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9) Marie, Mère de Dieu, 8eme jour de la Création, Resurrection


 

 

 

Le Jour du Seigneur : Vie nouvelle et résurrection

Marie, Mère de la vie nouvelle reçue au baptême

Livre de la Genèse : 2, 3-4 « Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car il s’était reposé après tout son travail de création. Telle fut la genèse du ciel et de la terre, quand ils furent créés. »

Le mystère du huitième jour

Il n’ y a pas de huitième jour dans le récit de création que nous venons de citer, au terme de ce septième jour qui représente la fin et l’achèvement complet de toute l’œuvre de Dieu. On pourrait penser que la Bible s’arrête là. De fait, tout le projet de Dieu est énoncé. Et chaque jour, Dieu a déclaré bonne son œuvre de création, à l’exception cependant du second jour, que l’homme doit faire bon lui-même. Quant au sixième jour, non seulement Dieu le voit bon, mais plus encore il le considère comme son chef d’œuvre en le reconnaissant très bon ! Pourquoi n’y a-t-il donc pas de huitième jour mentionné, alors que nous avons ordonné toute cette prédication en ce sens ? Devons-nous nous arrêter là et vous laisser repartir sans rien vous dire ? Eh bien, nous allons quand même honorer notre contrat et parler d’un huitième jour.

Où trouvons-nous sa trace ? Dans la Bible, bien sûr ! Mais avant d’aller la chercher, nous allons faire référence à une curiosité artistique et liturgique inscrite dans la pierre de nos églises. Peut-être avez-vous déjà eu l’occasion d’assister à un baptême. Si c’est le cas, vous aurez peut-être eu également la chance de le faire autour de fonts baptismaux sculptés en forme octogonale. Et si vous avez été curieux de le constater, alors vous aurez pu poser la question au prêtre, et il vous aura répondu que le baptême est toujours célébré en référence à la résurrection, le huitième jour, ou le premier jour de la nouvelle semaine (Jn. 20, 1). La mention du huitième jour indique l’entrée dans une nouvelle semaine, c’est-à-dire, pour nous qui venons de suivre une semaine entière de création, une nouvelle création. Le baptême introduit tout homme dans la nouvelle création. Mais nous posons alors la question : pourquoi y a-t-il une nouvelle création ? Tout simplement parce que, si le Seigneur a tout achevé de son côté en sept jours, de notre côté, nous avons abîmé cette création que Dieu nous avait confiée. Et s’il n’y avait pas eu ce drame d’une liberté mal orientée, le Seigneur n’aurait pas eu à recourir à cette nouvelle création inaugurée par le Christ ressuscité. Ainsi donc, si le livre biblique ne s’arrête pas au septième jour, c’est parce que l’homme n’a pas su demeurer dans la bénédiction du Seigneur. Toute l’Histoire Sainte ainsi rapportée dans les Ecritures raconte en effet le long et patient travail que Dieu opère pour ramener l’homme vers lui, comme le berger parti à la recherche de sa brebis égarée. Et s’il y eut une première création, signifiée par le passage du néant à l’existence, une nouvelle création est désormais à l’œuvre, et c’est le passage de la mort, occasionnée par le péché, à la vie de la grâce.

Avant d’aller plus loin, terminons notre enquête relative au huitième jour tel qu’il se trouve mentionné dans les textes bibliques. Le livre du Lévitique, un des moins passionnants parce qu’il contient toutes sortes de prescriptions liturgiques et d’indications sur le rituel des fêtes en Israël, nous apporte cependant un éclairage précieux sur les événements cultuels célébrés lors du huitième jour. Tout d’abord, on rappelle que c’est le 8ème jour après leur investiture que les prêtres du Temple, Aaron, ses fils et ses descendants, peuvent exercer leur ministère en offrant les sacrifices prescrits. (Lv. 9, 1). Puis, c’est encore au 8ème jour après sa naissance que l’on circoncit l’enfant mâle (Lv. 12, 3). Et nous trouvons encore d’autres mentions, dont la célébration de la fête des Tentes, rappelant la pérégrination d’Israël dans le désert. Au terme de cette fête, une convocation sacrée a lieu le 8ème jour, pendant lequel aucun travail ne doit être effectué (Lv. 23, 36). Pour terminer ce repérage dans l’Ancien Testament, on se souviendra de la grande solennité célébrée au jour de la dédicace du Temple de Jérusalem en présence du roi Salomon : « Le 8ème jour eut lieu une cérémonie de propitiation pour avoir dédié l’autel pendant sept jours » (2Chr. 7, 9). Le sens que l’on peut extraire de ces différents textes se trouve parfaitement attesté par la façon de faire de Néhémie au temps de la reconstruction du Temple, après le retour d’Exil (Né. 8, 18). Néhémie instaure à nouveau la pratique cultuelle, suite à une longue période de chaos. Il donne au peuple l’accès à la présence de Dieu, en solennisant les signes de son élection divine. Le 8ème jour garde donc cette signification de retour en grâce auprès de Dieu.

