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13) Les sacrements de guérison


 
 

suite à L’Eucharistie, la Victoire de l’Agneau, p. Géron

12 LES SACREMENTS DE GUERISON

LA CHUTE DE BABEL ET LES 7 COUPES 16, 1 – 19, 10  [1]

Dieu n’est pas colérique !

Par lui-même, Dieu n’est pas un être colérique puisqu’Il est plénitude d’Amour. Rien ne lui manque en sorte qu’Il devienne désagréable pour avoir perdu quelque bien auquel Il aurait pu se trouver attaché. Il ne peut être jaloux non plus d’aucun autre être qui existât car tous les êtres proviennent de lui, Il les a faits et voulus dans sa Sagesse éternelle. Enfin rien ne peut non plus venir le contrarier dans ses projets car Il est déjà la plénitude totalement réalisée et rien ni personne ne peut l’empêcher d’exprimer sa volonté toute puissante. Ainsi est-Il dans son éternité.

Il manifeste une bienveillance au delà de tout !

Or voilà que Dieu intervient aussi dans le monde créé pour lequel Il manifeste une bienveillance au-delà de tout ce que l’on peut imaginer, à tel point que l’on sait qu’Il donne sa vie jusqu’à souffrir et mourir par amour pour nous qui sommes, non pas saints et parfaits mais pécheurs. En quoi sa colère peut-elle donc s’exprimer ? L’irascible est une vertu spirituelle par laquelle une personne met en œuvre toutes ses forces pour parvenir à un bien qui lui est cher et prendre la défense de ce qui est plus précieux que la prunelle de ses yeux. Dans la prière du Notre Père que Jésus nous a enseignée et demandé de formuler, nous disons : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Ceci veut dire, non pas que nous sommes prêts à souffrir parce que la volonté de Dieu serait que nous souffrions, mais que nous croyons que Dieu veut réaliser et faire advenir par tous les moyens le bonheur du ciel sur la terre, qu’Il veut faire descendre le ciel sur la terre, unir pour toujours la terre au ciel, notre vie à la sienne.

PLAN :

Ch. 16 v. 1 : appel adressé aux anges v. 2 : 1ère coupe : sur la terre, provoque un ulcère v. 3 : 2ème coupe : sur la mer, entraîne la mort des eaux v. 4-7 : 3ème coupe : sur les sources, comme le sang des martyrs v. 8-9 : 4ème coupe : sur le soleil, cause un feu brûlant v. 10-11 : 5ème coupe : sur le trône de la Bête, viennent les ténèbres v. 12-16 : 6ème coupe : sur le fleuve, un chemin pour Harmaggedon v. 17 : 7ème coupe : dans l’air, un grand séisme Ch. 17 v. 1-6 : le mystère de la prostituée v. 7-14 : la Bête v. 15-18 : la Bête dévore la prostituée Ch. 18 v. 1-3 : annonce de la chute de Babel v. 4-8 : sortie du peuple v. 9-10 : lamentation des rois de la terre v. 11-16 : lamentation des marchands v. 17-19 : lamentation des marins v. 20-24 : exultation dans le ciel

Ch. 19 v. 1-3 : acclamation sur le jugement de la prostituée v. 4-5 : louange des Vivants et des Anciens v. 6-8 : présentation de l’Epouse de l’Agneau v. 9-10 : les disciples invités aux noces

L’Histoire trouve son sens ultime

Si nous sommes attentifs à la progression des images dans le texte qui nous intéresse ici, nous ne pouvons pas ne pas voir l’avènement de la volonté du Seigneur. Tandis que la ruine de Babel est consommée, l’Epouse de l’Agneau est présentée et les invités sont invités aux noces. L’Histoire trouve son sens ultime. Toutes les oppositions à Dieu sont tombées, se révèle maintenant le projet de son cœur où sont conviés tous ceux qui y ont cru et l’ont attendu malgré les combats et les persécutions multiples.

La croissance de la ressemblance à Dieu

Ce processus, s’il relate le déroulement de la victoire de Dieu sur les forces de l’adversaire, raconte aussi à sa manière les étapes de la purification spirituelle personnelle que la grâce du Christ, agissant dans l’évènement de sa Passion, réalise en chaque âme. Nous pouvons reprendre ce chemin au cours duquel le Seigneur nous demande de nous dépouiller de nos idoles. Nous comprendrons mieux la place de cette purification engendrée par une inévitable souffrance. Nous pourrons alors peut-être plus facilement accueillir dans notre vie personnelle tout ce qui nous meurtrit à première vue et y discerner dans la foi la croissance cachée de la ressemblance à Dieu.

