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12) L’Eucharistie, la Victoire de l’Agneau, p. Géron


 

suite à Le Combat du baptême chrétien.P. Xavier Géron

11 L’EUCHARISTIE

LA VICTOIRE DE L’AGNEAU 14,1 – 15,8 [1]

Une convocation de Dieu

Le Livre de l’Apocalypse est-il semblable à un roman classique où les bons sont récompensés et les méchants punis ? Appartient-il à ce genre littéraire manichéen où s’affrontent deux principes divins, le bien et le mal, l’un et l ‘autre triomphant alternativement selon les surprises de l’Histoire ? Devons-nous cultiver en nous la logique des sectes qui recourent à la peur et à la menace des châtiments à venir si l’on ne se convertit pas en adhérant à leurs idées ?

Jusqu’ici, notre Livre nous laisse entendre que le monde se trouve divisé entre ceux qui suivent le Christ et ceux qui suivent la Bête. A partir de là nous pouvons effectivement entretenir une vision très dialectique de l’Histoire et du sort des hommes. Sauf si nous veillons à garder en nous la conviction que le Christ et le Dragon, l’Agneau et la Bête n’appartiennent pas au même monde. Satan n’est qu’une créature. Jésus est le Fils de Dieu. Il n’y a pas, à proprement parler, de lutte ou de rivalité mais plutôt une convocation de Dieu qui appelle ses créatures à Le rencontrer.

Visite de Dieu

C’est la visite de Dieu, thème biblique bien connu que l’on retrouve fréquemment déployé chez les Prophètes : « Et il arrivera, en ce jour-là, que Yhvh visitera l’armée d’en haut, en haut, et les rois de la terre, sur la terre » (Is. 24, 21). Elle peut être source de joie pour ceux qui l’attendent : « Ceux qui mettent en lui leur confiance comprendront la vérité et ceux qui sont fidèles demeureront auprès de lui dans l’amour, car la grâce et la miséricorde sont pour ses saints et sa visite est pour ses élus » (Sag. 3, 9). Elle peut être un appel à la conversion pour ceux qui ont méprisé ses lois : « En ce temps-là, je fouillerai Jérusalem aux flambeaux, je visiterai les hommes qui croupissent sur leur lie, ceux qui disent dans leur cœur : "Yhvh ne peut faire ni bien ni mal." » (So. 1, 12). Car la visite de Dieu a pour objectif de révéler le péché et la gravité de la maladie spirituelle : « Les voilà dans la honte pour leurs actes abominables, mais déjà ils ne sentent plus la honte, ils ne savent même plus rougir. Aussi tomberont-ils parmi ceux qui tombent, ils trébucheront quand je les visiterai, dit Yhvh » (Jér. 6, 15), et elle reste toujours orientée vers la purification et le salut : « Je vous visiterai et je réaliserai pour vous ma promesse de bonheur en vous ramenant ici [à Jérusalem]. Car je sais, moi, les desseins que je forme pour vous - oracle de Yhvh - desseins de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une espérance » (Jér. 29, 10-11).

Ainsi doivent se lire et se comprendre les pages que nous allons aborder. Dieu vient avec puissance. Devant Lui, nul ne peut résister, car qui est comme Dieu ? Il apporte avec lui la Vie et la Lumière. Plusieurs attitudes peuvent se révéler chez ses créatures : l’accueil joyeux de l’ami attendu la peur née de la mauvaise conscience face à Dieu qu’on a plus ou moins renié le refus total et déclaré contre Dieu

Quand l’amour de Dieu touche l’Homme

Face à ceux qui se trouvent dans la peur, prisonniers de leur mauvaise conscience et du mensonge dans lequel le Dragon et les Bêtes les ont fourvoyés, une purification est nécessaire. Elle devra passer par la reconnaissance de leurs erreurs et l’expression de l’amour de Dieu dans la contrition. Face à ceux qui négligent les invitations à la conversion, les purifications auxquelles ils sont cependant invités à entrer les enferment dans une négation de l’amour qui provoque en eux une détresse insurmontable. Etant créés pour vivre de l’amour et de la lumière et les ayant explicitement rejetés, ils ne peuvent que souffrir de voir cet amour et cette lumière constamment présents. Car où peuvent-ils aller en dehors de Dieu, en dehors de la plénitude de l’amour ? L’enfer n’est que la douleur du révolté devenu définitivement allergique à l’amour. Dieu nous préserve d’une telle attitude. Et Il fait tout pour qu’aucun de ses enfants n’y périsse à jamais.

