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Un fondateur n'est pas toujours un saint...

16) Vocation dans une Oeuvre et sainteté du ou des fondateurs. Que se passe-t-il si le fondateur qui a déclenché une vocation et le choix de toute une vie s'avère moins saint qu'idéalement prévu...ou pas saint du tout ?



Un saint n'est pas toujours un fondateur...

Saint Jean d'Avila, futur docteur de l'Eglise.
Saint Jean d'Avila, futur docteur de l'Eglise.
L'Eglise a la tâche de discerner en tant qu'institution le charisme, la sainteté et la fidélité à l'Evangile d'une oeuvre. Quand cette oeuvre est un institut de vie consacrée, l'Eglise dispose d'une longue expérience afin d'aider, d'orienter, de structurer l'oeuvre qui aura la responsabilité d'accueillir des personnes cherchant un chemin de sanctification et de consécration à Dieu. Les grands ordres classiques ( Augustins, Dominicains, Franciscains, etc) ont été bâtis sur la base de la sainteté de leurs fondateurs. Cette sainteté pourrait être en quelque sorte autonome vis-à-vis de la fondation d'oeuvre que Dieu les a amenés à accomplir. C'est le cas par exemple de Saint Jean d'Avila, qui sera proclamé Docteur de l'Eglise, et dont les oeuvres multiples ne se fédérèrent pas en un ordre particulier mais se rattachèrent à une multitude de réalité d'Eglise. Il tenta de " donner" ses oeuvres ( collèges, universités, etc...) aux Jésuites, mais cela n'aboutit pas et chaque oeuvre eut son destin autonome dans l'Eglise. Ainsi, la sainteté n'est pas toujours en vue des " fondations". Thérèse de Lisieux et le bienheureux Charles de Foucault en sont de bons exemples, qui ne fondèrent pas de congrégation ou d'ordre de leur vivant. 

Un fondateur n'est pas toujours un saint.

L'histoire de l'Eglise montre aussi l'existence d'oeuvres, de fondations, et même de congrégations, dont le ou les fondateurs ne sont pas des saints canonisés et dont les procès de canonisations "traînent" depuis des années...

Autre cas de figure, les fondateurs non canonisés...dont l'oeuvre est acceptée par l'Eglise après vérification et après beaucoup de temps. C'est que le charisme de fondation, comme tout charisme, n'est pas un label de sainteté, mais un appel à la sainteté pour celui qui reçoit ce charisme. Cet appel n'est pas " sanctification automatique", le fondateur étant lui aussi un être pécheur, faut-il le rappeler? Sa liberté reste entière. Son oeuvre peut être reprise à a génération suivante par d'autres, qui lui font porter ses fruits, sans pour autant que le fondateur soit "disgrâcié", simplement il n'est pas un saint retenu par l'Eglise pour devenir modèle universel de sainteté. L'exemple du Cardinal Lavigerie est interessant à ce titre qu'il s'agit d'un " saint homme", mais pas d'un saint tout court, et que l'histoire des pères blancs montre l'importance des successeurs dans la consolidation de l'oeuvre. 
C'est à l'époque de la famine de 1867, qui laisse un grand nombre d'orphelins dans la région côtière de l'Algérie, que Mgr Charles Lavigerie, est nommè évêque d'Alger. Le 6 juin 1868, Pie IX le nomme préfet apostolique du Sahara-Sopudan. Mgr Charles Lavigerie fonde sa Société des Missionnaires d’Afrique, avec son noviciat à Alger, pour instruire et catéchiser les enfants (création de villages chrétiens) dans un premier temps, et dans un second temps d'évangéliser les populations du Sahara et d'Afrique centrale (1868)1. Lors de la révolte de Kabylie de 1870-1871, la société traverse une crise et tous les séminaristes la quittent. Elle se reconstitue en 1871, lorsque le séminaire ouvre à nouveau ses portes à Maison-Carrée, sous la direction du jésuite François-Joseph Desbillons. Par la suite, le supérieur général résidait à Maison-Carrée et le noviciat se trouvait à Tunis2. La société va se développer rapidement (le premier chapitre général a lieu en 1874). Ses constitutions sont acceptées en 1879 et approuvées définitivement par Rome en 1908. La société devient, jusqu'après la Seconde Guerre mondiale, l'une des sociétés missionnaires francophones des plus célèbres, souvent évoquée dans la littérature ou le cinéma de l'époque3. Le costume religieux des pères consiste normalement en une soutane blanche ou gandoura avec un burnous blanc, un rosaire et une croix autour du cou.
C'est à l'époque de la famine de 1867, qui laisse un grand nombre d'orphelins dans la région côtière de l'Algérie, que Mgr Charles Lavigerie, est nommè évêque d'Alger. Le 6 juin 1868, Pie IX le nomme préfet apostolique du Sahara-Sopudan. Mgr Charles Lavigerie fonde sa Société des Missionnaires d’Afrique, avec son noviciat à Alger, pour instruire et catéchiser les enfants (création de villages chrétiens) dans un premier temps, et dans un second temps d'évangéliser les populations du Sahara et d'Afrique centrale (1868)1. Lors de la révolte de Kabylie de 1870-1871, la société traverse une crise et tous les séminaristes la quittent. Elle se reconstitue en 1871, lorsque le séminaire ouvre à nouveau ses portes à Maison-Carrée, sous la direction du jésuite François-Joseph Desbillons. Par la suite, le supérieur général résidait à Maison-Carrée et le noviciat se trouvait à Tunis2. La société va se développer rapidement (le premier chapitre général a lieu en 1874). Ses constitutions sont acceptées en 1879 et approuvées définitivement par Rome en 1908. La société devient, jusqu'après la Seconde Guerre mondiale, l'une des sociétés missionnaires francophones des plus célèbres, souvent évoquée dans la littérature ou le cinéma de l'époque3. Le costume religieux des pères consiste normalement en une soutane blanche ou gandoura avec un burnous blanc, un rosaire et une croix autour du cou.