Vivre le mystère nuptial

Pour le Seigneur, l’objectif consiste à détruire Babel, la cité fortifiée de notre orgueil. En chacun de nous réside une résistance tenace et farouche pour accueillir vraiment la grâce de Dieu et la remise de tout nous-même entre ses bonnes mains. « Mon Père, je m’abandonne à vous, répète le Bx Charles de Foucauld, faites de moi ce qu’il vous plaira … je remets mon âme entre vos mains, je vous la donne mon Dieu … car vous êtes mon Père ». Car la plénitude de l’amour consiste à vivre le mystère nuptial, c’est à dire le don total de soi-même à Dieu pour lui appartenir totalement, avec cette confiance merveilleuse de l’enfant envers son Père. Croire que Dieu est Père et qu’Il ne veut pour nous que le bien. Il ne veut pas pour nous le mal et ne peut pas nous faire du mal. Nous le répétons dans la prière du Notre Père : « pour être tentés que nous sommes, ce n’est pas toi qui nous tente » - traduction la plus juste et la plus cohérente de ce fameux « ne nous soumets pas à la tentation ».

Le symbole des coupes versées

Mais pour passer de Babel à la jeune Epouse qui s’est faite belle pour les Noces avec l’Agneau au son des vives clameurs de l’Alleluia céleste, il faut accepter de quitter la main-mise sur soi. Tel est le chemin indiqué par ces coupes versées. Nous nous rappelons qu’elle sont remplies du vin de la colère de Dieu, c’est à dire de sa volonté expresse de tout faire pour donner à son enfant le meilleur de lui-même. La présence de la fumée qui emplit le Temple (Ap. 15, 8) nous laisse entendre que la décision divine est sans retour : Dieu est là, tout donné dans son eucharistie, comme l’annonçait déjà la liturgie avec le roi Salomon : « La nuée remplit le Temple de Yhvh et les prêtres ne purent pas continuer leur fonction, à cause de la nuée : la gloire de Yhvh remplissait le Temple de Yhvh ! » (1 R. 8, 10-11). Dieu prend possession de son Temple avec autorité et puissance et les prêtres doivent sortir. Ce n’est plus à eux d’agir, mais bien au Seigneur.

Libération par le Sang de l’Agneau

Chaque fois qu’une coupe est versée, le sang qu’elle contient – nous savons d’où il provient – libère ceux qui sont liés à la Bête et à son pouvoir maléfique. Il libère en nous ce qui nous rend prisonnier des séductions de la Bête. Il libère comme il peut aussi faire apparaître l’enfermement et la sclérose spirituelle, à l’instar de Pharaon comme nous l’avons vu précédemment. C’est un toucher de Dieu sur l’âme blessée qui peut entraîner deux réactions opposées : soit l’accueil de la grâce, soit l’endurcissement dans la peur et le refus.

La 1ère coupe est versée sur la terre et provoque des ulcères. Nous retrouvons les pustules de l’Egypte : « Moïse lança en l’air la suie et gens et bêtes furent couverts d’ulcères bourgeonnant en pustules. » (Ex. 9, 10). Le premier obstacle est l‘endurcissement du cœur, dénoncé aussi par bien des prophètes : « Je sais qu’ils ne m’écouteront point ; c’est un peuple à la nuque raide. Mais dans le pays de leur exil, ils rentreront en eux-mêmes et connaîtront que je suis le Seigneur leur Dieu. Je leur donnerai un cœur et des oreilles qui entendent » (Ba. 2, 30-31). . La 2ème coupe est versée sur la mer changée en sang comme s’il était le produit d’un meurtre. Les esprits mauvais qui hantent le cœur de l’homme, dont la mer est comme le symbole, sont des esprits meurtriers : « Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui souille l’homme. Car c’est du dedans, du cœur des hommes, que sortent les desseins pervers : débauches, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie, diffamation, orgueil, déraison. Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l’homme » (Mc. 7, 20-23). Là encore, nous savons maintenant que le Seigneur peut aussi nous guérir de ces pensées perverses qui nous hantent.