Nous comprenons que Dieu n’est qu’une seule et même réalité éternelle et immuable : l’Amour. Que personne ne peut vivre en dehors de lui. Que ce feu d’Amour est le même qui réjouit les élus, purifie les pécheurs et insupporte les damnés. Désormais, cette révélation de la plénitude divine proposée aux hommes est exprimée au travers des images qui suivent et que nous allons décrypter peu à peu. Gardons-nous donc d’interpréter ce qui est écrit comme l’expression d’un mauvais scénario partagé entre les gentils et les méchants. Comprenons plutôt que plus l’Amour de Dieu touche l’homme de près, plus Il dévoile les réticences cachées et plus celles-ci doivent être purifiées. Saint Jean de la Croix utilise l’image de la bûche pleine d’humidité jetée au feu : elle crache et fume tant qu’elle peut avant de pouvoir s’embraser et devenir feu elle-même.

PLAN :

Ch. 14 v. 1 : l’Agneau à Sion v. 2-3 : le chant nouveau v. 4-5 : portrait des disciples v. 6-8 : l’annonce du jugement v. 9-11 : les affiliés de la Bête v. 12 : le combat des disciples de l’Agneau v. 13 : le devoir d’écrire v. 14-16 : la moisson v. 17-20 : la vendange Ch. 15 v. 1 : l’annonce des 7 plaies v. 2-4 : le chant nouveau v. 5-8 : la nuée dans le Temple

La délimitation de cette partie littéraire est établie à partir de la correspondance symétrique entre le début : la vision de l’Agneau, et la fin : la nuée dans le Temple. Le cantique nouveau encadre également l’ensemble du texte. Ceci laisse apparaître l ‘élément central placé ainsi pour être mis en valeur, à savoir l’invitation à écrire : « Ecris : Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur ; dès maintenant - oui, dit l’Esprit - qu’ils se reposent de leurs fatigues, car leurs œuvres les accompagnent » (14, 13). C’est donc à partir de cette parole révélée que nous devons continuer de lire et comprendre le texte. Et les images nous sont données pour comprendre cette parole.

L’Amour de Dieu emplit l’Univers entier

L’ensemble se situe dans un contexte liturgique. Les 2 images du début et de la fin l’expriment clairement : la célébration de l’Agneau que représentera si bien le peintre Van Eyck au XV° s. à la cathédrale de Gand, intitulé l’Agneau mystique, et la nuée qui emplit le Temple. Nous sommes au cœur du mystère divin. L’Amour du Seigneur emplit l’univers entier. Aussi les élus chantent-ils le cantique nouveau sur leurs cithares : ce sont ceux qui sont passés par la grande épreuve de la persécution et de la purification. Soit ils ont manifesté leur fidélité au Seigneur en acceptant de souffrir le martyre, soit ils ont accepté d’être passés au crible de son Amour qui révèle leurs péchés dont ils doivent s’amender en les reconnaissant. Ce sont les deux modes de purification ou d’adhésion à Dieu. Le premier manifeste l’attachement indéfectible qui résulte d’un choix constamment entretenu. Le second accueille la lumière du jugement et fait entrer dans la renonciation au péché.

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adoration de l’Agneau Van eyck

Cette distinction apparaît dans le texte : les 144 000 peuvent être considérés comme ceux qui ont été assimilés à l’Agneau, par le martyre. Sur leur front est inscrit le Nom de l’Agneau et le Nom de son Père. Ils se tiennent devant le Trône en présence des 4 Vivants et des 24 Anciens. On précise qu’ils ont été fidèles à Dieu depuis toujours, n’ayant pas pratiqué l’idolâtrie (ce que l’on désigne ici par prostitution avec les femmes-prêtresses des sanctuaires idolâtriques, à ne pas interpréter comme une condamnation du mariage). Leur identité s’assimile aux premiers nés qu’on rachète toujours en Israël parce qu’ils appartiennent à Dieu : « Car tout premier-né m’appartient. Le jour où j’ai frappé tous les premiers-nés en terre d’Egypte, je me suis consacré tous les premiers-nés en Israël, aussi bien ceux des hommes que ceux du bétail. Ils sont à moi ; je suis Yhvh » (Nb. 3, 13).

