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Verbum Domini, exhortation apostolique de Benoît XVI : les croyants, destinataires de ce texte, par le père Y. Bonnet

"Les croyants, destinataires de ce texte capital", par le père Yannik Bonnet


 
Rien moins que la Parole de Dieu pour les fidèles!
 
Ce texte, consécutif au synode des évêques sur la Parole de Dieu est une exhortation apostolique, c'est-à-dire un texte par lequel le Pape encourage et forme les catholiques, en reprenant ce qu'on dit les évêques et en ajoutant l'autorité de sa fonction apostolique. Par définition, ce type de texte est un témoignage d'unité evêques/pape, pour le bien commun spirituel des fidèles. Et voilà que le sujet abordé n'est rien moins que la Parole de Dieu!
 
 
Les trois parties sont de taille décroissante et de nature très différente. La première, la plus longue, est également la plus dense, car elle traite de l'essence même de la Parole de Dieu, de ce Verbe, qui exprime la pensée éternelle de Dieu, qui est Dieu Lui-même, et qui s'est incarné pour nous révéler sa source, le Père.
La seconde souligne l'importance de cette Parole de Dieu pour l'Eglise et tout naturellement incite à Lui donner toute la place qu'elle devrait avoir et qu'elle n'a pas toujours.
La troisième partie, d'un ton résolument pastoral, invite tous les catholiques, selon leur fonction et leur charisme, à annoncer cette Parole pour l'évangélisation et le salut du monde.
 
Le fil directeur de la première partie:
 
Revenons à la première partie, qui est la plus ardue, pour dire qu'elle montre à quel point le terme de " Parole de Dieu" recouvre des réalités complémentaires, toutes importantes pour notre foi. Le prologue de Saint Jean désigne le Logos comme le Fils éternel du Père. Avant même de s'incarner, Il a parlé par les prophètes. Après son retour auprès du Père, Il parle encore par les Apôtres et par son Eglise. Les Saintes Ecritures, divinement inspirées, nous permettent de lire et de relire cette Parole, dont l'Eglise peut vivre au cours des siècles, qui nous rappelle l'histoire de notre création et de notre salut, et nous annonce le retour en gloire de ce Christ, par qui et pour qui tout à été créé. Les pères synodaux, les évêques qui ont commencé par vivre ensemble de cette Parole pour la méditer et la transmettre ensemble, ont montré l'importance de l'Esprit Saint qui, sans cesse, nous rappelle ce que dit le Verbe, nous l'explique et soutient l'Eglise dans sa mission évangélisatrice.
 
Est-ce bien raisonnable de débattre de questions aussi difficiles?
 
Du fait de cette réalité foisonnante de réalités importantes pour la Foi, le texte se doit d'aborder les rapports entre Tradition et Ecriture Sainte, l'importance d'une exégèse solide, l'autorité de l'Eglise pour authentifier l'interprétation des Ecritures, les liens indispensables avec la théologie...ainsi, ces questions "organiques" que se pose le monde d'aujourd'hui de par la nature même d'une Eglise qui ose proclamer la Parole de Dieu, sont abordées avec clarté et accessibles à tous. Un instrument extraordinaire pour les vrais chercheurs, ceux qui se posent des questions et interpellent l'Eglise sur ce qu'elle a la prétention de dire : la Parole de Dieu. Devant un tel sujet, le texte ne recule pas non plus face aux dangers issus d'une vision positiviste, rationaliste et sécularisée, qui appauvrit, déforme et dévie la lecture des deux Testaments.
 
Dès lors, devant la difficulté des questions débattues, on peut se demander s'il est bien réaliste d'adresser ce texte à l'ensemble des croyants plutôt que de le réserver aux évêques et aux spécialistes qui les entourent...on pourrait en faire un bon sujet d'études universitaires spécialisées.
 
Entre le Pape et le fidèle de base, deux échelons, c'est tout!
 