La 3ème coupe est versée sur les fleuves et les sources qui deviennent du sang. Nous retrouvons une autre plaie de l’Egypte : « Tu diras à Pharaon : Ainsi parle Yhvh : En ceci tu sauras que je suis Yhvh. Du bâton que j’ai en main, je vais frapper les eaux du Fleuve et elles se changeront en sang » (Ex. 9, 16-17). C’est le sang des martyrs dessous l’autel qui approuvent cette justice de Dieu : « Oui, Seigneur, Dieu Maître-de-tout, tes châtiments sont vrais et justes » (Ap. 16,7). C’est pourquoi, dira Jésus, « Quand donc tu présentes ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens, et alors présente ton offrande » (Mt. 5, 23-24). Le Seigneur nous invite à reconnaître le poids que nos péchés ont fait peser sur la vie de nos frères.

La 4ème coupe est versée sur le soleil et les hommes sont brûlés, comme s’ils s’étaient retirés de la protection du Seigneur. La réaction est éloquente : « loin de se repentir en rendant gloire à Dieu, les hommes blasphémèrent le nom du Dieu qui détenait en son pouvoir de tels fléaux » (Ap. 16, 9). L’action de grâce est l’attitude juste de l’homme devant Dieu à tel point que la participation à la liturgie nous dispose à cette action de grâce en étant d’abord cela. « Alleluia ! Rendez grâce à Yhvh, car il est bon, car éternel est son amour ![…] Il a fait les grands luminaires, car éternel est son amour ! Le soleil pour gouverner sur le jour, car éternel est son amour ! » (Ps. 136, 1-8).

La 5ème coupe est versée sur le trône de la Bête. Son pouvoir est anéanti, c’est à dire celui que nous lui donnions par notre asservissement volontaire et entretenu par la peur. Renoncer au prestige que peuvent apporter les biens matériels et les avantages acquis par une plus ou moins grande honnêteté ne peut se faire que par l’intervention d’une volonté extérieure. Ainsi Zachée n’a pu trouver de vraie liberté par rapport à ses biens que par une visite du Christ chez lui (Lc. 19, 1-10), tandis que le jeune homme riche est resté prisonnier de ses biens en n’osant pas suivre le Christ (Mt. 19, 16-22). L’emprise que la Bête peut exercer sur l’homme est celui d’un pouvoir qu’elle a pu lui conférer sur d’autres hommes. Perdre le pouvoir est toujours extrêmement humiliant. Aussi, sa recherche est toujours l’expression d’une affirmation de soi comme pour se protéger de la peur. Peur de n’être pas reconnu, peur de ne pas réussir, peur d’être méprisé, d’être abandonné. Seuls une épreuve, un revers de fortune, un deuil, la maladie ou d’autres évènements semblables permettent parfois de renoncer à des comportements iniques.

L’acceptation de l’épreuve n’est pas naturelle. Car la première réaction est celle de la révolte ou du blasphème. Le texte de l’Apocalypse suggère que les hommes se trouvent dans des situations telles que la douleur leur fait se mordre la langue. Et cependant, ils n’entrent pas dans l’opportunité présentée par l‘épreuve pour se convertir. Ils se contentent de blasphémer. Seule la grâce reconnue dans le mystère de la Passion du Christ et la puissance rédemptrice de son Sang peuvent nous aider à comprendre le sens de l’épreuve et savoir lui donner peu à peu un sens qui s’apparente à celui d’une libération spirituelle.

La 6ème coupe est versée sur le grand fleuve Euphrate. C’est l’heure du dernier combat. Si nous reprenons l’ensemble de ces plaies pour en saisir le sens, nous découvrons la psychologie de l’homme travaillé par le Seigneur désireux de se révéler à lui et de faire tomber sa forteresse intérieure dans laquelle il se retranche et s’abrite. Mais cet homme, sûr de lui-même se raidit de plus en plus face à la grâce. Et chacune des coupes est versée à la fois pour montrer quelle blessure est concernée et pour offrir le remède adapté. Voici donc les étapes qui ont conduit jusqu’à la 6ème coupe et ce que chacune représente :

L’écoute de la Parole de Dieu ou l’endurcissement du cœur La libération des images et des pensées perverses ou la violence intérieure Le pardon envers le prochain ou l’injustice extérieure La reconnaissance de la Seigneurie de Dieu ou la justification de soi L’humble acceptation de l’épreuve ou la révolte blasphématoire