Le huitième jour dans le nouveau Testament

Dans le Nouveau Testament, le 8ème jour est évoqué à trois reprises par saint Luc ; deux fois pour évoquer la circoncision de Jean Baptiste et de Jésus (Lc. 1, 59 et 2, 21), et une fois à propos de la fête des Tentes correspondant à l’événement de la Transfiguration (Lc. 9, 28). Quant à saint Jean, il utilise l’expression pour désigner le jour de la 2ème apparition de Jésus ressuscité à ses apôtres, quand Thomas est présent (Jn. 20, 26) . C’est le récit évangélique lu à la messe du dimanche de la Miséricorde. Nous percevons la même tonalité de sens que pour l’Ancien Testament, à savoir le retour en grâce auprès de Dieu, réalisée cette fois par la mort et la résurrection de Jésus. Nous sommes bien réintroduits dans le monde nouveau de la grâce, il s’agit d’une nouvelle création. Saint Jean avait déjà laissé pressentir une telle signification en citant à plusieurs reprises le lieu où l’on avait déposé le corps de Jésus : un tombeau tout neuf dans un jardin (Jn. 19, 41). Ce jardin rappelle en effet le premier jardin où Dieu avait mis Adam pour qu’il apprenne à garder et à pratiquer les commandements (Gn. 2, 8). D’où la méprise de Marie Madeleine à propos de Jésus ressuscité, qu’elle prend pour le jardinier. Le jardinier, c’était Adam ; mais désormais, c’est le nouvel Adam qu’il faut chercher. Marie Madeleine fait erreur, car elle reste dans l’ancienne création, tandis que Jésus a fait entrer le monde dans la nouvelle création. Comme le dit saint Paul « Désormais, nous ne connaissons plus personne selon la chair - i.e. la réalité corruptible de ce monde – Même si nous avons connu le Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus ainsi à présent. Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle ; l’être ancien a disparu, un être nouveau est là » (2ème Co. 5, 16-17).

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Marie-madeleine lisant la Bible.

Le Combat de la Vierge Marie pour la Nouvelle Création

Comment la Vierge Marie est-elle entrée dans le mystère de la nouvelle création ? Aucun passage biblique ne nous parle d’une rencontre de Jésus ressuscité avec sa mère alors que de nombreux textes évoquent les apparitions du Seigneur ressuscité à ses disciples, tant aux apôtres qu’aux saintes femmes. Etrangement, Marie est mentionnée au pied de la Croix, mais en aucune façon près du Christ ressuscité. Quelle est la signification de ce silence ? Est-il intentionnel ? Les seules mentions de la Vierge Marie, après la résurrection, sont sa présence auprès des apôtres avant la Pentecôte, et, de façon beaucoup plus symbolique, le signe de la Femme dans le ciel, revêtue de la gloire du soleil. C’est le grand signe, donné par le livre de l’Apocalypse, désignant à la fois l’Eglise et Marie, dans le mystère de l’enfantement du Christ et de tous ses disciples en proie à la persécution, représentée par le Dragon rouge-feu, posté en attente et prêt à dévorer l’enfant aussitôt né (Ap.12, 1-6). On peut dire qu’il s’agit de l’ultime combat mené par la Vierge Marie au sein de l’Eglise, en attendant la venue glorieuse du Christ.

La suite du texte valide parfaitement cette interprétation, puisque l’on raconte le grand combat livré par Michel et ses anges contre le fameux Dragon. Marie y prend part pleinement à sa manière. Mais de quelle manière ? A la manière d’une femme victorieuse de l’antique adversaire, comme l’avait annoncé le Seigneur au serpent : « Je mettrai une hostilité entre toi et la Femme, entre ta descendance et la sienne » (Gn. 3, 15). Et Marie combat vaillamment, à la manière de ses ancêtres remarquables : Judith, Esther, ou de ses enfants, Jeanne d’Arc, Bernadette ou Thérèse de Lisieux. Ne continue-t-elle pas de combattre avec nous aujourd’hui en nous invitant à prier pour les familles, pour l’unité de l’Eglise, pour le respect de la vie, pour l’éducation des enfants et l’évangélisation des jeunes générations, pour l’attention aux plus pauvres et la guérison des malades ? Nous devons rendre grâce au Seigneur pour cette sollicitude si attentive de notre Mère du Ciel, qui ne cesse de nous visiter ici ou ailleurs, demandant si souvent aux enfants de prier pour la paix. Mais pourquoi Marie est-elle si puissante et si maternellle ? Je voudrais vous aider à poser votre regard intérieur sur les deux mystères principaux qui établissent notre foi chrétienne dans une juste dévotion mariale. Il s’agit de la médiation maternelle de la Vierge Marie, qui ne peut se comprendre et se vivre sans l’autre médiation qui la fonde, celle du Christ ressuscité.

