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Vouloir gagner de l'argent...un péché?



Je suis catholique et je veux gagner de l’argent !

L'argent, un mauvais maître...
L'argent, un mauvais maître...

Est-ce un péché ( voix inquiète....)?

La première réponse qui me vient à l’esprit n’est pas spécifiquement catholique mais elle fait partie de cette sagesse populaire, dont les racines sont forcément influencées, dans un pays comme la France, par la culture chrétienne : « L’argent est un bon serviteur et un mauvais maître ». Traduisez par : « L’argent doit rester un moyen et ne pas devenir une fin en soi. »

Dans les psaumes, nous pouvons lire : « Si vous amassez des richesses, n’y mettez pas votre cœur ! » Le Christ dira à ses apôtres que ce n’est pas facile, en commentant l’attitude du jeune homme riche, pourtant fidèle à la loi morale naturelle, mais attaché à ses biens matériels.

L’évangéliste Marc est le seul qui nous précise, à propos de cet épisode, que Jésus fixe du regard le jeune homme et qu’il l’aime pour avoir observé la loi depuis sa jeunesse. Mais devant le chemin supérieur, que lui propose le Christ : « Vends, donne aux pauvres et tu auras un trésor au ciel. Puis suis-moi. », Le jeune homme « cale » et s’en va tout triste. Et c’est à ce moment que le Christ dit à ses apôtres, qui n’en reviennent pas : « Comme il sera difficile à ceux qui ont de l’argent d’entrer dans le royaume de Dieu. »


Rester pauvre en esprit…c'est possible!

Padre Pio, un Saint, un Capucin soumis au voeu de pauvreté, un catholique social qui fonda un immense hôpital moderne dont il confia la gestion à des directeurs avisés. Un exemple du rapport catholique à l'argent, dans l'Esprit.
Padre Pio, un Saint, un Capucin soumis au voeu de pauvreté, un catholique social qui fonda un immense hôpital moderne dont il confia la gestion à des directeurs avisés. Un exemple du rapport catholique à l'argent, dans l'Esprit.

 

Cet épisode se situe vers la fin de la vie publique de Jésus, donc près de trois ans après le sermon sur la montagne et la prédication des Béatitudes. La première de celles-ci, recensées par l’apôtre Saint Matthieu, nous donne la clé de compréhension : « Bienheureux les pauvres en esprit, le royaume des cieux leur appartient » et, en même temps, elle nous montre la difficulté ! Il n’est pas facile de rester pauvre en esprit, si on a « de grands biens ». On voit bien avec la société de consommation, qu’il est difficile à l’être humain, dont le moteur est le désir, d’être en mesure de hiérarchiser ses désirs. Et pourtant le Christ nous le dit clairement : « Cherchez d’abord le Royaume et la Justice de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît. »(Matthieu VI, 33). Et dans le même chapitre, au verset 24 : « Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent. » Il faut inlassablement relire attentivement ces deux chapitres, 5 et 6, de l’évangéliste Matthieu pour entrer dans le chemin de la conversion…et s’y maintenir !

Alors, revenons à la question posée et donnons une réponse catholique. Il est important de ne pas nous laisser contaminer par le « monde » au sens de Saint Jean, ce monde où les fins poursuivies sont le « moi » sans limites, les biens matériels et le plaisir. La recherche du plaisir et des biens matériels, appelle le désir de l’argent et le « moi sans limites » conduit dans cette recherche de l’argent à ne pas être regardant sur les moyens. Il y a donc bien une purification permanente à opérer dans nos désirs, une hiérarchisation à instaurer dans les fins que nous poursuivons. Un rappel puissant dans l'histoire de l'Eglise de cette pauvreté "en esprit" est incarné par les Franciscains, les ordres mendiants, les Missionnaires de la Charité de Mère Thérésa, et bien d'autres encore.


Pas de discrédit sur le profit !

 

Certes, Saint François de Salles a très bien discerné que le devoir d’état du père de famille est de pourvoir à la vie matérielle de son foyer. Certes Jean Paul II dans « Centesimus annus » confirme que le profit signifie la bonne santé de l’entreprise mais le profit n’est pas une fin, c’est un moyen. Benoît XVI dans son encyclique Caritas in Veritate redonne les règles de discernement de la Doctrine sociale de l’Eglise concernant le profit et il ne jette pas le discrédit sur le profit. Les catholiques sociaux ( voir l'Action des Catholiques Sociaux en France ) savent que les bénéfices doivent servir au bien être légitime des travailleurs, et être ré-injectés dans l'entreprise et la société en vue de la prospérité et de la stabilité sociale.


Distinguer l'indispensable et l'essentiel : un petit exercice pour futur saint.

Faire fructifier pour le bien de tous...
Faire fructifier pour le bien de tous...

 

Cependant, il ne faut jamais confondre l’indispensable et l’essentiel. L’oxygène est indispensable à la vie, mais le bonheur éternel est essentiel ! L’argent est indispensable pour vivre et Saint Thomas d’Aquin a bien précisé qu’un père ou une mère de famille peut légitimement voler du pain pour nourrir ses enfants affamés. Mais l’essentiel est le Royaume des Cieux.

Gagner de l’argent honnêtement est nécessaire et Saint Paul écrit aux Thessaloniciens : « Que celui qui ne travaille pas, ne mange pas non plus ! ». Mais on voit bien le risque spirituel, qui guette celui qui veut gagner de l’argent au-delà des besoins liés à son devoir d’état. S’il en gagne par sa compétence bien plus qu’il n’en a besoin, il doit donner, partager, ouvrir son cœur et sa bourse à ceux qui sont dans le besoin.

On peut être riche en biens et pauvre en esprit, à condition d’avoir comme désir premier la sainteté et, comme le dit Jésus aux apôtres à la fin de l’épisode du jeune homme riche (Mt 19, 26) : « Aux hommes c’est impossible, mais à Dieu tout est    possible. »


Mercredi 16 Novembre 2011
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