Un charisme de fondation doit être discerné par l'Eglise : authenticité ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des tribulations !

Si on confond charisme et sainteté sans discernement, on court le risque de faire dévier un charisme authentique vers le " star systeme", la secte, l'entreprise marketing toute humaine, un peu de tout cela par étape ou en même temps. C'est là que se forge la véritable sainteté et sanctification du ou des fondateurs, qui, s'ils sont d'Eglise, auront alors recourt à la protection et à l'expérience de l'Eglise dans ce domaine. Aucun fondateur n'est invulnérable aux erreurs, aux tentations, aux dérives de son propre chef ou du chef de ses collaborateurs. Pour conserver l'authenticité du charisme, la sainteté ( et la sanctification par les épreuves) sera un pilier de fondation. Mais il arrive même que la fondation ne réussisse pas, tout en permettant la sanctification, qui est le but premier de Dieu toujours. Ou encore, une oeuvre peut perdre son caractère chrétien alors que son fondateur a été canonisé. Somme toute, absolument tous les cas de figures sont possibles. L'authenticité de la sainteté d'un fondateur répond à des critères précis, ( héroïcité des vertus, foi, charité, espérance), la fondation en elle-même n'est pas une " personne" et ne peut être " canonisée", sa pérénnité dépend de son adéquation à ce que demande l'Eglise d'une part, et à sa vitalité profonde d'autre part, c'est-à-dire le développement du charisme propre et sa capacité à rester " branché" sur l'Evangile. Libermann( voir photo) refonda l'oeuvre des Pères du Saint Esprit, retrouvant le charisme originel et y ajoutant une nouvelle profondeur. Dans cette oeuvre se trouvent des fondateurs canonisés, qui fondèrent en dehors des Spiritains ( comme le bienheureux Daniel Brottier, spiritain fondateur des Apprentis orphelins d'Auteuil), alors que les deux fondateurs des Spiritains ne sont pas canonisés eux-mêmes...
On considère généralement que la Congrégation du Saint-Esprit a eu deux fondateurs, à 140 ans de distance : En 1703 - Claude Poullart des Places, (1679-1709) jeune aristocrate breton, ordonné prêtre après avoir renoncé à une carrière au Parlement de Rennes, regroupe des étudiants pauvres désireux d’être prêtres et de servir dans des paroisses pauvres. Ainsi naissent la Société et le séminaire du Saint-Esprit. À partir de 1816, le séminaire est également chargé de fournir le clergé de toutes les colonies françaises. en 1841 (Jacob devenu) François Libermann, juif et fils du rabbin de Saverne, converti au catholicisme, fonde la Société du Saint-Cœur de Marie. Son but est l’apostolat auprès des Noirs d’Afrique et auprès des Esclaves devenus libres dans les Îles de Saint-Domingue (Haïti) et de Bourbon (La Réunion). En 1848 La Société fondée par Libermann regorge de vocations mais n’a pas de statut juridique précis. Celle de Poullart des Places existe officiellement mais est à bout de souffle. Or, les buts des deux Congrégations sont très voisins. Les membres de la Société du Saint-Cœur de Marie entrent dans la Congrégation du Saint-Esprit qui devient ainsi l’héritière d’une double tradition, riche des intuitions communes de ses deux fondateurs.
On considère généralement que la Congrégation du Saint-Esprit a eu deux fondateurs, à 140 ans de distance : En 1703 - Claude Poullart des Places, (1679-1709) jeune aristocrate breton, ordonné prêtre après avoir renoncé à une carrière au Parlement de Rennes, regroupe des étudiants pauvres désireux d’être prêtres et de servir dans des paroisses pauvres. Ainsi naissent la Société et le séminaire du Saint-Esprit. À partir de 1816, le séminaire est également chargé de fournir le clergé de toutes les colonies françaises. en 1841 (Jacob devenu) François Libermann, juif et fils du rabbin de Saverne, converti au catholicisme, fonde la Société du Saint-Cœur de Marie. Son but est l’apostolat auprès des Noirs d’Afrique et auprès des Esclaves devenus libres dans les Îles de Saint-Domingue (Haïti) et de Bourbon (La Réunion). En 1848 La Société fondée par Libermann regorge de vocations mais n’a pas de statut juridique précis. Celle de Poullart des Places existe officiellement mais est à bout de souffle. Or, les buts des deux Congrégations sont très voisins. Les membres de la Société du Saint-Cœur de Marie entrent dans la Congrégation du Saint-Esprit qui devient ainsi l’héritière d’une double tradition, riche des intuitions communes de ses deux fondateurs.