La Médiation Mariale

Commençons par évoquer la médiation mariale. Nous aimons tous nous tourner vers Marie, parce que nous pressentons en elle une aptitude à nous accueillir et à nous comprendre, propre à sa proximité maternelle. Mais si cela est parfaitement vrai et juste, nous devons aussi aller plus loin, car la dévotion mariale ne se limite pas à une sorte de sentimentalisme pieux. D’ailleurs, ses combats spirituels, autant que nous aurons su les présenter, nous la montrent comme une femme vaillante et guerrière, plutôt que comme une madone doucereuse. En fait, dans le respect d’une véritable intelligence de la foi, nous devons toujours considérer ensemble, chez Marie, le mystère de sa maternité divine et de sa conception immaculée. Marie est Mère de Dieu parce qu’elle est pleine de la grâce, et elle est préservée du péché originel pour concevoir et enfanter le Verbe de Dieu. Dans sa formulation théologique, la définition du dogme de l’Immaculée Conception promulgué le 8 décembre 1854 par Pie IX, établit une telle synthèse entre les deux vérités.

A Bernadette de Lourdes, 4 ans plus tard, Marie se présente sous ce nom. Et saint Maximilien Kolbe l’exprimera en disant : « Elle était Immaculée parce qu’elle devait être Mère de Dieu ; et elle devient Mère de Dieu, parce qu’elle était Immaculée » (Entretiens spirituels inédits ; 26/9/33). Il explique plus tard le fruit de cette réflexion : « L’union entre l’Immaculée et l’Esprit Saint est si inexprimable mais si parfaite que le Saint Esprit agit uniquement par l’Immaculée, son Epouse. D’où elle est la Médiatrice de toutes les grâces du Saint Esprit. Et du fait que chaque grâce est le don de Dieu le Père par le Fils et le Saint Esprit, il s’ensuit qu’il n’y a pas de grâces qui ne soient la propriété de l’Immaculée, qui ne lui soient données pour qu’elle en dispose librement » (Id. 28/7/35). Ce qui lui permet d’affirmer, 6 mois avant sa mort dans le camp d’Auschwitz : « L’Immaculée, parce qu’elle est sans tache, est entièrement remplie de la grâce divine et elle est vraiment la Médiatrice de toutes les grâces pour toutes les âmes » (Id. 1/12/40).

D’une certaine manière, osons-nous dire, Marie façonne mystérieusement en son sein maternel chaque âme à la ressemblance de son fils Jésus. Elle est cette ‘Conception Immaculée’ où l’Esprit Saint réalise en chacun de nous l’œuvre de la filiation divine. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, prêtre français du début du 18ème siècle et grand missionnaire de la Bretagne et de la Vendée, avait déjà élaboré une semblable réflexion. Nous en trouvons l’écho dans cette prière où il contemple le Christ engendré dans le sein du Père et conçu dans le sein de la Vierge : « O Sagesse éternelle et incarnée ! […] Je vous adore profondément dans le sein et les splendeurs de votre Père, pendant l’éternité, et dans le sein virginal de Marie votre très digne Mère, dans le temps de votre incarnation » (Le Secret de Marie). Selon la pensée de ces auteurs spirituels qui sont autant de missionnaires, la Vierge Marie représente en sa personne la médiation de l’Eglise, qui nous donne accès à la grâce.

