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5) Marie, Mère de Dieu, 4eme jour de la Création: chasteté du coeur


 

Astres, soleil et lune : distance et opportunité La virginité de Marie et de Joseph est l’expression de l’Amour en sa perfection

Livre de la Genèse : 1, 14-19 « Et Dieu dit : que soient des luminaires sur le firmament des cieux pour séparer entre le jour et la nuit ; et ils furent des signes et des espaces pour les jours et pour les années. Et ils furent comme luminaires sur le firmament des cieux pour éclairer la terre ; et il en fut ainsi. Et Dieu fit les deux grands luminaires ; le grand luminaire pour gouverner le jour et le petit luminaire pour gouverner la nuit, puis les étoiles. Et Dieu leur donna, sur le firmament des cieux, d’éclairer la terre. Et de gouverner sur le jour et sur la nuit, et de séparer entre la lumière et les ténèbres ; et Dieu vit comme cela était bon. Et il y eut un soir et il y eut un matin, jour quatrième. »

La foi, une connaissance qui libère de forces obscures et inconnues

Dans ce jour quatrième, le Seigneur crée les luminaires : le grand pour éclairer le jour, c’est le soleil ; le petit pour éclairer la nuit, c’est la lune. Et puis encore les étoiles pour scintiller dans le ciel nocturne et dessiner les constellations. Autrefois, quand l’homme n’avait pas encore inventé la boussole ni l’horloge, ces repères établis dans le ciel étaient précieux pour compter le temps et orienter la marche. Abraham, notre père dans la foi, a longtemps marché vers le pays que Dieu lui avait promis. Depuis Ur en Chaldée, sa terre natale, jusqu’en Palestine vers l’Egypte et le pays des Amalécites, il suivit sa route en consultant les astres. De même, c’est en regardant les étoiles qu’il fut assuré par le Seigneur d’obtenir une descendance nombreuse, plus nombreuse encore que toutes les étoiles qu’il voyait.

Le soleil et la lune ont souvent été considérés dans l’antiquité comme des divinités. En effet leur mouvement circulaire et parfaitement régulier ainsi que la splendeur de leur éclat ne pouvaient que fasciner ceux qui les contemplaient comme des corps célestes animés d’une vie parfaite. Leur rotation circulaire témoignait d’une régularité semblable à l’éternité et l’incorruptibilité. Les Anciens avaient en outre reconnu leur puissance, qui s’exerçait sur les autres corps animés, tels le mouvement des marées et la croissance des végétaux. On pratiquait encore l’astrologie comme une science livrant la connaissance de l’avenir à partir de la position des astres à tel moment et à tel endroit, et l’influence qu’ils pouvaient ainsi exercer. Cette attraction pour la connaissance de l’avenir n’a d’ailleurs pas perdu de son importance aujourd’hui. Nombre de nos contemporains y recourent comme à une réponse à leurs interrogations angoissées. L’ignorance de Dieu, sinon sa négation, engendrent toute une série de comportements qui exposent l’homme moderne à des attitudes superstitieuses. Loin d’être une aliénation, la foi se révèle comme une connaissance qui libère l’homme de forces obscures et inconnues. Dieu se fait connaître aux hommes et leur montre son visage sous les traits de Jésus.

Regarder le Christ afin de lui devenir semblable

Le texte biblique de la création continue d’exposer le processus de formation de l’homme selon que Dieu lui propose de répondre à son projet : devenir son image. Comme le dit l’évangéliste Jean : « Voyez comme il est grand l’Amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous le sommes. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous sommes ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jn. 3, 1-2). Après avoir répondu à l’invitation de vivre en écoutant sa conscience, après avoir accueilli le don de la liberté pour accéder à la vie d’en haut et répondu à l’exigence de choix responsables, l’homme s’édifie à partir des repères du temps et de l’espace. Il s’agit de grandir à la ressemblance de Dieu et à son image inscrite en nous dès le premier moment de notre création. Comme l’enfant est bien un être humain tout entier dès le premier moment de sa conception, et qu’il doit développer tous les germes de son humanité déposés en lui par le processus de sa croissance et de son éducation, de même tout être humain est appelé à répondre à cette vocation divine inscrite en lui dès l’origine.