Poussé à toute extrémité, le pécheur s’obstine dans son injustice et dévoile l’origine des machinations qui agitent son cœur : les esprits mauvais semblables à des grenouilles, esprits de mensonge et de tromperie. C’est aussi l’entrée dans une attitude de défense à n’importe quel prix. Les armées sont convoquées : tous les moyens sont bons pour refuser la grâce et la lumière de la vérité sur les motivations intérieures. Nous pensons ici à ce terrible combat intérieur qui a dû se livrer dans l’âme torturée de Judas tandis que Jésus ne cessait de percer au jour les pensées tordues de son cœur fourbe. « Jésus fut troublé en son esprit et il attesta : "En vérité, en vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera." […] Trempant alors la bouchée, il la prend et la donne à Judas, fils de Simon Iscariote. Après la bouchée, alors Satan entra en lui. Jésus lui dit donc : "Ce que tu fais, fais-le vite." » (Jn 13, 21-27). Jésus veut toucher le cœur de son ami pour l’amener à la lumière, mais celui-ci s’enferme dans les ténèbres, prisonnier de Satan qu’il a choisi de laisser entrer en lui.

La 7ème coupe se déverse dans l’air, ce qui représente l’absence de limite discernable dans l’extension de ce fléau. Rien n’y résiste et la voix sortie du Temple, « Ça y est ! » atteste que le Seigneur est allé jusqu’au bout dans l’exercice de ses moyens de persuasion pour appeler l’homme à consentir à sa grâce, comme le Christ avant de mourir sur la Croix pousse un dernier cri : « "C’est accompli" et, inclinant la tête, il remit l’esprit » (Jn. 19, 30). Le verbe utilisé par l’auteur de l’Apocalypse (gegonen, en grec, ça y est ), est repris plusieurs fois pour désigner ce qui advient précisément : des éclairs, voix et tonnerres un énorme tremblement de terre la tripartition de la grande ville

La dernière Coupe

La suite du texte, à savoir les chapitres 17 et 18, nous met face au résultat de la dernière coupe versée. Tous les artifices mensongers auquel l’homme pouvait recourir pour justifier ses comportements sont maintenant mis à nu et dévoilés. Le système par lequel fonctionnait le monde opposé à Dieu montre sa vanité. On va jusqu’à oser dire et faire comprendre que la prostituée est drapée des mêmes tissus que Moïse avait employé pour la construction de la Tente de la Rencontre dans le désert : « Quant à la Demeure, tu la feras de dix bandes d’étoffe de fin lin retors, de pourpre violette et écarlate et de cramoisi » (Ex. 26, 1) – expression reprise plus d’une dizaine de fois dans le livre de l’Exode à ce sujet. Israël est mis face à sa propre infidélité : bien longtemps auparavant, les prophètes avaient dénoncé les pièges d’une religiosité mal comprise dans des termes similaires : « Tu as pris de tes vêtements pour t’en faire des hauts lieux aux riches couleurs, et tu t’y es prostituée. Tu as pris tes parures d’or et d’argent que je t’avais données et tu t’es fait des images d’hommes pour servir à tes prostitutions. Tu as pris tes vêtements brodés et tu les en as couvertes, […] Et il est arrivé - oracle du Seigneur Yhvh - que tu as pris tes fils et tes filles que tu m’avais enfantés, et que tu les leur as sacrifiés pour qu’elles s’en nourrissent. Etait-ce donc trop peu que ta prostitution ? Tu as égorgé mes fils et tu les as livrés pour les faire passer par le feu en leur honneur » (Ez. 16, 16-21). Ici, le prophète Ezéchiel assimile le culte d’idolâtrie aux sacrifices d’enfants. Le Livre de l’Apocalypse témoigne que l’idolâtrie engendre la persécution des martyrs. On pourrait peut-être, sur cette base, interpréter l’invitation à sortir de la ville (Ap. 17, 4) comme l’appel adressé à la communauté chrétienne de ne pas demeurer dans Jérusalem au risque de périr sous le glaive des armées romaines conduites par Titus pour écraser la révolte juive en l’an 70. Un précédent biblique sous la personne de Loth fuyant la destruction de Sodome pour se réfugier à Soar est clairement rappelé : « Quittez ce lieu, car Yhvh va détruire la ville » (Gn. 19, 14).