Gare au fondateur fou!

Il existe des fondateurs d'oeuvre en apparence ecclésiale, en apparence seulement...notre époque restera dans l'histoire pour s'être affrontée au plagiat d'oeuvres ne reposant pas sur la sainteté du fondateur, sur l'authenticité du charisme, mais sur le plagiat d'une structure ecclésiale comprise comme un marketing spirituel. Un fondateur mégalomane, mais intelligent, peut utiliser la bonne foi des chrétiens et des fidèles si les " garde-fous" ecclésiaux ne sont pas respectés dans leur ensemble et leur cohérence. Nous en mettons une liste ci-dessous :
- Conformité à l'Evangile et au Magistère.
- Primauté de la vie sacramentelle.
- Respect de la séparation des fors interne et externe.
- Séparation des pouvoirs financier et spirituel.
- Obéissance à l'évêque du lieu, non utilisation du système des évêques protecteurs au détriment de l'autorité légitime ecclésiale.
- Connaissance et respect du droit canon.
- Transparence du mode de vie des fondateurs en cohérence avec leur état de vie, leur consécration, leur discours propre.
- Vérification du charisme de l'oeuvre par l'Eglise et non confusion avec les modèles de marketing modernes qui ne s'enracinent pas dans l'Evangile mais dans une efficacité qui n'est pas théologale. Foi, charité et espérance, ont une efficacité prouvée et éprouvée, qui brille moins que celle du monde des affaires, mais est bien plus fiable et rayonnante.

Les petits et grands travers des fondateurs pas fous...mais corruptibles.

Une vocation dans une oeuvre d'Eglise, une congrégation, un institut, demande de ne pas faire de " culte de la personnalité" du fondateur, même s'il est canonisable, car la sainteté est à l'inverse du culte de la personnalité, elle est un moyen, et non un but, qui permet de rendre gloire à Dieu dans ses Saints.

Ainsi, les instituts où l'on vénère le fondateur ou la fondatrice dans la structure même de l'oeuvre ( anniversaire du fondateur fêté aux quatre coins de la planète, fêtes toutes en relation avec les fondateurs et la fondation, " fêtes liturgiques parallèles" dont le sens rattache plus à la Fondation qu'à de la liturgie de l'Eglise, photos des fondateurs en évidence partout, mode de vie non conforme à l'Evangile et confondu avec la mission, comme les voyages en première classe, les bonnes affaires autour des conventions, des publications diverses, etc)...Tout cela amène à la conversion des fondateurs et fondatrices qui ne seraient pas encore totalement sanctifiés, et ne manqueront pas de l'être par les épreuves et leur union véritable à Dieu. Les " faussaires", eux, seront démasqués par la vigilance sur les points évoqués plus haut. Plagier la sainteté est possible quand les fidèles ne sont pas avertis et correctement formés, mais face à des fidèles formés, le plagiaire n'a plus aucune chance.