Rappelons-nous justement la présentation de Jésus au Temple, accueilli par le vieillard Syméon (Lc. 2, 23) et plus particulièrement la parole qu’il prononce à cet instant précis : « Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : "Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, - et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! - afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs." » (v. 34-35). C’est ce que le texte de l’Apocalypse suggère : une révélation des pensées intimes. Le petit enfant est reconnu comme celui qui entrant dans le Temple va opérer une liturgie de dévoilement et de purification, comme l’avait annoncé également le prophète Malachie : « Voici que je vais envoyer mon messager, pour qu’il fraye un chemin devant moi. Et soudain il entrera dans son sanctuaire, le Seigneur que vous cherchez ; et l’Ange de l’alliance que vous désirez, le voici qui vient ! dit Yhvh Sabaot. Qui soutiendra le jour de son arrivée ? Qui restera droit quand il apparaîtra ? Car il est comme le feu du fondeur et comme la lessive des blanchisseurs. Il siégera comme fondeur et nettoyeur. Il purifiera les fils de Lévi et les affinera comme or et argent, et ils deviendront pour Yhvh ceux qui présentent l’offrande selon la justice. Alors l’offrande de Juda et de Jérusalem sera agréée de Yhvh, comme aux jours anciens, comme aux premières années. Je m’approcherai de vous pour le jugement et je serai un témoin prompt contre les devins, les adultères et les parjures, contre ceux qui oppriment le salarié, la veuve et l’orphelin, et qui violent le droit de l’étranger, sans me craindre, dit Yhvh Sabaot » (Mal . 3, 1-5).

Nous sommes explicitement avertis qu’une liturgie de purification est à l’œuvre. Comment s’opère-t-elle ? Et quels en sont les bénéficiaires ? C’est ce que la suite du texte nous invite à découvrir.

La liturgie de l’Agneau

De la même manière que la prière des saints avait occasionné la sonnerie des 7 trompettes (8, 3-5), nous découvrons que le chant du cantique nouveau associé à la liturgie de l’Agneau déclenche l’avènement d’une série de 7 fléaux (15, 1), les derniers. Et non seulement cela mais en plus elle précipite la chute de Babylone ainsi que celle de la Bête et de son image dans le supplice du feu et du soufre (14, 8-11), en même temps qu’elle fonde la constance des saints et assure aux morts un repos éternel. Voyons donc comment se célèbre cette liturgie de l’Agneau dont l’effet est si puissant en terme de purification.

Deux signes suffisamment éloquents nous permettent d’identifier l’expression de cette liturgie : elle se célèbre à partir de la moisson d’une part et de la vendange d’autre part. Soit le pain et le vin, fruits de ce travail offerts pour la manifestation et la célébration de la gloire de Dieu et pour le salut des hommes. Celui qui préside cette moisson est comme un fils d’homme. Sa présentation se rapproche trop de celle évoquée au début du Livre pour ne pas y reconnaître le Christ. Mais celui qui réalise la vendange est un ange, signe que le Seigneur a donné à ses serviteurs le pouvoir d’agir en son Nom dans la célébration de cette liturgie. La maturité de la récolte désigne l’heure de Jésus que nous voyons souvent mentionnée dans l’évangile de Jean, comme à Cana : « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée » (Jn. 2, 4). Ou encore : « Maintenant mon âme est troublée. Et que dire ? Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure » (Jn. 7, 27). Et pour finir : « Père, l’heure est venue : glorifie ton Fils » (Jn. 17, 1). C’est à l’heure où le Père glorifie le Fils pour que le Fils le glorifie que la moisson et la vendange sont mûres.

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retable Van Eyck, Christ en Gloire

Une parole étrange vient pourtant apporter à toute cette symbolique une dimension inégalée. Tout d’abord, le produit de la vendange et du raisin foulé dans le pressoir, au contraire de ce que l’on pouvait attendre, se trouve être, non pas du jus de fruit, mais du sang. Ainsi la symbolique des images nous conduit à la réalité cachée désignée sous le signe visible. Mais la vertu de ce sang dépasse tout ce que l’on peut imaginer. Aussi pour l’exprimer l’auteur fait référence à la parole d’un prophète : « L’Ange alors jeta sa faucille sur la terre, il en vendangea la vigne et versa le tout dans la cuve de la colère de Dieu, cuve immense ! Puis on la foula hors de la ville, et il en coula du sang qui monta jusqu’au mors des chevaux sur une étendue de mille stades » (14, 19-20).