Marie nous réintroduit dans la divine bienveillance paternelle

Sauvés, nous le sommes depuis toute éternité dans le projet d’amour du Père, qui ne peut connaître l’échec. Mais pour que nous puissions répondre personnellement à cette invitation du Salut, il convient que nous puissions poser un acte venant de notre détermination libre. L’expression de cet acte passe inévitablement par des gestes sensibles, institués par le Christ et confiés à son Eglise, afin qu’elle puisse les célébrer au bénéfice de tout croyant. Et dans cette perspective, la Vierge Marie est le prototype de la sacramentalité de l’Eglise, puisqu’en elle se réalise la manifestation visible du Salut par la conception et la mise au monde du Sauveur. Marie, en sa personne, réintroduit mystérieusement chacun de nous dans la divine bienveillance paternelle. Si nous sommes enfants d’Eve blessés par le péché, c’est-à-dire, si nous portons en nous la peur et la culpabilité originelles héritées de nos premiers parents, alors nous les transmettons malgré nous à nos enfants. Tandis que nous sommes façonnés, selon la chair, dans un sein maternel blessé par la peur originelle, par Marie, nous sommes replongés dans un sein maternel immaculé pour avoir accès à la connaissance de l’amour du Père. Saint Paul nous le redit « Si, par la faute d‘un seul, la multitude est morte, combien plus la grâce de Dieu et le don conféré par la grâce d’un seul homme, Jésus Christ, se sont-ils répandus à profusion sur la multitude. […] Nous avons donc été ensevelis avec le Christ par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » (Ro. 5, 15 et 6, 4).

Femme, voici ton Fils

Le grand combat spirituel de Marie, son ultime et véritable combat, sera d’accueillir ce mystère qui la situe entre la plénitude de la grâce, où elle est établie, et la misère du péché où nous nous trouvons, nous ses enfants. Elle en a bien compris l’enjeu, quand, au pied de la Croix, Jésus lui a demandé de devenir notre mère : « Femme, voici ton fils » (Jn 19, 26). Et c’est bien ce que nous avons compris, puisque nous répétons inlassablement dans notre prière : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs ». Marie est la Mère du Christ, qui est Dieu, égal de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu, selon la génération divine et non pas selon la génération créée, et elle est la mère des pécheurs, non pas selon la génération charnelle, mais selon l’adoption spirituelle. Elle est la Mère du seul homme juste et saint, l’innocent par excellence, et la mère de ceux qui l’ont fait périr cruellement. Comment dans son cœur peuvent se concilier ces deux réalités ?

Tout homme vient en ce monde accueilli par un père et une mère. Les références fondamentales et nécessaires de son humanité sont la paternité et la maternité. Sans cette différence et cette distinction, il ne peut advenir à sa véritable condition humaine. Nous devons continuer d’affirmer, sans avoir peur, le danger représenté par la revendication de l’homoparentalité, car il est absolument constitutif, pour tout être humain, de naître et de grandir au sein d’une famille constituée par l’union stable d’un homme et d’une femme. Dans notre foi, Marie réalise cette dimension maternelle de la croissance humaine et spirituelle. La dimension paternelle est réalisée par l’expression de la parole. La qualité du père ne réside pas dans la proximité charnelle avec l’enfant, mais dans l’expression de la parole qui lui ouvre le monde et lui révèle ses mystères. Le père est celui qui ouvre un chemin à l’enfant pour le faire entrer dans un monde nouveau, comme le Christ se révèle à ses disciples : chemin, vérité et vie. Jésus proclame avec puissance la parole de Dieu qui est à l’œuvre dans ce monde : « Quelle parole ! Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs et ils sortent ! » s’exclament les auditeurs témoins des prodiges qui s’opèrent par lui (Lc. 4, 36). C’est à ses apôtres qu’il remettra la charge de continuer ce ministère de la parole, afin de faire émerger de ce monde le Royaume de Dieu : « Je leur ai donné ta parole et le monde les a pris en haine, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » dit-il à son Père lors de sa prière après avoir leur avoir lavé les pieds. « Consacre-les dans la vérité : ta parole est vérité » (Jn. 17 , 14-17).

Dévotion Mariale et Ecoute de la Parole

Annonciation, Marie médite la Parole

L’Eglise vit de ces deux mystères conjoints, la prédication de la Parole divine et sa réception dans les cœurs. Notre dévotion mariale nous invite donc à revenir sans cesse à l’écoute de cette Parole, car c’est par elle que nous sommes enfantés à la vie divine : « Le Père des lumières, de qui tout don parfait vient d’en haut, et chez qui n’existe aucun changement, ni l’ombre d’une variation, a voulu nous enfanter par une parole de vérité pour que nous soyons les prémices de ses créatures » explique saint Jacques (Ja. 1, 17-18). De la sorte, on peut vraiment résumer tout le ministère du Christ à travers une prédication incessante du Royaume de Dieu, accompagnée de guérisons. Il en va de même pour les apôtres, à qui a été confiée cette prédication jusqu’aux confins du monde : « Allez par le monde entier, proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. […] Ils s’en allèrent prêcher en tout lieu, le Seigneur agissant avec eux et confirmant la Parole par les miracles qui l’accompagnaient » (Mc. 16, 15 et 20).