Peut-on parler de la sainteté d'une oeuvre ?

Bernard de Clairveaux, s'opposant à Cluny et critiquant l'attrait des moines pour le pouvoir et l'argent, il fonda un nouvel ordre monastique qui revenait à la source de la règle de Saint Benoît.
Bernard de Clairveaux, s'opposant à Cluny et critiquant l'attrait des moines pour le pouvoir et l'argent, il fonda un nouvel ordre monastique qui revenait à la source de la règle de Saint Benoît.
L'histoire de l'Eglise permet de relativiser : Dieu a plus d'une miséricorde dans son sac. Il arrive qu'un fondateur ne soit jamais canonisé, et que ses successeurs, et en particulier les réformateurs de son oeuvre, le soient. Il arrive qu'une oeuvre comprenant des dizaines de saints, s'arrête définitivement, ce fut le cas de Cluny, dont le glas spirituel sonna au moment où un saint, Bernard de Clairveaux, entreprit une réforme extérieure à cet ordre devenu décadent et fonda une autre oeuvre qui prit le relais d'une vie de sanctification réelle. Ainsi, on voit qu'une oeuvre peut décliner ou perdre son élan des origines ( le " charisme"), le retrouver, donner naissance à une autre oeuvre...en réalité, une oeuvre est " de Dieu" lorsqu'elle favorise la sanctification de ses membres, mais on ne peut pas " canoniser" une oeuvre. Seules les personnes, les âmes, sont appelées à se sanctifier, le reste est de l'ordre des moyens.

Les oeuvres, les fondations, les congrégations, ne vont pas au ciel...

 Ainsi, des saints passent par l'échec de plusieurs oeuvres ( Sainte Marguerite Bourgeoys, par exemple, échoua un bon nombre de fois), d'autres réussissent...pour un temps, et ne se sanctifient pas. Enfin, d'autres sont canonisés par l'Eglise sans que leur oeuvre " matérielle" ( congrégation) ne subsiste. La canonisation ratifie et donne en exemple à toute l'Eglise l'ouverture sur l'Amour divin dans une vie, au-delà des réussites et des fondations, des écrits, etc. 

Mystification et humiliation: attachement à Dieu ou à l'illusion forgée par un faussaire?

Thérèse de Lisieux dans le rôle de Jeanne d'Arc, Photo prise pour les " récréations" du Carmel et qui valut à la sainte une cruelle humiliation.
Thérèse de Lisieux dans le rôle de Jeanne d'Arc, Photo prise pour les " récréations" du Carmel et qui valut à la sainte une cruelle humiliation.
Lorsqu'un faux fondateur réussit à mystifier toute une équipe enthousiaste qui espérait avoir rencontré un saint, avoir touché et vu l'oeuvre de Dieu, il se produit une purification et une épreuve intense. Attachement à Dieu, où à une illusion? Amour de l'humilité, ou de la gloire humaine trompeuse? La perte de confiance produite par la mystification peut être une épreuve terrible : Thérèse de Lisieux l'a connue, elle qui  sans savoir à qui elle avait affaire accepta que soit projetée sa photo ( dans l'habit de Jeanne d'Arc!) lors des conférences d'un faux converti franc-maçon, lequel mystifia tous les évêques, journalistes et bons chrétiens de son époque pendant 10 ans. On a dit que cette épreuve fut le déclencheur de la nuit de la foi de Thérèse, laquelle reçut à la fois l'impact de l'humiliation, qui fut cuisante mais qui n'était pas grand chose pour elle, et surtout l'impact de l'horreur de l'utilisation de Dieu pour la tromperie et le blasphème de son Amour Miséricordieux. Cela contribua à ce que Thérèse " s'assoie à la table des pécheurs" et aussi à forger l'abandon à la Miséricorde divine et la sainteté de la future Docteur de l'Eglise. Il en jaillit finalement une confiance en Dieu victorieuse de toute épreuve et se répandant sur toute l'Eglise. De la victime d'une humiliation et d'une tromperie, Dieu peut faire une merveille de confiance en Lui seul.

