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La Visitation. Théologie mariale 9


 
                                                                                             La Visitation, entre fiat et magnificat.
 

suite à Le Fiat de Marie à l’Annonciation
 

Méditation des merveilles de Dieu et départ en hâte


On sait par la lecture de l’évangile que la médiation des merveilles du Seigneur depuis l’Annonciation conduit la Vierge à " partir en toute hâte" visiter sa cousine Elisabeth. Elle a forcément prévenu Joseph qui l’accompagnera, mais sans lui révéler l’origine angélique de la nouvelle concernant l’épouse de Zacharie : la suite des évènements le montrera. Dès le début de sa coopération, Marie montre sa docilité, sa discrétion et son humilité. Le plan divin peut se poursuivre et la rencontre entre les deux femmes est sublime. Jean tressaille car l’Esprit lui révèle la visite de son Rédempteur. Elisabeth, à son tour, s’enflamme sous l’action du même Esprit-Saint et bénit Marie, la mère de son Sauveur.
 

Lien entre fiat et magnificat


Quant à Marie, elle nous confirme par le chant du Magnificat la conscience qu’elle a du fiat qu’elle a prononcé quelques jours auparavant. Le salut est en route, le Seigneur tient ses promesses, Il accomplit des prodiges en son humble servante, toutes les générations la diront bienheureuse. Nous ne trouvons en Marie aucune fausse modestie mais une véritable humilité : elle sait qu’elle n’est rien mais que Dieu fait en elle des merveilles. Ce sont donc les merveilles du Seigneur que Marie exalte et elle sait que ceux qui à sa suite contempleront ces mêmes merveilles les rapporteront au Seigneur même à travers sa servante. Le développement du dogme marial n’est pas autre chose.
 

Le Seigneur justifie Marie


Marie prête attention à la volonté divine, y conforme sa vie et laisse l’Esprit Saint la guider. Son attitude est l’inverse de celle de notre mère Eve. Elle reste donc trois mois avec Elisabeth, nous dit l’évangéliste Luc, qui enchaîne ensuite sur la naissance de Jean le Baptiste, sa circoncision puis la naissance de Jésus. Il faut donc revenir à Matthieu pour savoir que Joseph découvre par lui-même, le temps ayant passé, que Marie est enceinte de trois mois. Le juste Joseph ne peut comprendre ce qui lui arrive. Pour notre propos, ce qui est important, c’est que Marie abandonne au Seigneur le soin de la justifier.
 

l’Annonciation faite à Joseph


                                                                  La Visitation, entre fiat et magnificat.


C’est l’attitude permanente de la Vierge que nous retrouvons toujours, capable de silence dans l’incertitude, l’interrogation ou la souffrance, parce que sa confiance lui permet de s’appuyer sur Dieu. Elle sait que le Seigneur libère et comble ceux qu’Il a choisi ( leur valeur étant révélée dans l’épreuve surmontée). La confiance de Marie entraîne l’Annonciation faite à Joseph. Il peut ainsi accueillir chez lui celle qu’il n’a cessé d’aimer ( son attitude et ses choix l’ont prouvé), et avec laquelle il va constituer un véritable mariage en vivant une relation sponsale avec affection virginale, comme le dit Jean-Paul II dans Redemptoris Custos. 

 
"20. Dans la liturgie, Marie est célébrée comme « unie a Joseph, homme juste, par les liens d'un amour sponsal et virginal ».
 
Il s'agit en effet de deux amours qui représentent ensemble le mystère de l'Église, vierge et épouse, dont le mariage de Marie et de Joseph est le symbole. « La virginité et le célibat pour le Royaume de Dieu ne diminuent en rien la dignité du mariage, au contraire ils la présupposent et la confirment. Le mariage et la virginité sont les deux manières d'exprimer et de vivre l'unique mystère de l'Alliance de Dieu avec son peuple » qui est la communion d'amour entre Dieu et les hommes. («Familiaris Consortio», 16)
 
Par le sacrifice total de soi, Joseph exprime son amour généreux pour la Mère de Dieu, lui faisant le « don sponsal de lui-même ». Bien que décidé à se retirer pour ne pas faire obstacle au plan de Dieu qui était en train de se réaliser en elle, sur l'ordre exprès de l'Ange, il la garde chez lui et respecte son appartenance exclusive à Dieu." 
 
Père Y. Bonnet


Mercredi 21 Avril 2010
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