Il s’agit de Zacharie : « En ce jour-là, il y aura [écrit] sur les grelots des chevaux : "consacré à Yhvh" » (Za. 14, 20). A première vue, le rapprochement n’est pas si probant, excepté la mention des chevaux. Or le prophète explique que les grelots des chevaux sont consacrés. Où se trouvent ces grelots précisément, sinon sur l’enrênement, soit à hauteur des mors ? Et si les mors sont consacrés c’est en vertu du sang qui a coulé et est monté jusqu’à leur niveau. Imaginons à quelle hauteur correspond le mors d’un cheval. La réponse est facile à trouver : c’est la hauteur de la tête humaine. Ce qui signifie que le sang qui a coulé de cette cuve immense couvre tous les péchés, sur une étendue de 1000 stades, ce qui signifie la plus grande qui soit mesurable.

La rédemption à l’oeuvre

La rédemption est donc à l’œuvre désormais pour sanctifier tous les hommes, y compris ceux qui avaient pu se laisser séduire par les sortilèges de la Bête et de son image. Heureuse faute qui nous valut un tel rédempteur ! chante la liturgie de la veillée pascale. Mais nous n’aurons jamais fini de découvrir à quel point cela est vrai. Ils sont désignés explicitement et le texte nous laisse entendre qu’ils ont passé au travers de cette mer de cristal mêlée de feu, lieu de purification telle que les 7 fléaux annoncés semblent en évoquer la teneur. Cette mer est encore désignée par le même prophète Zacharie dans la suite du texte où l’on mentionne les mors des chevaux : « En ce jour-là, il y aura sur les grelots des chevaux : "consacré à Yhvh", et les marmites de la maison de Yhvh seront comme des coupes à aspersion devant l’autel » (id.). Il faut préciser que ces marmites appartiennent au mobilier de purification du Temple construit par le roi Salomon à Jérusalem. En plus de ces marmites se trouve un grand bassin contenant l’eau lustrale utilisée pour purifier les personnes ayant contracté une impureté rituelle par le contact d’un cadavre (cf. Nb. 19, 20 : « un homme impur qui omettrait de se purifier ainsi sera retranché de la communauté, car il souillerait le sanctuaire de Yhvh. Les eaux lustrales n’ont pas coulé sur lui, c’est un impur »). Et ce bassin est aussi appelé ‘Mer’ : « Hiram fit la Mer en métal fondu, de dix coudées de bord à bord, à pourtour circulaire, de cinq coudées de hauteur […] Quant à la Mer, il l’avait placée à distance du côté droit du Temple au sud-est » (1 R. 7, 23, 39).

Il ne nous reste plus qu’à comprendre comment cette purification s’accomplit envers ceux qui avaient touché à la mort par leur compromission avec la Bête et qui en ont été délivrés comme à travers le feu car « quiconque adore la Bête et son image, et se fait marquer sur le front ou sur la main, lui aussi boira le vin de la fureur de Dieu, qui se trouve préparé, pur, dans la coupe de sa colère. Il subira le supplice du feu et du soufre, devant les saints Anges et devant l’Agneau » (14, 9-10).Grâce à cette œuvre de purification, ils peuvent alors s’associer au nombre de ceux qui chantent le cantique nouveau, avec Moïse qui a su conduire le peuple rebelle à travers les eaux de la mer et le feu du désert. « Le Jour, en effet […] doit se révéler dans le feu, et c’est ce feu qui éprouvera la qualité de l’œuvre de chacun. […] Si son œuvre est consumée, il en subira la perte ; quant à lui, il sera sauvé, mais comme à travers le feu » (1 Co. 3, 13-15), explique saint Paul.

Il nous faut conclure en clarifiant cette notion de la coupe de la colère de Dieu. L’une des occurrences les plus connues de la colère de Dieu se trouve dans le Psaume 95, 10-11 : « 40 ans cette génération m’a dégoûté et je dis : "Toujours ces cœurs errants, ces gens-là n’ont pas connu mes voies. Alors j’ai juré en ma colère : jamais ils ne parviendront à mon repos" ». Cette parole fait l’objet d’une méditation approfondie dans la Lettre aux Hébreux (3). On en résume la pensée en retenant que l’objet de la colère de Dieu est l’endurcissement du cœur de l’homme qui le ferme à l’obéissance envers sa Parole et sa promesse. La colère de Dieu va donc s’exprimer afin que l’homme, malgré son empêchement à obéir, voire son refus d’entendre, se trouve dans une situation telle qu’il ne puisse plus fermer son oreille et son cœur et se mette à crier vers le Seigneur. C’est précisément ce à quoi nous allons assister quand les 7 fléaux des 7 coupes sont versés par les 7 anges sur la création.