Plus profonde encore est la disposition de la divine Miséricorde à se donner même à celui dont elle sait le mésusage qu'il fera de ses dons. Ainsi, Jésus savait que Judas allait le trahir, cela n'a pas empêché la Miséricorde de donner à Judas les mêmes dons qu'aux autres apôtres, le même amour et la même possibilité de conversion et de pardon total. Quel apôtre vénéré par l'Eglise serait devenu Judas s'il était revenu comme Pierre! La trahison de Judas n'affecte en rien la Miséricorde toujours offerte de Jésus, c'est le mystère de la liberté humaine et de sa réponse à l'amour.

Il existe un autre pilier de sainteté d'une oeuvre que le ou les fondateurs : les simples fidèles.

Une oeuvre est bonne ou sainte en général si le fondateur qui transmet le charisme particulier le garantit aussi par sa propre sainteté. L'histoire de l'Eglise est remplie de ces saints fondateurs aussi. Elle est remplie aussi, lorsque le charisme s'étiole, de saints réformateurs. Elle est remplie aussi de simples fidèles qui se seront sanctifiés par les moyens de l'Eglise dans des oeuvres naissantes, en crise, mourantes...En particulier si l'Oeuvre en crise reste irriguée par les sacrements, sources de toute sanctification, et si les simples fidèles sont justement...fidèles!

C'est ainsi que des oeuvres peuvent être réformées directement par l'Eglise en cas de défaillance des fondateurs ou de supercherie, car il peut se trouver une immense majorité de " saints lambdas" qui eux, ont suivi le Christ, et ne sont pas attachés à l'illusion ou au travestissement de la foi, mais au Christ qu'ils ont cherché en vérité. Ceux-là se rétabliront toujours dans l'Eglise, et pour ceux-là, l'Eglise ne dissout pas les oeuvres dites " mélangées" d'esprit du monde, avant d'avoir récupéré ses enfants fidèles.

Parfois, le nombre et la pureté d'intention des victimes de supercherie ( secte, fausses apparitions, fondateurs indignes, etc) permet de sauvegarder jusqu'à la structure générale d'une oeuvre, en éliminant ce qui dans l'esprit a été faussé. Entre réforme et dissolution, le choix dépendra d'une véritable " re-fondation" possible, à partir de la vérité toute entière et de l'écoute des victimes. Qui sait si Dieu ne fait pas surgir alors des remèdes imprévus...Pleine liberté est alors laissée à chacun de choisir de quitter une oeuvre pour une autre, en conscience et en vérité, selon le diagnostic posé et l'appel réel de chacun. Ce que l'intention droite des victimes cherchait en vain dans une oeuvre faussée subsiste toujours dans l'Eglise universelle. Le grand piège de la perte de confiance est de laisser au mensonge la victoire sur des victimes désespérant de trouver la Vérité. La Victoire appartient alors à la Croix et à Celui qui sait le fond des coeurs et rétablit la Vérité, quel que soit le temps nécessaire pour cela. N'oublions pas que si une oeuvre repose sur la sainteté de ses membres, les saints canonisés, disait Thérèse de Lisieux, ne sont pas les plus grands, mais seulement ceux que l'Eglise propose en modèle, certains saints anonymes seront plus grands au ciel et ne se découvriront qu'au ciel. Pour ces saints anonymes, Dieu ne détruit pas les oeuvres dont les fondateurs ne sont pas les saints qu'ils auraient dû.

Vocation...à suivre le Christ.

Une vocation est donc avant tout et toujours une vocation à suivre le Christ et à s'en remettre à son Eglise, en gardant malgré les péchés, les épreuves, une confiance qui ne peut naître que dans l'union renouvellée au Christ, en particulier au travers de l'Eucharistie et des sacrements, source et lieu de toute vocation authentique. Qui a la foi, la charité et l'espérance, appuyé sur les gestes du Christ que sont les Sacrements, et sur l'Eglise, est assuré de la grâce pour surmonter les obstacles et faire Sa Volonté dans l'oeuvre que Lui a voulu dans son plan d'amour sur chacun. 

Lundi 31 Octobre 2011
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