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10) Le Temple, la Femme et le Dragon, p. Xavier Géron


 

 

 

voir également Le septième sceau de l’Apocalypse : la liturgie du Temple et le péché. p. Géron

la Prédication et le Livre Ouvert, p. Xavier Géron

9 L’INCARNATION

LE TEMPLE, LA FEMME ET LE DRAGON 11, 15-12,12

Nous entrons au cœur du mystère avec les textes qui sont repris par la liturgie pour la fête de l’Assomption.

 [1]

La Femme, icône de l’ Eglise

Trois signes successifs nous sont présentés. Ils sont liés les un aux autres, s’explicitant l’un par rapport à l’autre et ne se comprenant que dans la référence de l’un à l’autre. Le premier est introductif et donc peu développé ; le second est le plus important, il est donc central ; le troisième, en s’opposant au précédent, en manifeste toute la puissance. Il s’agit du mystère de la nouvelle naissance, de l’œuvre de re-création réalisée par le Seigneur et confiée à la Femme, icône de l’Eglise. Si le mal a montré sa virulence au travers des scènes précédentes, Dieu révèle aussi une réalité ignorée de la sagesse humaine et qui échappe totalement à la stratégie de l’adversaire. Il existe donc un lieu de vie en lequel tout ce qui s’y trouve plongé retrouve merveilleusement non seulement la beauté originelle perdue mais encore le moyen de parvenir à la beauté de la ressemblance telle qu’elle était promise.

Ces trois signes sont mis en évidence par l’expression trois fois répétée ‘se fit voir’ (ophté) : « S’ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel, et son arche d’alliance se fit voir » (11, 19) ; « Un signe grandiose se fit voir dans le ciel : une Femme ! » (12, 1) ; « Puis un second signe se fit voir dans le ciel : un énorme Dragon » (12, 3) ;

Dans le texte, le verbe voir est utilisé plus de 40 fois à la forme active. Il n’est utilisé que 3 fois à la forme passive, c’est à dire en ces trois occurrences. Le Livre de l’Apocalypse est réellement un grand livre d’images à décrypter avec la Bible tout entière.

Il convient de préciser que si les trois signes apparaissent dans le ciel, ce dernier ne désigne pas ici le lieu de la résidence divine, mais un état de vie distinct de celui de la vie terrestre circonscrite dans le temps et l’espace. Dieu est encore au-delà. En outre, on remarque aisément que le premier signe, l’arche dans le Temple, n’est pas désigné comme tel, car l’arche n’est pas un signe mais une réalité divine, représentée par une image sensible, certes, mais à laquelle les deux autres signes se réfèrent et dont ils expliquent le mystère, savoir entrer ou non dans l’alliance.

PLAN :

Ch. 11 v. 15 : sonne le 7ème ange : les 24 anciens proclament la royauté de Dieu et de son Christ ; v. 19 : apparition de l’arche ; Ch. 12 v. 1 : apparition de la Femme ; v. 3 : apparition du Dragon ; v. 9 : le Dragon est vaincu par l’archange Michel ; v. 10 : cantique d’action de grâce ;

Le signe de la Femme

Le signe de la Femme apparaît manifestement au centre de ce texte ainsi délimité par deux cantiques d’action de grâce dont les termes sont semblables à la différence près que le 2nd fait référence au combat entre le Dragon et l’Archange Michel : « Et le septième Ange sonna… Alors, au ciel, des voix clamèrent : "La royauté du monde est acquise à notre Seigneur ainsi qu’à son Christ ; il régnera dans les siècles des siècles." » (11, 15). « Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu, et la domination à son Christ, puisqu’on a jeté bas l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu » (12, 10).

Cette place centrale traduit la réalité éminente dont le signe est révélateur. Dieu nous dévoile le moyen qu’Il a choisi pour mettre en œuvre sa victoire. Par ce moyen Il terrasse définitivement les puissances de mal et toutes les oppositions qui se sont dressées contre Lui. Nous ne voulons pas faire ici seulement l’apologie d’un traité de théologie mariale parce que le texte ne se limite pas à Marie : se serait se méprendre sur la grandeur de la vocation de Marie. Marie n’est pas grande par elle-même, elle ne l’est que par référence à ce que Dieu réalise à travers elle.