Pour cela, il convient de regarder le Christ afin de lui devenir semblable. Et en l’occurrence, c’est dans la méditation de la Parole de Dieu que nous découvrons peu à peu cette image. Elle se précise au fur et à mesure que nous progressons dans la lecture de ce récit des origines. Arrivés au jour quatrième, nous recevons de Dieu l’apprentissage à vivre dans le respect des justes distances et l’appréciation du moment opportun. Les astres comme tels nous donnent ces repères : par le rythme de leur course dans le ciel, ils ponctuent le temps et déterminent les saisons. Ils nous font aussi découvrir l’espace qui les relie les uns aux autres tout en les séparant pour dessiner la figure de leur constellation. Temps et espace, voilà deux données que la Bible nous rappelle comme incontournables dans notre chemin vers Dieu.

Visage et juste distance

Déjà, le Seigneur a accompli son œuvre créatrice en séparant à plusieurs reprises les éléments : la lumière et les ténèbres, les eaux d’en haut et les eaux d’en bas, la mer liquide et la terre solide. Là, il convient de donner sa place à chaque être dans sa relation aux autres et de lui faire découvrir le temps de sa maturité. Pour construire l’homme, pour le façonner à l’image de son Créateur, il faut séparer, créer un espace et donner à cet espace une signification. L’espace n’existe pas pour lui-même. Il est là pour faire apparaître un autre, pour dissocier, mettre en relation. Il n’y a pas de relation possible s’il n’y a pas de distinction. Entre deux visages qui se rencontrent, il y a l’espace suffisant pour qu’ils se reconnaissent, ou du moins qu’ils se découvrent l’un à l’autre. Trop de proximité empêche de distinguer la singularité de l’autre. Trop de distance empêche de reconnaître le visage de l’autre. La juste distance fait apparaître le visage. Et la reconnaissance du visage est le commencement de la relation. Et la relation est le propre de la vie divine. Mais quel genre de relation ?

Sans la foi, nous pouvons accéder à la connaissance de l’existence de Dieu. Mais sans la foi nous ne pouvons connaître le vrai visage de Dieu. La distance qui sépare Dieu de l’homme reste infranchissable pour l’homme. Dieu seul pouvait la franchir et c’est précisément ce qu’il a fait en venant à nous, en nous révélant son visage. Prenant chair de notre chair, il s’est fait homme et nous a montré le visage du Dieu invisible à travers le visage du Christ. « Qui me voit, voit le Père » (Jn. 14, 9) dit Jésus et saint Paul d’ajouter : « Il est l’image du Dieu invisible » (Co.1,15). Nous pouvons nous poser alors la question : ce visage aujourd’hui est-il devenu si éloigné que nous ne puissions plus le voir ? Si Dieu est venu dans notre histoire pour nous révéler son visage, comment se fait-il qu’il nous soit devenu caché aujourd’hui ?

De fait, si Dieu a voulu prendre visage d’homme, ce fut pour nous montrer son visage, pour nous découvrir son mystère inaccessible. Mais il voulait encore révéler le vrai visage de l’homme à l’homme. Dans notre monde contemporain, nous assistons à une prolifération d’idées pour inventer un nouveau visage de l’homme. Celui-ci ne nous est plus révélé par Dieu son auteur, mais est tout d’un coup réinventé par la créature. Comme au premier jour de l’humanité tentée par l’esprit menteur, voici l’homme séduit par l’idée de réaliser lui-même sa propre création en rejetant Dieu. Il veut s’inventer, inventer son bonheur, ce qu’est la famille, l’amour, la liberté, la masculinité et la féminité, et partant ce qu’est le travail, la justice, l’économie et aussi ce qu’est la religion, ce qu’est Dieu, bref ce que sont les droits et les devoirs de l’homme. Et n’est-ce pas en déformant le visage de l’homme que nous voilons le visage de Dieu ?

Autorité divine et autorité humaine

Marie et Joseph se sont trouvés confrontés à ces mêmes questions. Tandis qu’ils découvrent peu à peu le caractère sacré de leur mission confiée par le Seigneur, les voilà soumis à l’autorité impériale pour aller se faire inscrire à Béthléem, la ville d’origine de Joseph selon l’exigence du décret. Un tel déplacement pour une jeune femme enceinte et au terme de sa grossesse, n’est-ce pas une folie ? Marie et Joseph ne relèvent-ils pas plutôt de l’autorité de Dieu ? On se pose la question. Le fait d’être choisi par Dieu et d’être à son service ne nous affranchit-il pas des obligations de la vie courante ? Dans un autre registre, Joseph doit-il continuer à travailler et à peiner dans son atelier ? Le Seigneur ne pourvoira-t-il donc pas par sa Providence aux soins de l’enfant et de sa mère ?