La grande cité qui règne sur les rois de la terre représente l’orgueil de l’homme sur lequel il construit la réussite de sa vie au détriment du respect de Dieu et de ses frères, donc contre la charité comme relation qui permet l’émergence de la personne humaine. Cet orgueil conduit à la destruction complète l’ensemble des rapports humains. La cité édifiée sur le pouvoir, sur le commerce et sur la maîtrise des voies de communication – les rois de la terre, les trafiquants de la terre et les capitaines – (Ap. 17, 9-19), se lamente douloureusement. C’est la réalisation de la prophétie d’Isaïe : « Tu as dit : "A jamais je serai souveraine éternelle", tu n’as pas réfléchi à cela dans ton cœur, tu n’as pas songé à l’avenir. Maintenant écoute ceci, voluptueuse ! toi qui es assise en sécurité et qui dis dans ton cœur : "Moi, sans égale, je ne resterai pas veuve, je ne connaîtrai pas la privation d’enfants !" Eh bien, ces deux malheurs fondront sur toi, soudainement, en un jour, privation d’enfants et veuvage, tout à coup ils fondront sur toi, en dépit de tous tes sortilèges, de la puissance de tes incantations. Tu as eu confiance dans ta méchanceté, tu as dit : "Personne ne me voit." C’est ta sagesse et ta science qui t’ont pervertie, et tu as dit dans ton cœur : "Moi, sans égale." Un malheur fondra sur toi, tu ne sauras comment le conjurer ; un désastre fondra sur toi, tu ne pourras t’en préserver ; soudain fondra sur toi une calamité que tu ne connaîtras pas » (Is. 47, 7-11).

suite : 13 LES NOCES DE L’AGNEAU

LE CAVALIER BLANC 19, 1-20, 15

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fra Angélico, le Christ bénissant