Personnellement, je pense qu'il est important et judicieux que tous les croyants soient destinataires de ce texte, parce que précisément en raison de son caractère complet et formateur, cela devrait inciter les évêques à le vulgariser à leur clergé, et au-dit clergé de le vulgariser aux ouailles. Entre le Pape et le fidèle de base, il n'y a que deux échelons hiérarchiques! Cela ne demande que deux niveaux de vulgarisation. Il serait proprement désolant que ce travail de communication de se fasse pas. La question sous-jacente, qui se pose à mon humble avis, c'est la suivante : " Compte-tenu du conditionnement médiatique actuel, n'est-il pas illusoire et dangereux, d'abandonner nos fidèles au seul secours de la foi du charbonnier?"
 
Poser la question Urbi et Orbi!
 
En tout cas, les deux parties du texte, qui suivent cette première partie fondamentale, indiquent bien que le Pape souhaite vivement que l'Eglise tout entière en profite, que l'administration des sacrements, l'évangélisation, les homélies soient dégagées de ce qui n'est pas la Parole de Dieu, afin que cette Parole dont elles sont imprégnées parvienne jusqu'à ses destinataires. Que la formation des prêtres, des consacrés et des laïcs le soit également et finalement que le monde tout entier puisse recevoir ce trésor incomparable.
 
Et c'est précisément parce que le risque d'une mauvaise traduction, lecture et interprétation de la Bible est réel et comporte un immense danger, que le problème mérite d'être posé Urbi et Orbi. Rendre accessible la Parole de Dieu et répondre aux questions de haut niveau que se posent ceux qui interrogent l'Eglise, voilà une démarche proprement catholique et respectueuse de ceux dont la démarche est authentique. Il est à parier que l'exhortation Verbum Domini passera tous les obstacles du barrage médiatique parce que c'est un travail de fond, un socle de connaissances et de réponses accessibles à tous, et surtout parce que imprégné lui-même de la Parole de Dieu, ce texte attire par son audace et son enjeu dans la nouvelle évangélisation.
Il suffit pour cela de faire le test du sommaire de Verbum Domini: mettez ce sommaire entre les mains que quelqu'un pour qui la Parole de Dieu est au moins une question, et voyez s'il ne lira pas au moins un passage qui le rejoint ! Verbum Domini : sommaire.
 
La Parole de Dieu, enjeu numéro un de la nouvelle évangélisation.
 
En conclusion, il faut remettre la Parole de Dieu au centre de nos vies, nous en imprégner, la goûter, la méditer. Elle est nécessaire pour que le croyant " lambda" puisse dialoguer aussi bien avec les frères séparés ou les adeptes d'autres religions. Elle tire, cette Parole Divine, culturellement vers le haut ceux qui n'ont pas reçu une culture profane à la hauteur de leur valeur humaine réelle, en ces temps de destruction des cultures, alliées naturelles de la foi. La Parole de Dieu est civilisatrice, facteur de paix, de justice et de bonté, et de liberté, à condition d'être dégagée des caricatures et "contre-façons" de ceux qui utilisent la Parole divine à des fins personnelles. En lisant Verbum Domini, il est possible d'entendre cette Parole sans déformation, et en prenant à bras le corps chaque question qui se pose. La richesse du contenu est donnée à chacun gratuitement, dans l'abondance de cette Tradition si souvent méconnue du chrétien resté à la foi du charbonnier. Pourquoi mourir de soif à côté d'une citerne pleine? Verbum Domini est un texte de formation et d'information ( qu'on songe aux passages sur la lectio divina, sur l'office des heures ) dont la portée n'a pas finie de se faire sentir.
 
Et le Pape d'ajouter que la Parole est à l'origine d'une joie profonde, fruit de l'action de l'Esprit Saint, ce qui le conduit à conclure ce document en rappelant que Marie, Mère du Verbe, est également Mère de la Joie : " Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur".
 
P. Yannik Bonnet
 

Vendredi 21 Janvier 2011
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