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Famille spirituelle, Sainte Famille de Bordeaux : Pierre Bienvenu de Noaille


 
Le vénérable Pierre Bienvenu de Noaille a puisé dans son amour de la Sainte Famille les intuitions novatrices pour la création d'une famille spirituelle dans l'Eglise. Un précurseur dont l'intuition est reprise aujourd'hui dans l'Eglise.
 
« La Congrégation des Prêtres de Saint-Sulpice ont dans leur maison à Issy une chapelle dédiée à Notre Dame de Lorette, dont la forme représente parfaitement celle qui porte ce nom en Italie. Elle est vénérée comme étant la maison que la Sainte Famille habitait à Nazareth.
C’était ici, durant son séminaire, que Pierre-Bienvenu Noailles a trouvé la clef de sa spiritualité avec la notion de famille… Il a réfléchi, dans la perspective de l’enseignement de ses  maîtres sulpiciens, à la famille de Jésus, Marie et Joseph, à Nazareth. Il a vu là le modèle de la vie du chrétien. Il s’est mis à aimer les trois personnes de cette famille, non pas seulement individuellement, mais ensemble, dans leur vie commune et leurs relations réciproques.
Un jour, priant à la chapelle de Lorette, il reçoit l’intuition de la fondation d’une « sainte famille »sur la terre, c’est-à-dire d’une association de chrétiens qui vivront comme l’Eglise primitive. Selon son frère Amand, c’est même une apparition de Marie qui est à l’origine du projet.  C’est un appel venant d’elle qui l’a suscité.
Pendant son séjour à Rome, en 1840, il a fait un pèlerinage à Notre Dame de Lorette… Voici ce qu’il a écrit à la Mère Bonnat :
« J’ai eu le bonheur de célébrer la sainte Messe pour nos œuvres deux fois dans la Santa Casa.  Il y avait grande foule.  Je ne vous dirai pas tout ce que j’ai éprouvé dans cette maison sanctifiée par la présence de Jésus, Marie et Joseph.  Si j’ai dis la Messe avec ferveur, c’est là… O ma fille, qu’elles sont délicieuses, les larmes que l’on verse dans la chapelle de Lorette !  Qu’il est doux de se dire : Je suis dans la maison qu’ils ont habitée : là, Jésus-enfant reposait sur les genoux de Marie.  Là, Saint Joseph le pressait dans ses bras… Ils ont touché ces pauvres murs ; ces lieux ont entendu leur voix, ont été témoins de leurs vertus… Ici, ils épanchaient l’un dans l’autre leur tendresse mutuelle, leur amour pour Dieu, leur amour pour l’humanité !… Ils pratiquaient ici tout ce qu’on nous enseigne : quelle foi, quel détachement des choses de la terre, quels élans vers le Ciel, quelle ardeur pour le salut des âmes !…
Tandis qu’un grand nombre de pèlerins faisaient le tour de la sainte Chapelle à genoux ou couvraient de baisers les saintes murailles, moi je me trouvais comme transporté dans le ciel ; je ne voyais que Jésus, Marie et Joseph,  tels qu’ils se sont montrés aux hommes, et je les suppliais de nous permettre, moi et mes enfants, de vivre de leur vie, avec eux, comme eux, de nous unir à cette céleste Famille, de ne faire qu’un avec elle…
Je ne sais si quelque ange, sous la forme de pieuses femmes, avait été chargé de m’accueillir de la part de la Sainte Famille et de me donner en son nom quelques marques d’une affection toute fraternelle : le samedi, c’était jeûne ; on s’arrête une heure à Macerata et tandis que nos compagnons de voyage se rafraîchissaient, nous profitions, M. Anitua et moi, de cette petite station pour dire notre Messe.
Après mon action de grâces, trois femmes, dont l’une semblait être la mère des autres, vinrent me prendre la main, et, en la baisant avec émotion, elles me dirent quelques mots que je n’ai pas compris, mais j’ai entendu qu’elles me parlaient de Lorette.
Cette circonstance m’a frappé parce  qu’elle n’a eu lieu que pour moi… Et, à Lorette même, après y avoir dit ma dernière Messe et pendant que je faisais mon action de grâces dans la sainte Chapelle, ayant senti qu’on me touchait, et m’étant tourné, j’aperçus près de moi deux jeunes personnes qui portaient sur leurs lèvres les bords de mon manteau…
Je n’oserais pas confier ces détails à tout autre qu’à vous, ma fille, et encore moins l’impression qu’ils ont faite sur moi ; mais je vous avouerai avec simplicité que ces circonstances que je n’ai vues renouveler pour aucun des prêtres qui ont célébré la Messe devant moi, que la modestie et l’air tout angélique de ces personnes, que les idées dont j’étais occupé, ou plutôt qui m’absorbaient en ce moment, coïncidant avec ce qui se passait autour de moi, il m’est venu dans la pensée que la Sainte Famille m’exprimait ainsi qu’elle avait exaucé mes vœux, qu’elle m’accueillait comme son enfant, et comme le représentant de toute notre Société… Du reste, je me suis donné à Elle de cœur et d’âme et je lui ai offert toutes mes filles. »

Puissions-nous mériter de plus en plus

de lui appartenir en marchant sur ses traces

et en ne vivant désormais que pour Dieu Seul !


Mercredi 1 Décembre 2010
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