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Plus jaloux, tu meurs?

Comment lutter contre la jalousie? (2)





Grâce et nature : dialoguer dans le registre de la raison et non de l’affectif



Dans le dernier billet, cf Comment lutter contre la jalousie ? 1) nous avons vu que l’esprit du mal vient appuyer sur cette blessure de l’âme sensible qu’est la jalousie : l’un des héritages possibles du péché originel. La grâce divine ne fait jamais l’économie de la nature et il est donc nécessaire de traiter au mieux, dans l’ordre naturel, le cas des jaloux. Il faut, en conséquence, s’adresser à l’intelligence de l’enfant pour mobiliser celui-ci pour le combat intérieur qu’il lui faudra mener. cf Eduquer en tenant compte des conditionnements et des caractères.

Le meilleur interlocuteur est le père, parce qu’il est généralement moins déchiré lui-même dans sa propre sensibilité par le mal être de l’enfant et qu’il peut mieux que la maman obliger l’intéressé à dialoguer dans le registre de la raison. En appeler à l’affectif de l’enfant serait une erreur puisque c’est justement l’affectif qui est malade. Il faut engager le dialogue avec les jaloux en dehors des phases de « psychodrame », dont sont coutumiers les extravertis, mais ne pas hésiter à profiter des phases de tristesse des introvertis, ce qui les aide à en sortir.

 

Ne pas se tromper sur l’amour : l’amour ne rétrécit pas !



Dans tous les cas, le fil conducteur de la « partition » paternelle, c’est le désir d’aider l’enfant à être heureux, alors qu’il s’ingénie, sans en être conscient, à tout faire pour s’empêcher de l’être. Or s’il est malheureux, c’est qu’il se trompe sur l’amour, qui est pour l’être humain, le facteur essentiel du bonheur. Il faut donc patiemment, au fil de conversations renouvelées, éclairer l’intelligence de l’enfant sur l’amour vrai et ses caractéristiques. Premièrement l’amour pour quelqu’un ne rétrécit pas quand celui qui aime multiplie le nombre des personnes aimées. L’amour est don de soi mais l’accueil de celui qu’on aime est une richesse et fait découvrir la possibilité d’une relation de communion, source d’une fécondité spirituelle, culturelle, morale, et, dans le cas du couple de tes parents, source de ta propre vie et de leur amour pour toi. Le désir de l’exclusivité enferme l’autre et soi même, rétrécit le champ de l’amour quand il ne l’anéantit pas et contribue à détériorer les possibilités de bonheur.

 

Dire fermement la vérité, le rôle incontournable des pères !



Il faut encourager, en témoignant par une attitude d’amour viril, que l’on ne veut que le bien de l’enfant, et lui donner des conseils de sagesse : ne pas rechercher la reconnaissance des autres, rendre service gratuitement, ne pas confondre l’amour avec la possessivité, laisser ceux qu’on aime en liberté, en évitant un style moralisateur et culpabilisant. Dire fermement la vérité avec beaucoup d’amour est toujours une bonne thérapie et c’est le rôle incontournable des pères. cf Etre père aujourd’hui, est-ce plus difficile qu’autrefois ? C’est peut-être le déficit de paternité, caractéristique de notre époque, qui favorise la multiplication des jalousies, non contenues, qui empoisonnent nos cellules de société, à commencer par la famille.
 
P. Y. Bonnet
 



Jeudi 27 Janvier 2011
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