, disons-le, de foi. Montgomery Clift incarne un prêtre tout à fait plausible : il est jeune, son physique " inclassable" lui donne un sérieux qui fait oublier la caméra et nous place plutôt sur une scène de théâtre antique, par l’intensité du jeu et surtout du sujet abordé. En effet, ce jeune prêtre fervent reçoit en confession l’aveu d’un meurtre fort complexe. Il sait qui est l’assassin et vit au quotidien avec lui. Par un concours de circonstances qui utilise des éléments de sa vie affective avant d’être prêtre, le voilà accusé lui-même du meurtre d’un côté et confronté à ses choix d’avant sa vocation de prêtre.

Le film se montre alors extrêmement fin psychologiquement dans les arcanes de la sensibilité très ajustée et équilibrée d’un prêtre qui est fidèle à sa vocation et aussi fidèle à son choix de vie, tout en restant "un coeur" fidèle en amitié. Sa relation " passée" avec l’héroïne du film est une belle image de chasteté et de choix vocationnel assumé. On est loin de toutes les images confuses données de la prêtrise dans les médias, et Hitchcock met son art du suspens au service d’un image christique du prêtre. Placé devant un choix cornélien, il résiste à toutes les pressions qui voudraient lui faire trahir le secret de la confession, jusqu’à se substituer à la victime, le véritable coupable, qui manigance sa perte et son arrestation en pariant justement sur ce respect jusqu’au bout de la droiture et du devoir d’un confesseur.

Alors, comment ce film se terminera-t-il ? Si vous voulez vivre le suspens jusqu’au bout, ne lisez pas ce commentaire jusqu’à la fin…nous allons donc essayer de dire sans dire….Evoquons simplement la scène finale, où le prêtre est arrêté et bafoué, maltraité par la foule, insulté…depuis le début du film, on sait qu’il ne cédera pas, qu’il suivra son Maître dont il prend peu à peu les traits et les caractéristiques. D’où peut donc venir l’issue pour lui puisqu’il ne cédera pas ? Pendant qu’il assume une fois encore son choix jusqu’au bout, le spectateur cherche en vain à échapper à l’art du maître du suspens qu’est Hitchcock et se surprend à prier : " mais Seigneur, fait quelque chose !" ici, le démiurge Hitchcock a trouvé une solution tout aussi plausible dans le monde de la foi et qui existe dans certains récits chrétiens…avez-vous deviné ? Il ne vous reste plus qu’à voir ce film dont on ressort comme nourri par l’idée que la grandeur du prêtre peut aller jusqu’à la compassion absolue du Christ pour le pécheur. Le sacrement de la confession est montré ici dans son aspect sacré et rédempteur, au travers d’une intrigue humaine qui rejoint en complexité et en réalisme les meilleurs Hitchcock.


Vendredi 26 Février 2010
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