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Venons-en à la définition du bien commun !



Définition du Bien Commun.

Venons-en à la définition du bien commun !
Dans notre article précédent, nous disions que  les lois édictées par un gouvernement, régulièrement investi au demeurant, peuvent être injustes si elles-mêmes ne respectent pas les droits sacrés de la personne humaine faite à l’image de Dieu.  
 
Voilà pourquoi, depuis Léon XIII, les papes ont eu le souci de définir ce qu’est le bien commun et de rappeler ses exigences. Pie XI dans l’encyclique « Divinis Illius Magistri » de 1929 donne la définition suivante :" Le bien commun d’ordre temporel consiste dans la paix et la sécurité dont les familles et les citoyens jouissent dans l’exercice de leurs droits et en même temps dans le plus grand bien-être spirituel et matériel possible en cette vie, grâce à l’union et à la coordination des efforts de tous. » Pie XII, dix ans plus tard, précise que la prospérité matérielle n’est pas le bien suprême, que le bien commun n’est pas le produit de conceptions arbitraires mais qu’il réside dans le développement harmonieux de l’homme dans sa perfection naturelle, entendez à l’image de Dieu, et que la société humaine en est le moyen voulu par le Créateur. Une vingtaine d’années plus tard, Jean XXIII s’exprimera dans ces deux encycliques sociales, Mater et Magistra et Pacem in Terris sur le bien commun, « ensemble des conditions sociales permettant à la personne d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement. », « élément relatif à la nature humaine », « concernant l’homme tout entier avec ses besoins tant spirituels que matériels. »

Ce que dit le Catéchisme de l’Eglise catholique.

Venons-en à la définition du bien commun !
Le concile Vatican II dans la constitution pastorale Gaudium et Spes reviendra sur l’interdépendance croissante des groupes humains pour affirmer que « tout groupe doit tenir compte des besoins et aspirations légitimes des autres groupes et plus encore du bien commun de l’ensemble de la famille humaine. » Autrement dit la notion de bien commun est présente dès qu’il y a une communauté de destins entre des hommes, famille, école, entreprise, association, village, ville, région, pays, planète etc… Le bien commun de chacun de ces groupes ne saurait s’opposer au bien commun du groupement le plus haut mais, en retour, le groupe le plus haut ne saurait entraver l’exercice normal des libertés, ni mépriser les droits sacrés de la personne, ni s’arroger des pouvoirs exorbitants. Mais lisons ce que nous en dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique aux n° 1905 à 1912 : 
 

Les articles 1905 à 1913 du Catéchisme de l'Eglise Catholique.

Venons-en à la définition du bien commun !
1905 : Conformément à la nature sociale de l’homme, le bien de chacun est nécessairement en rapport avec le bien commun. Celui-ci ne peut être défini qu’en référence à la personne humaine : Ne vivez point isolés, retirés en vous-mêmes, comme si vous étiez déjà justifiés, mais rassemblez vous pour rechercher ensemble ce qui est de l’intérêt commun (Barnabé, ep. 4,10).  
 
1906 : Par bien commun, il faut entendre "l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindre leur perfection, d’une façon plus totale et plus aisée" (GS 26 cf. GS 74). Le bien commun intéresse la vie de tous. Il réclame la prudence de la part de chacun, et plus encore de la part de ceux qui exercent la charge de l’autorité. Il comporte trois éléments essentiels :  
 
1907 : Il suppose, en premier lieu, le respect de la personne en tant que telle. Au nom du bien commun, les pouvoirs publics se tenus de respecter les droits fondamentaux et inaliénables de la personne humaine. La société se doit de permettre à chacun de ses membres de réaliser sa vocation. En particulier, le bien commun réside dans les conditions d’exercice des libertés naturelles qui sont indispensables à l’épanouissement de la vocation humaine : "ainsi : droit d’agir selon la droite règle de sa conscience, droit à la sauvegarde de la vie privée et à la juste liberté, y compris en matière religieuse" (GS 26).  
 
1908 : En second lieu, le bien commun demande le bien-être social et le développement du groupe lui-même. Le développement est le résumé de tous les devoirs sociaux. Certes, il revient à l’autorité d’arbitrer, au nom du bien commun, entre les divers intérêts particuliers. Mais elle doit rendre accessible à chacun ce dont il a besoin pour mener une vie vraiment humaine : nourriture, vêtement, santé, travail, éducation et culture, information convenable, droit de fonder une famille, etc. (cf. GS 26).  
 
1909 : Le bien commun implique enfin la paix, c’est-à-dire la durée et la sécurité d’un ordre juste. Il suppose donc que l’autorité assure, par des moyens honnêtes, la sécurité de la société et celle de ses membres. Il fonde le droit à la légitime défense personnelle et collective.  
 
1910 : Si chaque communauté humaine possède un bien commun qui lui permet de se reconnaître en tant que telle, c’est dans la communauté politique qu’on trouve sa réalisation la plus complète. Il revient à l’Etat de défendre et de promouvoir le bien commun de la société civile, des citoyens et des corps intermédiaires.  
 
1911 : Les dépendances humaines s’intensifient. Ils s’étendent peu à peu à la terre entière. L’unité de la famille humaine, rassemblant des êtres jouissant d’une dignité naturelle égale, implique un bien commun universel. Celui-ci appelle une organisation de la communauté des nations capable de "pourvoir aux divers besoins des hommes, aussi bien dans le domaine de la vie sociale (alimentation, santé, éducation …), que pour faire face à maintes circonstances particulières qui peuvent surgir ici ou là (par exemple : l’accueil des réfugiés, l’assistance aux migrants et à leurs familles …)" (GS 84).  
 
1912 : Le bien commun est toujours orienté vers le progrès des personnes : "L’ordre des choses doit être subordonné à l’ordre des personnes, et non l’inverse" (GS 27). Cet ordre a pour base la vérité, il s’édifie dans la justice, il est vivifié par l’amour.  
 
 
Père Y. Bonnet

Mardi 20 Mars 2012
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