La réalisation du plan divin

Ce texte est donc central dans l’ensemble du Livre de l’Apocalypse. Comme nous l’évoquions au début, il représente la scène convergente du triptyque. Tout ce que nous avons vu précédemment peut se résumer sous la désignation des oppositions à la révélation de Dieu dans le cœur de l’homme, c’est à dire les obstacles résiduels dus au péché qui entravent l’action de la grâce. Cette résistance ainsi dévoilée occasionne un endurcissement du cœur, à l’exemple de Pharaon, et la scène immédiatement précédente de la prédication des 2 témoins montre suffisamment la difficulté pour l’homme pécheur de recevoir le bénéfice du salut offert gratuitement. Ce qui fait désormais suite à notre tableau central est le dévoilement de la stratégie de l’adversaire fondée sur la peur, le chantage et la tromperie : toutes les scènes qui vont suivre consistent à mettre au jour les leurres posés par le Satan. Et le Livre s’achèvera par la confusion totale de l’ennemi.

Pour mieux saisir la force de cette révélation représentée par le grand signe de la Femme – c’est d’ailleurs, précise le texte, le seul signe qui soit vraiment grand – entrons d’abord par la porte qui s’ouvre, celle où se dévoile le contenu du Temple : « Alors s’ouvrit le temple de Dieu, dans le ciel, et son arche d’alliance apparut, dans le temple ; puis ce furent des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre, et la grêle tombait dru… » (11, 19).

Où se trouve l’arche ? Dans le Temple nous dit le texte. Mais à quel endroit dans le Temple ? Tout le monde peut-il y accéder et la voir ? Ecoutons ce que dit le Seigneur à Moïse au jour où Il lui demanda de construire la Tente de la Rencontre dans le désert : « Le Seigneur parla à Moïse : "Ainsi tu dresseras la Demeure, selon le modèle qui t’a été montré sur la montagne. Tu feras un rideau de pourpre violette et écarlate, de cramoisi et de fin lin retors, brodé de chérubins. Tu le mettras sur quatre colonnes d’acacia plaquées d’or, munies de crochets d’or, posées sur quatre socles d’argent. Tu mettras le rideau sous les agrafes, tu introduiras là, derrière le rideau, l’arche du Témoignage, et le rideau marquera pour vous la séparation entre le Saint et le Saint des Saints. Tu mettras le propitiatoire sur l’arche du Témoignage, dans le Saint des Saints" » (Ex. 26, 30-34).

Cette Tente fut le prototype de l’architecture plus définitive du Temple tel qu’il sera bâti à Jérusalem sur le Mont Moriya. Selon la tradition, c’est là qu’Abraham avait conduit son fils Isaac quand il avait cru comprendre que Dieu lui demandait de le sacrifier alors qu’il s’agissait en fait de le présenter à Dieu dans un geste d’élévation des mains (Gn. 22). Le lieu est hautement symbolique. C’est pourquoi le Saint des Saints est le lieu sacré par excellence où est placée l’arche et où n’accède que le Grand Prêtre, une fois par an, comme déjà nous l‘avons mentionné. Mais désormais, ce lieu est ouvert. Désormais, le voile du Temple n’empêche plus la vision de l’arche. Désormais il n’y a plus d’obstacle entre le lieu de la rédemption, représenté par le propitiatoire, et l’univers entier.