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Retable de l’ Agneau mystique

12 LES SACREMENTS DE GUERISON

LA CHUTE DE BABEL ET LES 7 COUPES 16, 1 – 19, 10


Notes

[1] 1 Je regardai, et voici, l’agneau se tenait sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes, qui avaient son nom et le nom de son Père écrits sur leurs fronts. 2 Et j’entendis du ciel une voix, comme un bruit de grosses eaux, comme le bruit d’un grand tonnerre ; et la voix que j’entendis était comme celle de joueurs de harpes jouant de leurs harpes. 3 Et ils chantaient un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre êtres vivants et les vieillards. Et personne ne pouvait apprendre le cantique, si ce n’est les cent quarante-quatre mille, qui avaient été rachetés de la terre. 4 Ce sont ceux qui ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges ; ils suivent l’agneau partout où il va. Ils ont été rachetés d’entre les hommes, comme des prémices pour Dieu et pour l’agneau ; 5 et dans leur bouche il ne s’est point trouvé de mensonge, car ils sont irrépréhensibles. 6 Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. 7 Il disait d’une voix forte : Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d’eaux. 8 Et un autre, un second ange suivit, en disant : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité ! 9 Et un autre, un troisième ange les suivit, en disant d’une voix forte : Si quelqu’un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, 10 il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’agneau. 11 Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom. 12 C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus. 13 Et j’entendis du ciel une voix qui disait : Écris : Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs oeuvres les suivent. 14 Je regardai, et voici, il y avait une nuée blanche, et sur la nuée était assis quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme, ayant sur sa tête une couronne d’or, et dans sa main une faucille tranchante. 15 Et un autre ange sortit du temple, criant d’une voix forte à celui qui était assis sur la nuée : Lance ta faucille, et moissonne ; car l’heure de moissonner est venue, car la moisson de la terre est mûre. 16 Et celui qui était assis sur la nuée jeta sa faucille sur la terre. Et la terre fut moissonnée. 17 Et un autre ange sortit du temple qui est dans le ciel, ayant, lui aussi, une faucille tranchante. 18 Et un autre ange, qui avait autorité sur le feu, sortit de l’autel, et s’adressa d’une voix forte à celui qui avait la faucille tranchante, disant : Lance ta faucille tranchante, et vendange les grappes de la vigne de la terre ; car les raisins de la terre sont mûrs. 19 Et l’ange jeta sa faucille sur la terre. Et il vendangea la vigne de la terre, et jeta la vendange dans la grande cuve de la colère de Dieu. 20 Et la cuve fut foulée hors de la ville ; et du sang sortit de la cuve, jusqu’aux mors des chevaux, sur une étendue de mille six cents stades.

ch15

1 Puis je vis dans le ciel un autre signe, grand et admirable : sept anges, qui tenaient sept fléaux, les derniers, car par eux s’accomplit la colère de Dieu. 2 Et je vis comme une mer de verre, mêlée de feu, et ceux qui avaient vaincu la bête, et son image, et le nombre de son nom, debout sur la mer de verre, ayant des harpes de Dieu. 3 Et ils chantent le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’agneau, en disant : Tes oeuvres sont grandes et admirables, Seigneur Dieu tout puissant ! Tes voies sont justes et véritables, roi des nations ! 4 Qui ne craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Car seul tu es saint. Et toutes les nations viendront, et se prosterneront devant toi, parce que tes jugements ont été manifestés. 5 Après cela, je regardai, et le temple du tabernacle du témoignage fut ouvert dans le ciel. 6 Et les sept anges qui tenaient les sept fléaux sortirent du temple, revêtus d’un lin pur, éclatant, et ayant des ceintures d’or autour de la poitrine. 7 Et l’un des quatre êtres vivants donna aux sept anges sept coupes d’or, pleines de la colère du Dieu qui vit aux siècles des siècles. 8 Et le temple fut rempli de fumée, à cause de la gloire de Dieu et de sa puissance ; et personne ne pouvait entrer dans le temple, jusqu’à ce que les sept fléaux des sept anges fussent accomplis.


Samedi 27 Février 2010
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