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Education chrétienne : les parents, des relais du Seigneur.

Selon une homélie de Saint Claude la Colombière, apôtre du Sacré Coeur.



Les parents, des" relais " du Seigneur.

Saint Claude la Colombière
Saint Claude la Colombière
Faire découvrir Dieu à leurs enfants :  le coeur de la vocation de parents.
Saint Claude la Colombière vivait à une époque où les parents ne s'occupaient guère de leurs enfants, les remettant à des nourrices, des précepteurs...et ne s'intéressant qu'à leur future " rentabilité" : mariage arrangé pour augmenter les revenus, art de plaire dans le monde. 




Des attitudes " surprenantes" pour Claude la Colombière, bien courantes aujourd'hui encore!

Le souci de l'âme des enfants
Le souci de l'âme des enfants
Claude la Colombière, grand accompagnateur spirituel et habitué de tous les milieux sociaux, connaissait bien l'éducation telle qu'elle était dispensée dans la bourgeoisie et la noblesse, et il s'indigne contre les attitudes suivantes :
-L'absence de présence des parents auprès de leurs propres enfants.
-Le but unique et déformé de l'éducation : l'argent, l'apparence sociale, la superficialité.
-La référence au monde et l'absence de référence à Dieu dans l'éducation.

Ainsi, il écrit :

" N'est-il pas surprenant que des parents chrétiens ne proposent aux enfants que des motifs humains pour les animer à faire ce que l'on demande d'eux et que tout ne tende qu'à nourrir le luxe et l'ambition ? Cet homme, leur diront-ils, qui était de basse naissance, s'est rendu considérable par son éloquence, a été élévé aux charges les plus illustres, a acquis de grandes richesses, s'est marié à une femme très opulente, a bâti une superbe maison ; il se fait craindre, il est dans l'éclat et dans la gloire. Les autres proposent de pareils exemples à leurs enfants. On ne songe jamais à leur donner pour modèle que des personnes qui tiennent un rang considérable dans le monde ; et on ne les entretient point de ceux qui règnent dans le ciel. Si quelque autre entreprend de leur en parler, on le rebute comme un homme qui veut tout perdre." ( Claude La Colombière, Ecrits spirituels, Bellarmin, p 318)
 

Un sermon en forme de semonce.

Claude la Colombière ne mâche pas ses mots :

" Vous étendez jusqu'aux pierres et au bois le soin que vous avez du temporel, et vous ne croyez pas que l'âme de vos enfants soit une chose qui mérite la moindre application de votre part?"( Op cité, idem)

Pour lui, l'amour paternel et l'amour maternel passent toutes choses hormis l'amour que les parents doivent porter à Dieu. 

" Les pères doivent non seulement aimer leurs enfants, mais ils doivent les aimer sur toutes choses, et il n'y a que Dieu seul auquel ils sont obligés de donner la préférence. Les pères qui n'ont pas soin de l'éducation de leurs enfants sont plus cruels que des parricides.(...) Il y a des mères qui ont grand soin de l'honneur de leurs filles, mais peu qui en aient de leur conscience. Les lectures vaines et lascives, les ajustements ( vêtements), les bals, les comédies, les conversations trop libres, bien loin de les leur interdire, elles les y portent, elles les y forcent même quelques fois. " Mais nous les abandonnons jamais de vue, disent-elles. C'est ce que je vous dis : vous avez leur honneur à coeur mais leur âme vous est indifférente".
 

Notre époque, qui confie les enfants à la télévision et aux jeux vidéos, qui lit sur internet et dans les journaux people les scandales les plus désolants et qui, en période de crise économique, fait consommer du gadget à gogo à ses enfants éduque-t-elle mieux que celle de Claude la Colombière ? La Colombière insiste sur l'âme, la grande oubliée de l'éducation.


L'âme, la grande oubliée de l'éducation parentale ? Les parents, premiers éducateurs devant Dieu.