Notes

[1] 1 Et j’entendis une voix forte qui venait du temple, et qui disait aux sept anges : Allez, et versez sur la terre les sept coupes de la colère de Dieu. 2 Le premier alla, et il versa sa coupe sur la terre. Et un ulcère malin et douloureux frappa les hommes qui avaient la marque de la bête et qui adoraient son image. 3 Le second versa sa coupe dans la mer. Et elle devint du sang, comme celui d’un mort ; et tout être vivant mourut, tout ce qui était dans la mer. 4 Le troisième versa sa coupe dans les fleuves et dans les sources d’eaux. Et ils devinrent du sang. 5 Et j’entendis l’ange des eaux qui disait : Tu es juste, toi qui es, et qui étais ; tu es saint, parce que tu as exercé ce jugement. 6 Car ils ont versé le sang des saints et des prophètes, et tu leur as donné du sang à boire : ils en sont dignes. 7 Et j’entendis l’autel qui disait : Oui, Seigneur Dieu tout puissant, tes jugements sont véritables et justes. 8 Le quatrième versa sa coupe sur le soleil. Et il lui fut donné de brûler les hommes par le feu ; 9 et les hommes furent brûlés par une grande chaleur, et ils blasphémèrent le nom du Dieu qui a l’autorité sur ces fléaux, et ils ne se repentirent pas pour lui donner gloire. 10 Le cinquième versa sa coupe sur le trône de la bête. Et son royaume fut couvert de ténèbres ; et les hommes se mordaient la langue de douleur, 11 et ils blasphémèrent le Dieu du ciel, à cause de leurs douleurs et de leurs ulcères, et ils ne se repentirent pas de leurs oeuvres. 12 Le sixième versa sa coupe sur le grand fleuve, l’Euphrate. Et son eau tarit, afin que le chemin des rois venant de l’Orient fût préparé. 13 Et je vis sortir de la bouche du dragon, et de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs, semblables à des grenouilles. 14 Car ce sont des esprits de démons, qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout puissant. 15 Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille, et qui garde ses vêtements, afin qu’il ne marche pas nu et qu’on ne voie pas sa honte ! - 16 Ils les rassemblèrent dans le lieu appelé en hébreu Harmaguédon. 17 Le septième versa sa coupe dans l’air. Et il sortit du temple, du trône, une voix forte qui disait : C’en est fait ! 18 Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, et un grand tremblement de terre, tel qu’il n’y avait jamais eu depuis que l’homme est sur la terre, un aussi grand tremblement. 19 Et la grande ville fut divisée en trois parties, et les villes des nations tombèrent, et Dieu, se souvint de Babylone la grande, pour lui donner la coupe du vin de son ardente colère. 20 Et toutes les îles s’enfuirent, et les montagnes ne furent pas retrouvées. 21 Et une grosse grêle, dont les grêlons pesaient un talent, tomba du ciel sur les hommes ; et les hommes blasphémèrent Dieu, à cause du fléau de la grêle, parce que ce fléau était très grand. ch 17 1 Puis un des sept anges qui tenaient les sept coupes vint, et il m’adressa la parole, en disant : Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux. 2 C’est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l’impudicité, et c’est du vin de son impudicité que les habitants de la terre se sont enivrés. 3 Il me transporta en esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. 4 Cette femme était vêtue de pourpre et d’écarlate, et parée d’or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d’or, remplie d’abominations et des impuretés de sa prostitution. 5 Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. 6 Et je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus. Et, en la voyant, je fus saisi d’un grand étonnement. 7 Et l’ange me dit : Pourquoi t’étonnes-tu ? Je te dirai le mystère de la femme et de la bête qui la porte, qui a les sept têtes et les dix cornes. 8 La bête que tu as vue était, et elle n’est plus. Elle doit monter de l’abîme, et aller à la perdition. Et les habitants de la terre, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie, s’étonneront en voyant la bête, parce qu’elle était, et qu’elle n’est plus, et qu’elle reparaîtra. - 9 C’est ici l’intelligence qui a de la sagesse. -Les sept têtes sont sept montagnes, sur lesquelles la femme est assise. 10 Ce sont aussi sept rois : cinq sont tombés, un existe, l’autre n’est pas encore venu, et quand il sera venu, il doit rester peu de temps. 11 Et la bête qui était, et qui n’est plus, est elle-même un huitième roi, et elle est du nombre des sept, et elle va à la perdition. 12 Les dix cornes que tu as vues sont dix rois, qui n’ont pas encore reçu de royaume, mais qui reçoivent autorité comme rois pendant une heure avec la bête. 13 Ils ont un même dessein, et ils donnent leur puissance et leur autorité à la bête. 14 Ils combattront contre l’agneau, et l’agneau les vaincra, parce qu’il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois, et les appelés, les élus et les fidèles qui sont avec lui les vaincront aussi. 15 Et il me dit : Les eaux que tu as vues, sur lesquelles la prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations, et des langues. 16 Les dix cornes que tu as vues et la bête haïront la prostituée, la dépouilleront et la mettront à nu, mangeront ses chairs, et la consumeront par le feu. 17 Car Dieu a mis dans leurs coeurs d’exécuter son dessein et d’exécuter un même dessein, et de donner leur royauté à la bête, jusqu’à ce que les paroles de Dieu soient accomplies. 18 Et la femme que tu as vue, c’est la grande ville qui a la royauté sur les rois de la terre. ch 18 1 Après cela, je vis descendre du ciel un autre ange, qui avait une grande autorité ; et la terre fut éclairée de sa gloire. 2 Il cria d’une voix forte, disant : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande ! