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Que faire pour aider nos enfants à travailler ?



Du " cœur à l’ouvrage " !

Que faire pour aider nos enfants à travailler ?
Mon premier réflexe en lisant cette question a été de me dire qu’il était impératif de leur donner l’exemple du « cœur à l’ouvrage », du sens du devoir d’état, du respect du travail et donc de la qualité de ce qu’on fait. Même pour ce qu’on aime faire et pour ce que l’on sait faire, par don ou par compétence acquise, la notion d’effort n’est jamais absente car on peut toujours avoir envie de faire autre chose ou de ne rien faire ! Le comportement des parents est important pour les enfants, qui ont besoin d’exemples pour progresser dans la vie et, dans notre cas, pour devenir travailleurs.


Donc, les parents donnent le bon exemple !

Pour poursuivre notre cheminement, nous allons faire la supposition que les parents ne donnent pas le mauvais exemple ! Dès lors, les difficultés de l’enfant peuvent être de l’ordre de l’éducation, de la formation ou des soins. Il y a en effet des enfants paresseux (à éduquer sans relâche), des enfants inorganisés, maladroits (à former), des enfants à la santé déficiente (à soigner).


Les enfants à la santé déficiente.

Commençons par ces derniers. Ne traitons pas comme s’ils étaient paresseux des enfants peu toniques, rapidement fatigables, ayant de gros besoins de récupération. Certains dorment mal et se réveillent non reposés. D’autres ont génétiquement un « terrain » métabolique qui ne les aide pas à mobiliser leur énergie rapidement ou sur une longue durée. On ne refait pas son patrimoine génétique mais la médecine peut compenser les déficiences naturelles par es apports complémentaires en vitamines, oligoéléments, apports énergétiques, etc.


Organisation, adresse, intuition : cela s’encourage !

D’autres enfants ont besoin d’apprendre plus que d’autres. L’organisation, l’adresse, l’intuition ne sont pas leur fort : ils ont besoin de maîtres d’apprentissage, obstinés et patients. Ces besogneux, si on les encourage au lieu de les rebuter, deviennent souvent des travailleurs acharnés qui ne cessent de progresser en efficacité au fil des années. Ils sont mus par la légitime fierté de victoires répétées sur leurs manques de facilité et, si l’on sait saluer leurs mérites, ils garderont toujours ce goût de se laisser former pour continuer à grandir avant de devenir souvent eux-mêmes d’excellents formateurs. Les gens doués sont rarement de bons pédagogues, les meilleurs sont souvent d’anciens « besogneux ».


Les vrais paresseux : cela existe !

Reste le cas difficile, celui des vrais paresseux et cela existe. Ils sont souvent doués, mais leurs dons sont laissés en friche s’ils ne sont pas très rigoureusement encadrés. Ils n’ont pas spontanément le sens du devoir et il leur suffit d’avoir « pigé » ce qu’on veut leur apprendre. « A quoi bon faire, puisque j’ai vu comment on fait ». L’obéissance, écoute attentive, la répétition pour atteindre le niveau de qualité, la ponctualité pour tenir les délais, ne font pas partie de leur panoplie. St Thomas d’Aquin nous dit que le mal est privation du bien, cela s’applique bien aux paresseux, qui pèche par…omission de tout ce qui n’est pas son envie du moment.


Le premier pas leur coûte plus qu’à d’autres

La sagesse populaire ajoute que la paresse est mère de tous les vices. Cela se comprend puisque la vertu exige ce « premier pas qui coûte » et c’est le premier pas que les paresseux cherchent à éviter parce que cela lui coûte plus qu’à d’autres.

Les paresseux ont besoin d’un encadrement strict, rigoureux, qui ne cède jamais au caprice, au chantage affectif, qui ne renonce pas par lassitude. Quelle ténacité réclame les paresseux à leurs parents, enseignants et éducateurs de tout poil ! Heureusement il y a souvent chez eux une corde à faire vibrer : la générosité, l’amour des autres.


Pour les autres, ils peuvent se surpasser !

Combien de fois peut-on remarquer qu’ils sont capables de faire pour les autres, dans un groupe, une communauté, où ils se sentent aimés, des efforts qu’ils ne feraient jamais pour eux-mêmes. Il faut jouer au maximum de ce registre. Une éducation à l’amour des autres, au dévouement, à l’entraide, est un grand stimulant pour les paresseux. Dans le cas où ce n’est pas fait, le paresseux ne se forçant jamais pour lui-même va peu à peu mesurer le fossé qui se creuse entre ce qu’il aurait pu devenir et ce qu’il est réellement devenu. Cela peut conduire à toutes les formes de désespoir, de haine de lui-même et des autres. Ne jamais se relâcher vis-à-vis des enfants paresseux et les pousser à aider les autres sont les deux faces de leur éducation. Pour les autres, ils peuvent se surpasser et se retrouver eux-mêmes.

Père Yannik Bonnet

voir également " Que faire pour aider nos enfants paresseux, suite", p. Bonnet

Vendredi 9 Avril 2010
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