Celui qui a traversé le voile

C’est en effet que quelqu’un a traversé ce voile, l’a ôté, l’a fait tomber. Rappelons-nous comment l’évangéliste Matthieu nous relate la mort de Jésus : « Or Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit. Et voilà que le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas ; la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s’ouvrirent et de nombreux corps de saints trépassés ressuscitèrent » (Mt. 27, 50-52). C’est bien ce que nous dit aussi le texte de l’Apocalypse : dévoilement de l’arche dans le Temple suivi d’un tremblement de terre. La mort du Christ entraîne l’ouverture et l’accès à Dieu pour tous, comme l’exprime encore la Lettre aux Hébreux : « la voie du sanctuaire n’est pas ouverte, tant que la première Tente subsiste. […] Le Christ, lui, survenu comme grand prêtre des biens à venir, traversant la tente plus grande et plus parfaite qui n’est pas faite de main d’homme, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création, entra une fois pour toutes dans le sanctuaire, non pas avec du sang de boucs et de jeunes taureaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle » (9, 8-12). Saint Paul explique comment Jésus est entré dans le sanctuaire avec le sang rédempteur : « Tous les hommes ont péché et sont privés de la gloire de Dieu et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus : Dieu l’a exposé, instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi » (Ro. 3, 23-25).

En mourant de la façon la plus abominable qui soit, comme un vulgaire condamné à mort, rejeté par tous, Jésus confère à l’effusion de son sang et à sa mort la valeur d’un sacrifice d’expiation offert dans le Temple sur le lieu où Dieu agrée tous les sacrifices. Et celui de Jésus est empli de la puissance de rédemption accordée à toute l’humanité depuis le premier homme jusqu’au dernier. Voilà ce que Jean voit. C’est ce qu’il avait compris au pied de la Croix où il se trouvait avec Marie. Aussi avait-il pu dire : « Celui qui a vu rend témoignage - son témoignage est véritable, et celui-là sait qu’il dit vrai - pour que vous aussi vous croyiez » (Jn. 19, 35).

Jean, Marie, l’Eglise

Se trouvant avec Marie, il comprend aussi tout ce qu’elle représente puisqu’il en est le premier bénéficiaire en profitant de la nouvelle maternité que Jésus confie à sa mère : « Femme, voici ton fils » (Jn. 19, 26). Telle est donc la réalité exprimée derrière le grand signe : celle d’une recréation à l’œuvre que Jésus a confiée à l’Eglise par le ministère des apôtres. Pour accueillir avec fruit le salut accompli par le Christ, il faut non seulement un Sauveur mais aussi un lieu et un espace visible et concret de récréation. C’est l’Eglise que Marie figure en sa maternité. Nous osons poser une question : le disciple bien-aimé présent au pied de la Croix aurait-il pu comprendre et lire ainsi la mort de Jésus sans la présence de Marie ? N’est-ce pas parce que celle-ci est là à ce moment près de lui qu’il peut désormais nous faire comprendre ce qu’il a vu ? Et nous laisser entendre que sans la Femme, quelqu’un pourrait-il accueillir cette mort comme un salut plutôt qu’un échec ou une ultime preuve du refus en l’homme d’accueillir la grâce de Dieu ?

La Nouvelle Eve, Mère de toute la Création

Selon l’interprétation des Pères de l’Eglise, le Christ mourant sur la Croix figure le nouvel Adam qui, de son côté transpercé, fait naître l’Eglise son Epouse bien aimée. Celle-ci, comme nouvelle Eve, devient la mère des vivants. Elle est la Femme par excellence à qui Adam donne le nom d’Eve (Gn. 3, 20). C’est ce que saint Jean expliquait aussi à travers le récit des noces de Cana, où l’on doit intelligemment traduire le texte et lui permettre de dire, non pas : « Que me veux-tu, femme ? » mais bien : « Femme, tu sais bien ce qu’il y a entre toi et moi » (Jn. 2, 4).

