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Saint Joseph des Nations : lutter contre la dictature du désespoir terroriste.



J'étais au métro Goncourt à l'heure et au jour des attentats de Paris. Mon ange gardien a voulu que je ne vois rien, n'entende rien...mais je me doutais de quelque chose dans Paris car au métro Hôtel de ville, j'avais entendu de nombreuses sirènes. Sitôt rentrée, j'ai donc appris sur internet l'ampleur de la tragédie qui s'est déployée jusqu'au matin. 

Le samedi s'est passé dans ce quartier meurtri et ensanglanté...à éviter les lieux martyrs, tous à 10mn de là et à s'asseoir avec une amie hollandaise à une terrasse de café de Belleville, en signe de résistance et de solidarité :
-prendre une bonne pâtisserie.
-s'asseoir sur les terrasses de café sans peur ( nous n'étions pas les seules, loin de là, et les serveurs, nerveux, émus, perturbés, se trompaient dans les commandes et souriaient de leur mieux dans ce quartier cosmopolite sous tension)
-visiter le parc de Belleville et photographier la Tour Eiffel avec affection et émotion, entre tourisme, résistance, réalisme, amitié et tristesse...la convention américaine touristique qui nous avait réunies était annulée, ce jour-là nous aurions dû visiter le 11eme sous le titre " Paris Adventures". Terreur et humour noir n'ont pas restreint notre liberté...

Lutter contre le désespoir, racine du terrorisme

-Parler aux inconnus et s'intéresser à eux.
-Donner rendez-vous à des personnes aimées le dimanche près de Notre Dame : café, soleil, émotion...parler de l'avenir des jeunes avec des jeunes, des souvenirs des vieux ( en l'occurence, l'OAS est revenue de sinistre et comparable mémoire.)

Parler d'espérance et d'avenir : avec la génération précédente, la seconde guerre mondiale, où l'espoir humain et l'espérance eschatologique semblaient annihilés...combien aujourd'hui, sur ce piège de l'absence d'horizon-même notre Planète écope 21, si j'ose dire et certains reprennent l'argument de ne pas faire d'enfants à mettre dans un monde moribond.

A entendre cela, les terroristes peuvent se réjouir s'ils tuent plus encore que les corps, l'espoir humain d'un avenir possible et l'espérance d'un avenir surnaturel. Et c'est sur ces points-là que les chrétiens apportent l'Unique Résistant, Celui qui se lève victorieux des Ténèbres de la Mort.

Une déflagration ou une chaîne d'espérance?

Le dimanche matin, la messe dans la paroisse Saint Joseph des Nations, située à 10mn des trois impacts terroristes sur Paris dans le 11eme arrondissement m'a donné cette clarté d'espoir humain et d'espérance eschatologique. Paroisse cosmopolite à l'image du quartier, placée sous le vocable de Saint Joseph des Nations, elle est comme cette paroisse catholique de Nagasaky dont les cloches ont subi la bombe atomique. Bombe atomique de la haine, le terrorisme voudrait créer une réaction en chaîne dans les coeurs et les enchaîner à la haine.

Cette humble paroisse crée au quotidien une réaction en chaîne de secours catholique, d'aide aux réfugiés, de cohabitation multi-ethnique, de présence paisible...le sermon du curé était un modèle de justesse porté par cette réalité quotidienne vécue et transmise. J'espère qu'il mettra ce sermon sur le site de la paroisse. J'ai été particulièrement touchée par ce qu'il a dit de l'innocence des victimes et par la façon dont il l'a dit.

 

Sonner le glas du désespoir, apporter la musique de l'amitié.

Saint Joseph des Nations Bien Aimé, ta présence dans ce quartier, c'est Joseph à Nazareth et Joseph face à la terreur d'Hérode : on apporte autre chose et rien ne Le détruira, l'Amour est là, toujours debout.

Quand quelques heures plus tard j'entendais le glas sonner sur le parvis de Notre Dame, je pensais : ce glas sonne pour les victimes....et il sonne le glas de l'insouciance, mais son avertissement ne sonne pas le glas de l'Espérance, au contraire. Paris vient d'entrer en résistance une fois de plus avec une détermination profonde, vibrante, qui prend aux tripes.

Quelques minutes plus tard, j'étais....dans une cour intérieure, suite à un mouvement de panique place de l'Hôtel de Ville, coincée avec une vingtaine de personnes relativement apeurées mais bienveillantes, attentives aux autres, ouvrant la porte pour faire entrer les gens...cela a duré 20mn, puis nous avons compris qu'il n'y avait rien et chacun est reparti. Des militaires rassurants m'ont dit que c'était une mauvaise blague de gamins...décallage #PorteOuverte et jeunesse rebelle au réel ?

Ma soirée n'était pas finie : j'ai remonté à pied la rue du Temple jusqu'à la République où la foule était amassée malgré les consignes de la Préfecture. A l'angle de la Rue de la Fontaine au Roi, les lumignons, les fleurs, le silence et l'émotion poignante. Je passe là à Paris depuis des années pour rentrer dans ma famille parisienne. Quelle sensation indescriptible et quelle leçon...il faut constuire, il faut espérer, il faut résister, quels que soient les temps. C'est à cela que servent les baptisés, et parmi eux ceux qui ne se marient pas en vue du Royaume, rappelant l'espérance du Salut comme un mariage et une promesse de Résurrection au milieu des épreuves de ce monde. Dans cette étrange journée, j'ai parlé avec des amis, des êtres aimés et connus, des inconnus sympathiques, j'ai prié avec des croyants et je me suis inclinée avec des inconnus, j'ai mieux compris des amis qui vivent en territoire de terrorisme " ancien" depuis leur enfance ( Liban, Colombie...) et j'ai plus aimé mon pays...et au centre des ces journées dingues, Saint Joseph des Nations....


Mardi 17 Novembre 2015
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