En Marie, nous reconnaissons aussi la puissance agissante de la Parole de Dieu, puisqu’elle est celle en qui, précisément , s’est réalisée la promesse de Dieu. Non seulement la Parole a pris chair en ses entrailles au premier moment de l’incarnation, mais encore elle a pris chair jusqu’au plus profond de son cœur au moment de la Croix, lorsqu’elle fut associée à la Passion de son fils. Pour Marie, le mystère de la résurrection va alors s’accomplir dans l’adhésion intime de tout son être à exprimer le pardon, en accueillant, comme ses enfants, les bourreaux de son fils, et en priant pour eux afin qu’ils bénéficient tous de la miséricorde du Père.

Marie a-t-elle vu le Christ ressuscité ? L’évangile ne nous le dit pas. Mais il nous dit qu’elle est restée au milieu de son peuple, qu’elle a assisté à la naissance de l’Eglise, qu’elle a présidé à la mission apostolique et qu’elle a soutenu dans sa prière fidèle la diffusion de l’évangile par toute la terre.

Nous lui demandons, à travers ce parcours de théologie mariale biblique basé sur les huit jours de la Création, de nous faire entrer plus profondément dans la méditation de la Parole, afin de renaître dans la Création Nouvelle qu’est l’Eglise du Christ.

P. Xavier Géron

RESUME 8

Le Jour du Seigneur : Vie nouvelle et résurrection

Marie, Mère de la vie nouvelle reçue au baptême

Livre de la Genèse : 2, 3-4 « Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, car il s’était reposé après tout son travail de création. Telles furent la genèse du ciel et de la terre, quand ils furent créés. »

Le huitième jour indique l’entrée dans une nouvelle semaine, c’est-à-dire, pour nous qui venons de suivre une semaine entière de création, une nouvelle création. Le baptême introduit tout homme dans la nouvelle création. Toute l’Histoire Sainte raconte le long et patient travail que Dieu opère pour ramener l’homme vers lui. S’il y a eu une première création, signifiée par le passage du néant à l’existence, une nouvelle création est désormais à l’œuvre, et c’est le passage de la mort, occasionnée par le péché, à la vie de la grâce.

Comment la Vierge Marie est-elle entrée dans le mystère de la nouvelle création ? Aucun passage biblique ne nous parle d’une rencontre de Jésus ressuscité avec sa mère alors que de nombreux textes évoquent les apparitions du Seigneur ressuscité à ses disciples, tant aux apôtres qu’aux saintes femmes de l’évangile. Par contre, le grand signe de la femme revêtue du soleil, dans le livre de l’Apocalypse, désigne Marie et l’Eglise qui enfantent le Christ et ses disciples.

Deux mystères principaux établissent notre foi chrétienne dans une juste dévotion mariale. Il s’agit de la médiation maternelle de la Vierge Marie qui ne peut se comprendre et se vivre sans l’autre médiation qui la fonde, celle du Christ ressuscité.

Dans le respect d’une véritable intelligence de la foi, nous devons toujours considérer ensemble, chez Marie, le mystère de sa maternité divine et de sa conception immaculée. Marie est Mère de Dieu parce qu’elle est pleine de la grâce, et elle est préservée du péché originel pour concevoir et enfanter le Verbe de Dieu. De plus, elle façonne mystérieusement en son sein maternel chaque âme à la ressemblance de son fils Jésus. Elle est cette ‘Conception Immaculée’ où l’Esprit Saint réalise en chacun de nous l’œuvre de la filiation divine.

C’est pourquoi l’Eglise vit de ces deux mystères conjoints : la prédication de la Parole de Dieu et sa réception dans les cœurs. Notre dévotion mariale nous invite donc à revenir sans cesse à l’écoute de cette Parole.

Marie a-t-elle vu le Christ ressuscité ? L’évangile ne nous le dit pas. Mais il nous dit qu’elle est restée au milieu de son peuple, qu’elle a assisté à la naissance de l’Eglise, qu’elle a présidé à la mission apostolique et qu’elle a soutenu dans sa prière fidèle la diffusion de l’évangile par toute la terre. Nous lui demandons de nous faire entrer plus profondément dans la méditation de la Parole afin de renaître dans la Nouvelle Création qu’est l’Eglise du Christ.

Crédit photo : cette image de la Visitation est située dans un cadre qui évoque le Jardin des origines, afin de souligner la Création Nouvelle qui s’opère par l’Esprit Saint dans le sein de Marie et se communique à Jean-Baptiste dans le sein d’Elisabeth.


Lundi 1 Mars 2010
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