En scrutant plus précisément le texte de l’Apocalypse, voyons comment l’auteur nous présente les deux signes, celui de la Femme et celui du Dragon. Ils sont parfaitement antithétiques :

une Femme le soleil l’enveloppe : elle est revêtu de la lumière divine, celle dont le visage de Moïse rayonnait après avoir parlé avec le Seigneur en face à face dans la Tente de la Rencontre où se trouvait l’arche la lune est sous ses pieds : elle est Mère de toute la création, Mère de tous les vivants, la nouvelle Eve, Mère de la nouvelle création douze étoiles couronnent sa tête : elle est l’Eglise entourée de la foi des 12 apôtres et victorieuse par la puissance du mystère prêché à toutes les nations un énorme Dragon rouge-feu : il est emporté par la colère, aveuglé et prisonnier de ses ténèbres à sept têtes et dix cornes : son pouvoir factice ne peut tenir car il n’est qu’une créature et malgré son intelligence séductrice, son pouvoir reste limité chaque tête surmontée d’un diadème : il règne par le mensonge depuis l’origine, ne sachant faire autrement que de caricaturer l’œuvre de Dieu et Dieu lui-même

Bien évidemment, ces images reprennent les thèmes bibliques les plus anciens par lesquels le mystère du mal et la promesse du Salut ont été annoncés dans le commencement. Il nous faut revenir au Livre de la Genèse que sous entend et ré-interprète le Livre de l’Apocalypse : « Alors Yhvh Dieu dit au serpent : "Parce que tu as fait cela, maudit sois-tu entre tous les bestiaux et toutes les bêtes sauvages. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon." A la femme, il dit : "Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils." » (Gn. 3, 14-16).

Nous retrouvons le serpent et la femme. Le Seigneur maudit le serpent, non pas la femme. Entre le serpent et la femme Il déclare une hostilité, à savoir que la descendance de la femme est reconnue comme l’ennemi mortel du serpent au risque d’une grave blessure. Ainsi, depuis l’origine se comprend la haine de l’adversaire contre la maternité sous toutes ses formes et contre l’enfant en particulier. Satan ne supporte pas la vie et se dresse contre la vocation de la femme qui enfante car par elle adviendra sa fin. Or l’Eglise est celle par qui les hommes reçoivent la vie divine qu’ils ont perdue à cause du mensonge du serpent. Celui-ci ne peut que rester à l’affût pour anéantir toute forme de fécondité ecclésiale. Il fait tout pour stériliser l’activité de l’Eglise, à commencer par la persécution contre la foi. Saint Pierre en sait quelque chose qui avertit les premiers chrétiens : « Soyez sobres, veillez. Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi » (1 Pi. 5, 8-9).

Mais il nous faut revenir sur cette parole adressée par le Seigneur à la femme : « Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils ». L’interprétation immédiate laisse entendre que Dieu punit la femme d’avoir désobéi en écoutant les paroles mensongères du serpent. Celui-ci promettait à Adam et sa compagne de devenir semblables à Dieu mais sans avoir à lui rendre des comptes, c’est à dire selon leur bon plaisir et non pas selon la volonté de Dieu. En bref, de s’approprier les privilèges divins tout en s’affranchissant de la dépendance. Le serpent avait en effet habilement déguisé l’amour filial en une dépendance servile. Mais le chemin choisi se trouve être celui de la rupture avec la source de vie, c’est à dire la mort.

La confirmation faite à la Femme du pouvoir de donner la Vie

Si l’homme et la femme ont choisi le chemin de mort, il est compréhensible que le goût de la vie se soit changé en amertume. Dieu ne punit pas la femme, ni l’homme. Ce n’est pas dans sa nature ! Il constate seulement les dégâts occasionnés par la désobéissance. Et Il confirme à la femme le pouvoir qu’Il a mis en elle de donner la vie, comme à l’homme de travailler la terre. Mais leur situation morale et spirituelle va corrompre leur rapport à la maternité et au travail de la terre.

Si la femme souffre dans l’enfantement, ce n’est pas par une sorte de règlement de compte sournois et sadique de la part d’un dieu jaloux et caractériel, digne des divinités du panthéon païen. Mais c’est parce que le mouvement de la vie confirmé par Dieu en elle va se trouver en opposition avec la peur de la vie apparue en elle à cause de la désobéissance. Toutes les souffrances humaines s’enracinent dans la peur originelle. Dieu n’est pas cause de la souffrance car Il ne peut que bénir, mais le mouvement de la vie rencontre la peur de la vie et cause par là même cette souffrance. C’est pourquoi le texte peut être lu de la façon suivante : « Je multiplierai abondamment la vie en toi, vie qui se traduira par la souffrance et dans cette souffrance tu enfanteras ».