Quelle est la juste distance entre l’autorité divine et l’autorité impériale ? L’une ne va-t-elle pas anéantir l’autre ? Nous avons tendance à opposer les vérités plutôt qu’à comprendre leur juste relation. L’autorité divine n’abolit pas l’autorité humaine. Elle la fonde plutôt. Jésus l’affirme devant Pilate : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut » (Jn. 19, 11). Jésus lui-même se soumet à l’autorité humaine, dans la mesure où celle-ci ne va pas à l’encontre de la Loi de Dieu. Quel étonnant mystère de voir combien Dieu lui-même respecte l’homme, ses devoirs et ses responsabilités ! N’est-ce pas un visage nouveau de Dieu qui se manifeste ainsi, le visage de celui qui respecte la juste distance pour laisser grandir son enfant ? C’est le visage de la confiance.

Tout au long de leur vie simple et sans apparat, Marie et Joseph vont devoir choisir la vraie distance afin de vivre ce mystère de l’amour humain habité par la lumière de Dieu. Et nous devons reconnaître combien seul le respect de la juste distance leur permet d’accueillir et de mettre au monde le Christ, visage de Dieu et visage de l’homme. Si, comme nous l’avons médité hier, renoncer à Marie, fut pour Joseph l ‘événement le plus déchirant de son existence, demeurer face à Joseph dans le silence, fut pour Marie l’acte de foi source de tous les autres. Dire ‘Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole’ n’est pas une parole vide de conséquences. Marie les a toutes mesurées en un instant. Elle a dû inventer la juste distance et évaluer la meilleure opportunité pour demeurer face à Joseph tandis qu’elle attendait l’enfant sans pouvoir le lui cacher.

Face à face entre Marie et Joseph

Ce face à face entre Marie et Joseph est la plus belle rencontre d’un homme et d’une femme depuis la crise entre Adam et Eve. Dieu n’a-t-il pas créé l’homme et la femme pour se tenir l’un devant l’autre ? Saint Paul nous en laisse deviner la réponse quand il parle de notre présence devant Dieu : « Il nous a élus en lui, dès avant la création du monde pour être saints et immaculés en sa présence dans l’amour … » (Eph. 1, 4). C’est peut-être là un commentaire inspiré de la parole biblique où Dieu, en voyant l’homme affronté à sa solitude, envisage la création de la femme : « Je vais lui faire une aide qui lui soit assortie » ou, selon le sens originel du texte, « un secours divin en face à face » (Gn. 2, 18). Secours divin qui s’exerce à travers la rencontre de deux visages. Au lieu d’un regard accusateur et soupçonneux qui eût anéanti la moindre personne blessée par une conscience coupable, le regard de Joseph sur Marie fut celui de l’interrogation pleine d’étonnement mêlé d’incompréhension. Il rencontra celui de Marie, plus pur que la clarté du ciel illuminé par la splendeur de la grâce. La pureté d’un tel regard exprimait la présence du mystère dont Marie se trouvait tout habitée. Joseph comprit alors qu’il ne pouvait accueillir lui-même un tel mystère, et s’en trouvant indigne, il résolut de la répudier sans bruit comme dit l’évangéliste Matthieu (cf Mt.1, 20). Mais à travers un songe, le Seigneur lui révéla qu’il accomplirait sa vocation exceptionnelle d’époux en acceptant de recevoir chez lui Marie son épouse et sa mission d’éducateur privilégié en accueillant l’enfant Jésus.

Définition de la juste distance entre les êtres

Nous apprécions ainsi la définition de la juste distance entre les êtres : il ne s’agit ni d’une indifférence ni d’une captation. De fait, les rapports entre les personnes s’établissent toujours selon cette quadruple éventualité. Soit les personnes sont juxtaposées et vivent dans l’indifférence mutuelle. Soit elles ne se supportent pas et s’entredétruisent. Soit elles sont liées de façon excessive provoquant l’assimilation de l’une par l’autre. Soit elles se respectent et se reconnaissent dans une vraie distinction et une parfaite unité. Il n’existe pas beaucoup d’autre possibilité de construire un modèle relationnel. Telle ou telle situation se rapportera toujours d’une façon ou d’une autre à l’une de ces quatre figures. Les trois premières abîment les personnes. Seule la dernière les édifie. Et nous y reconnaissons la relation des trois Personnes divines : l’unité et la distinction. Et pourtant, il n’y a pas de temps ni d’espace en Dieu puisqu’il est éternel et incorporel. Mais ces données du temps et de l’espace sont justement là pour nous façonner à l’image de Dieu. Lui seul est achevé dans son être plénier. Lui seul possède la plénitude de l’existence. A nous, le temps et l’espace nous sont donnés pour répondre à ce projet de parvenir à la ressemblance divine.