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire de tout esprit impur, un repaire de tout oiseau impur et odieux, 3 parce que toutes les nations ont bu du vin de la fureur de son impudicité, et que les rois de la terre se sont livrés avec elle à l’impudicité, et que les marchands de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe. 4 Et j’entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux. 5 Car ses péchés se sont accumulés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses iniquités. 6 Payez-la comme elle a payé, et rendez-lui au double selon ses oeuvres. Dans la coupe où elle a versé, versez-lui au double. 7 Autant elle s’est glorifiée et plongée dans le luxe, autant donnez-lui de tourment et de deuil. Parce qu’elle dit en son coeur : Je suis assise en reine, je ne suis point veuve, et je ne verrai point de deuil ! 8 A cause de cela, en un même jour, ses fléaux arriveront, la mort, le deuil et la famine, et elle sera consumée par le feu. Car il est puissant, le Seigneur Dieu qui l’a jugée. 9 Et tous les rois de la terre, qui se sont livrés avec elle à l’impudicité et au luxe, pleureront et se lamenteront à cause d’elle, quand ils verront la fumée de son embrasement. 10 Se tenant éloignés, dans la crainte de son tourment, ils diront : Malheur ! malheur ! La grande ville, Babylone, la ville puissante ! En une seule heure est venu ton jugement ! 11 Et les marchands de la terre pleurent et sont dans le deuil à cause d’elle, parce que personne n’achète plus leur cargaison, 12 cargaison d’or, d’argent, de pierres précieuses, de perles, de fin lin, de pourpre, de soie, d’écarlate, de toute espèce de bois de senteur, de toute espèce d’objets d’ivoire, de toute espèce d’objets en bois très précieux, en airain, en fer et en marbre, 13 de cinnamome, d’aromates, de parfums, de myrrhe, d’encens, de vin, d’huile, de fine farine, de blé, de boeufs, de brebis, de chevaux, de chars, de corps et d’âmes d’hommes. 14 Les fruits que désirait ton âme sont allés loin de toi ; et toutes les choses délicates et magnifiques sont perdues pour toi, et tu ne les retrouveras plus. 15 Les marchands de ces choses, qui se sont enrichis par elle, se tiendront éloignés, dans la crainte de son tourment ; ils pleureront et seront dans le deuil, 16 et diront : Malheur ! malheur ! La grande ville, qui était vêtue de fin lin, de pourpre et d’écarlate, et parée d’or, de pierres précieuses et de perles ! En une seule heure tant de richesses ont été détruites ! 17 Et tous les pilotes, tous ceux qui naviguent vers ce lieu, les marins, et tous ceux qui exploitent la mer, se tenaient éloignés, 18 et ils s’écriaient, en voyant la fumée de son embrasement : Quelle ville était semblable à la grande ville ? 19 Ils jetaient de la poussière sur leurs têtes, ils pleuraient et ils étaient dans le deuil, ils criaient et disaient : Malheur ! malheur ! La grande ville, où se sont enrichis par son opulence tous ceux qui ont des navires sur la mer, en une seule heure elle a été détruite ! 20 Ciel, réjouis-toi sur elle ! Et vous, les saints, les apôtres, et les prophètes, réjouissez-vous aussi ! Car Dieu vous a fait justice en la jugeant. 21 Alors un ange puissant prit une pierre semblable à une grande meule, et il la jeta dans la mer, en disant : Ainsi sera précipitée avec violence Babylone, la grande ville, et elle ne sera plus trouvée. 22 Et l’on n’entendra plus chez toi les sons des joueurs de harpe, des musiciens, des joueurs de flûte et des joueurs de trompette, on ne trouvera plus chez toi aucun artisan d’un métier quelconque, on n’entendra plus chez toi le bruit de la meule, 23 la lumière de la lampe ne brillera plus chez toi, et la voix de l’époux et de l’épouse ne sera plus entendue chez toi, parce que tes marchands étaient les grands de la terre, parce que toutes les nations ont été séduites par tes enchantements, 24 et parce qu’on a trouvé chez elle le sang des prophètes et des saints et de tous ceux qui ont été égorgés sur la terre. ch 19 1 Après cela, j’entendis dans le ciel comme une voix forte d’une foule nombreuse qui disait : Alléluia ! Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu, 2 parce que ses jugements sont véritables et justes ; car il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par son impudicité, et il a vengé le sang de ses serviteurs en le redemandant de sa main. 3 Et ils dirent une seconde fois : Alléluia ! …et sa fumée monte aux siècles des siècles. 4 Et les vingt-quatre vieillards et les quatre êtres vivants se prosternèrent et adorèrent Dieu assis sur le trône, en disant : Amen ! Alléluia ! 5 Et une voix sortit du trône, disant : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands ! 6 Et j’entendis comme une voix d’une foule nombreuse, comme un bruit de grosses eaux, et comme un bruit de forts tonnerres, disant : Alléluia ! Car le Seigneur notre Dieu tout puissant est entré dans son règne. 7 Réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l’agneau sont venues, et son épouse s’est préparée, 8 et il lui a été donné de se revêtir d’un fin lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les oeuvres justes des saints. 9 Et l’ange me dit : Écris : Heureux ceux qui sont appelés au festin des noces de l’agneau ! Et il me dit : Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu. 10 Et je tombai à ses pieds pour l’adorer ; mais il me dit : Garde-toi de le faire ! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères qui ont le témoignage de Jésus. Adore Dieu. -Car le témoignage de Jésus est l’esprit de la prophétie.


Samedi 27 Février 2010
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