Pour la Colombière, les parents sont les premiers responsables de l'éducation et de l'âme de leurs enfants. Ne jamais s'en soucier soi-même est une erreur éducative qui peut mener à des catastrophes et qui prive les parents de grandes joies, de la grande joie chrétienne de voir leurs enfants progresser en sainteté, en sagesse, et en grâce. La Colombière prend un exemple biblique pour dire que les parents doivent eux-mêmes se soucier de l'éducation chrétienne de leurs enfants et que la délégation de l'autorité dans ce domaine ne doit jamais être un remplacement qui dispense les parents :

" La plupart des parents, ou aiment peu leurs enfants, ou les aiment trop, ou, pour mieux parler, les aiment mal. J'avoue que plusieurs les confie à des gens sages et prudents. mais cela ne suffit pas, quelque autorité qu'on transmette à ces personnes destinées à l'éducation de vos enfants. Elisée envoya Giesi avec son bâton pour endre la vie au fils unique de la Sunamite ; ( 2 Rois, 4, 29-37); Giesi ni le bâton n'opérèrent rien ; il fallut qu'Elisée y vînt lui-même".

Le pape Paul VI dit la même chose en termes modernes dans Gravissimum Educationis, la déclaration du Concie Vatican II sur l'éducation chrétienne :

" Les parents, parce qu’ils ont donné la vie à leurs enfants, ont la très grave obligation de les élever et, à ce titre, doivent être reconnus comme leurs premiers et principaux éducateurs [11]. Le rôle éducatif des parents est d’une telle importance que, en cas de défaillance de leur part, il peut difficilement être suppléé. C’est aux parents, en effet, de créer une atmosphère familiale, animée par l’amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu’elle favorise l’éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales nécessaires à toute société. Mais c’est surtout dans la famille chrétienne, riche des grâces et des exigences du sacrement de mariage, que dès leur plus jeune âge les enfants doivent, conformément à la foi reçue au baptême, apprendre à découvrir Dieu et à l’honorer ainsi qu’à aimer le prochain ; c’est là qu’ils font la première expérience de l’Église et de l’authentique vie humaine en société ; c’est par la famille qu’ils sont peu à peu introduits dans la communauté des hommes et dans le Peuple de Dieu. Que les parents mesurent donc bien l’importance d’une famille vraiment chrétienne dans la vie et le progrès du Peuple de Dieu lui-même [12]."GE 3

L'éducation des enfants, la vigne confiée par Dieu aux parents.

La Vigne du Seigneur
La Vigne du Seigneur
Claude la Colombière lance un appel aux parents où l'on sent l'apôtre du Sacré Coeur, désolé de tant de gachis éducatif :

" Que faites-vous dans votre famille, si vous ne travaillez pas à élever vos enfants ? C'est l'unique chose que vous avez à faire ; c'est en quoi Dieu veut être servi de vous ; c'est pour cela qu'il a établi le mariage chrétien ; c'est de quoi il vous redemandera compte. Vous leur avez amassé du bien : était-ce que Dieu attendait de vous ? Ca, vous dira-t-il au  jour du jugement, rendez-moi compte de cette âme que je vous avais confiée. Qu'est-elle devenue ? C'était votre champ, c'était la vigne que le Seigneur vous avait donnée à cultiver. Pouvez-vous dire ce qu'Il dit de la sienne ? A quelle sainteté les avez-vous portés ?" 

A quelle sainteté les avez-vous portés? Et les vocations?

La Colombière s'appuie sur cette mission des parents : porter leurs enfants à la sainteté. C'est parce que l'âme est négligée dans l'éducation, au profit de l'esprit du monde, que les vocations se perdent ou bien sont contrecarrées par les parents, qui perdent là aussi une des plus grande grâce qui leur était faite, et une source de joie, une joie qui n'est justement pas celle du monde mais celle des béatitudes. 

" Presque tous les parents élèvent leurs enfants dans l'esprit du monde. Insensibles dans leurs désordres contre les lois de Dieu, ils ne peuvent tolérer une faute, une sottise ou une incongruité contre les manières du monde ; si les enfants veulent se consacrer à Dieu, tout est en larmes : on crie, on menace."

Les sacrifices demandés aux parents quand leurs enfants se consacrent à Dieu sont plus facilement consentis si ce n'est pas l'esprit du monde qui règne dans la famille...Claude la Colombière s'exprime vigoureusement, s'adressant à une société particulièrement difficile ( la noblesse de la cour de France, dans laquelle il sut repérer et conduire plusieurs vocations, lesquelles sont certainement la source de ses renseignements précis sur la société qu'il décrit). A notre époque, selon les modalités modernes, le problème de fond reste le même :  Le rapport au monde, précisé dans la Doctrine sociale de l'Eglise, permet à l'éducation chrétienne de rester bien dans le monde, mais non " du monde", afin de faire découvrir le vrai bonheur chrétien, à travers l'éducation chrétienne, en particulier le soin des âmes.

Mercredi 8 Août 2012
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