Visage de l’Homme, Visage de Dieu

Cette participation à la ressemblance divine est donc à l’œuvre à travers l’exercice du don de soi continuel. Aux époux, Dieu donne le pouvoir de transmettre la vie à leurs enfants. Dieu est le premier à donner, et c’est en apprenant à recevoir ce don que l’homme apprend à y répondre. Mais il ne peut parfaitement y répondre s’il n’est pas conscient de la richesse et de la valeur de ce don. Sur la Croix, le Christ nous révèlera la valeur de l’Amour divin, le don total de soi selon sa parole « Il n‘est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn. 15, 13). Dès lors, la valeur de tout homme s’enracine dans la valeur du don que Dieu fait aux hommes : lui-même. Le visage de Dieu se révèle dans le don qu’il fait de lui-même sur la Croix et le visage de l’homme est révélé à travers l’Amour que Dieu lui adresse. Ainsi, le visage de Dieu continue pour nous de se manifester aujourd’hui à travers le visage de l’homme, de tout homme, et le vrai visage de l’homme ne souffre pas d’être défiguré par les manipulations de l’homme puisqu’il est le vis-à-vis de Dieu.

Immense impact du témoignage de Marie et Joseph, leur virginité étant l’expression de l’amour en sa perfection

L’amour humain, l’homme, la femme, l’enfant, la famille, la dignité du travail et le sens de la vie sociale, jusqu’à la vie économique et politique, trouvent leur vraie valeur dans la vie de Nazareth avec la Sainte Famille. Marie et Joseph ont pris conscience de l’immense responsabilité de leur témoignage. Mais comment l’ont-ils vécu ? La vertu de chasteté, paraissant parfaitement incongrue en notre temps et dans notre culture, où l’hédonisme, c’est-à-dire la recherche du plaisir comme valeur principale de l’existence, est devenu roi, possède en soi une richesse d’humanisation incomparable. Le texte évangélique de saint Matthieu raconte que « Joseph prit chez lui son épouse et sans qu’il l’eût connue, elle enfanta un fils auquel il donna le nom de Jésus » (Mt. 1, 25). ‘Sans qu’il l’eût connue’ signifie textuellement que Marie a conçu dans la virginité. La tradition rapporte aussi que Marie et Joseph ont vécu dans cette virginité initiale, et cela est tout à fait compréhensible pour deux raisons.

Tout d’abord, Marie, en mettant au monde l’enfant Jésus, accomplissait sa vocation maternelle en plénitude, du fait du caractère divin de cette maternité. Celui qu’elle met au monde est Dieu en personne et le fait pour une créature d’accomplir un acte divin d’une aussi grande portée lui confère une dimension d’achèvement et de totalité. Une autre maternité n’aurait eu aucune signification pour Marie et cependant elle continuera d’être mère, non pas de façon biologique mais spirituelle. « La Sainte Vierge est mère de Dieu car elle a enfanté selon la chair le Verbe de Dieu fait chair » explique le Concile réuni à Ephèse en 431 (DzS n°252). L’autre raison rendant compte de la Tradition sur la virginité de Marie et Joseph repose sur l’accueil de Joseph envers Marie, qu’il reconnaît comme étant la nouvelle Arche d’Alliance entre Dieu et les hommes, la demeure sainte et sacrée par excellence, sur laquelle il n’est pas permis à l’homme de poser la main. Le récit biblique de la translation de l’ancienne Arche vers Jérusalem mentionne qu’au moment où le conducteur du convoi, Uzza, porta la main sur l’arche pour lui éviter de tomber, il se trouva foudroyé sur place (1 Sam. 6, 1-8).