Le texte de l’Apocalypse nous révèle ici que la vie est en train de triompher malgré les souffrances occasionnées par la peur de la mort. Et le Dragon se tient posté devant l’Eglise voulant détruire cette vie surnaturelle qu’elle met au jour. Avant la naissance du Christ, il était dans l’angoisse de voir venir celui qui lui écraserait la tête. Maintenant, le Christ « plus fort que lui survient et le bat, il lui enlève l’armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles » (Lc. 11, 22).

Qui est comme Dieu ?

crédit photo Anne, st Michel ( Aiguilhe)

Le Satan est donc vaincu par la proclamation de la foi exprimée par l’archange : Mi ca El ? Qui est comme Dieu ? Qui peut se prétendre l’égal de Dieu ? La foi et l’humilité de l’Eglise sont les armes par lesquelles elle reste victorieuse. Les stratagèmes de l’adversaire n’ont pas de prises pour ceux dont le cœur et l’esprit sont fixés au ciel par l’acte de foi : « Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants » (Ap. 12, 12). Mais le serpent s’en va, dépité – « Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie » (Gn. 3, 14) – cherchant à tromper ceux dont la foi n’est pas solide ou inexistante, dont le regard reste orgueilleusement rivé aux horizons terrestres et à ses séductions faciles : « Malheur à vous, la terre et la mer, car le Diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés » (Ap. 12, 12).

L’Eglise en son mystère est mise à l’écart de cette violence, gardée au sein des tribulations de ce monde assurée de rester invincible : « Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle » (Mt. 16, 18). La puissance de sa maternité spirituelle est à l’œuvre, puisque le Christ est présent en elle, comme on l’a vu au commencement du Livre, présent ressuscité à chaque Eglise. Le Livre de l’Apocalypse révèle aux Eglises leur mission irremplaçable. On comprend avec quelle autorité le Christ rappelle à chacune l’importance de sa vocation : permettre aux hommes d’accueillir en eux la grâce du salut par le mystère de la maternité divine.

crédit photo Anne, Assomption de la Vierge, cathédrale du Puy

10 LE COMBAT DU BAPTEME CHRETIEN

LE DRAGON ET LES BETES 12, 13 – 13, 18


Notes

[1] 15 Le septième ange sonna de la trompette. Et il y eut dans le ciel de fortes voix qui disaient : Le royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Christ ; et il régnera aux siècles des siècles. 16 Et les vingt-quatre vieillards, qui étaient assis devant Dieu sur leurs trônes, se prosternèrent sur leurs faces, et ils adorèrent Dieu, 17 en disant : Nous te rendons grâces, Seigneur Dieu tout puissant, qui es, et qui étais, de ce que car tu as saisi ta grande puissance et pris possession de ton règne. 18 Les nations se sont irritées ; et ta colère est venue, et le temps est venu de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, les petits et les grands, et de détruire ceux qui détruisent la terre. 19 Et le temple de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l’arche de son alliance apparut dans son temple. Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre, et une forte grêle.

1 Un grand signe parut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. 2 Elle était enceinte, et elle criait, étant en travail et dans les douleurs de l’enfantement. 3 Un autre signe parut encore dans le ciel ; et voici, c’était un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. 4 Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre. Le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant, lorsqu’elle aurait enfanté. 5 Elle enfanta un fils, qui doit paître toutes les nations avec une verge de fer. Et son enfant fut enlevé vers Dieu et vers son trône. 6 Et la femme s’enfuit dans le désert, où elle avait un lieu préparé par Dieu, afin qu’elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours. 7 Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, 8 mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. 9 Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. 10 Et j’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : Maintenant le salut est arrivé, et la puissance, et le règne de notre Dieu, et l’autorité de son Christ ; car il a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. 11 Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort.


Samedi 27 Février 2010
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