La considération de ces vérités bibliques amène à constater combien Marie et Joseph n’auraient pu vivre l’un et l’autre si proches sans un regard habité par une parfaite appréciation des événements et des personnes. Ce qui est opportun et juste dans les relations ne peut se découvrir sans la référence au temps et à l’espace. Pour l’édification des personnes et la juste croissance de la maturité chez les jeunes, cet exemple reste incontournable. Il possède une force de témoignage qui invite à redécouvrir la beauté de notre humanité et du mariage. Vouloir construire une vie matrimoniale sans respecter le temps et la distance ne peut qu’aboutir à des relations sans joie et sans bonheur. Même si le mariage ne signifie pas pour autant la virginité telle que Marie et Joseph l’ont vécue, il exige cependant la chasteté du cœur et du regard que Jésus peut enseigner pour l’avoir vu briller sur le visage de Marie et Joseph : « Celui qui regarde une femme pour la désirer a déjà commis en son cœur l’adultère avec elle » (Mt. 5, 28).

On ne pourra qu’admirer aussi combien Marie elle-même sut vivre près de son fils une juste distance en acceptant qu’il accomplisse sa mission auprès de tous et s’éloigne d’elle pour être plus proche des pécheurs et des publicains. Jamais elle ne voulut l’emprisonner dans une relation maternelle infantilisante, malgré sa douleur parfois – « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? » s’exclamera-t-elle en le retrouvant au Temple parmi les docteurs (Lc. 2, 48). Et Jésus de répondre plus tard en des situations similaires : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique » (Lc 8, 21). Aussi pourra-t-elle se tenir près de la Croix avec Jean le disciple bien-aimé sans être anéantie par la douleur, mais en acceptant de mettre au monde ceux qui croient au nom de Jésus.

RESUME 4

Astres, soleil et lune : distance et opportunité

La virginité de Marie et de Joseph est l’expression de l’Amour en sa perfection

Livre de la Genèse : 1, 14-19 « Et Dieu dit : que soient des luminaires sur le firmament des cieux pour séparer entre le jour et la nuit ; et ils furent des signes et des espaces pour les jours et pour les années. Et ils furent comme luminaires sur le firmament des cieux pour éclairer la terre ; et il en fut ainsi. Et Dieu fit les deux grands luminaires ; le grand luminaire pour gouverner le jour et le petit luminaire pour gouverner la nuit, puis les étoiles. Et Dieu leur donna, sur le firmament des cieux, d’éclairer la terre. Et de gouverner sur le jour et sur la nuit, et de séparer entre la lumière et les ténèbres ; et Dieu vit comme cela était bon. Et il y eut un soir et il y eut un matin, jour quatrième. »

L’ignorance de Dieu, sinon sa négation, engendrent toute une série de comportements qui exposent l’homme moderne à des attitudes superstitieuses. Loin d’être une aliénation, la foi se révèle comme une connaissance qui libère l’homme de forces obscures et inconnues. Dieu se fait connaître aux hommes et leur montre son visage sous les traits de Jésus. Le texte biblique de la création continue d’exposer le processus de formation de l’homme selon que Dieu lui propose de répondre à son projet : devenir son image.

Pour construire l’homme, pour le façonner à l’image de son Créateur, il faut séparer, créer un espace et donner à cet espace une signification. L’espace n’existe pas pour lui-même. Il est là pour faire apparaître un autre, pour dissocier, mettre en relation. Il n’y a pas de relation possible s’il n’y a pas de distinction. Entre deux visages qui se rencontrent, il y a l’espace suffisant pour qu’ils se reconnaissent. Trop de proximité empêche de distinguer la singularité de l’autre. Trop de distance empêche de reconnaître le visage de l’autre. La juste distance fait apparaître le visage. Et la reconnaissance du visage est le commencement de la relation. Et la relation est le propre de la vie divine.

Tout au long de leur vie simple et sans apparat, Marie et Joseph vont devoir choisir la vraie distance afin de vivre ce mystère de l’amour humain habité par la lumière de Dieu. Et nous devons reconnaître combien seul le respect de la juste distance leur permet d’accueillir et de mettre au monde le Christ, visage de Dieu et visage de l’homme.

L’amour humain, l’homme, la femme, l’enfant, la famille, la dignité du travail et le sens de la vie sociale, jusqu’à la vie économique et politique, trouvent leur vraie valeur dans la vie de Nazareth avec la Sainte Famille. Marie et Joseph ont pris conscience de l’immense responsabilité de leur témoignage. Ils n’auraient pu vivre l’un et l’autre si proches sans un regard habité par une parfaite appréciation des événements et des personnes. Même si le mariage ne signifie pas pour autant la virginité telle que Marie et Joseph l’ont vécue, il exige cependant la chasteté du cœur et du regard que Jésus peut enseigner pour l’avoir vu briller sur le visage de Marie et Joseph.


Lundi 1 Mars 2010
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