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Mgr Schönborn commente Thérèse : " Pourquoi je t’aime ô Marie"


 

A l’approche de Noël, voici des extraits du commentaire de Mgr Schönborn sur le poème de Thérèse de Lisieux " Pourquoi je t’aime, ô Marie". Ces extraits tirés des enseignements donnés à la retraite sacerdotale internationale d’Ars nous préparent aussi à Noël…

La Foi de Marie

Sainte Thérèse parle audacieusement de la foi de Marie :

" L’Evangile m’apprend que croissant en sagesse
 A Joseph, à Marie, Jésus reste soumis
 Et mon coeur me révèle avec quelle tendresse
 Il obéit toujours à ses parents chéris.
 Maintenant je comprends le mystère du Temple
 Les paroles cachées de mon aimable Roi
 Mère, ton doux Enfant veut que tu sois l’exemple
 De l’âme qui le cherche en la nuit de la foi".

(strophe 15)

Marie est l’exemple de l’âme qui cherche Dieu en la nuit de la foi. Quelle étonnante formule ! Oser parler de la nuit de la foi de Marie, de cette nuit de la foi que Marie a dû traverser ! C’est la période où Thérèse, gravement malade, est elle-même entrée dans son épreuve de la nuit de la foi. Ce long poème est une lecture de la vie de Marie sous l’angle de la foi. Thérèse voit sa mère chérie surtout comme celle qu’Elisabeth a saluée par ces mots : " Heureuse celle qui a cru ;" (Lc 1, 45)

La foi de Marie…nous sommes avant la lettre déjà tout à fait dans l’esprit de Vatican II : le chapitre 8 de Lumen gentium, grand document sur l’Eglise et sur Marie dans le mystère du Christ et de l’Eglise, parle du " pélerinage de la foi" de Marie et nous sommes associés à ce pélerinage. Marie nous précède dans ce pélerinage. Vatican II nous invite à regarder Marie sous l’ngle de sa foi et Jean-Paul II, dans son encyclique Redemptoris Mater ( n° 18), va encore plus loin et rejoint la petite Thérèse en affirmant que la Vierge Marie, dans son pélerinage de la foi, est allée jusque dans la nuit de la foi.

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Thérèse est, je crois, la première dans la littérature chrétienne à parler de la nuit de la foi de la Sainte Vierge. Thérèse dit elle-même qu’elle avait des difficultés avec les éloges, les prédications qu’elle entendait, qui élevaient la Vierge Marie à un degré tel que cela décourageait les simples et les petits de marcher dans ses pas. Thérèse veut marcher dans les pas de Marie et c’est pour cela qu’elle a besoin de méditer sur Marie dans la simplicité de sa foi. Pour Thérèse, Marie est toute proche, elle est une mère toute de simplicité, de proximité. Pour trouver ainsi Marie, elle s’en tient strictement à l’Evangile. C’est incroyable : cette jeune carmélite ne veut connaître de Marie que ce que dit l’Evangile :

" En méditant ta vie dans la saint Evangile
 J’ose te regarder et m’approcher de toi
 Me croire ton enfant ne m’est pas difficile
 Car je te vois mortelle et souffrant comme moi" (strophe 2)

Thérèse est déjà très malade, très souffrante, elle voit Marie mortelle et souffrante comme elle-même. C’est impressionnant que Thérèse arrête sa méditation de la vie de Jésus au moment où Jean prend la Sainte Vierge chez lui :

"La maison de saint Jean devient ton seul asile
 Le fils de Zébédée doit remplacer Jésus
 C’est le dernier détail que donne l’Evangile
 De la Reine des Cieux, il ne me parle plus ;" ( strophe 24)

Thérèse se contente de ce qu’elle trouve dans l’Evangile. Quelle aide pour l’oecuménisme et pour parler de Marie ! Il est étonnant que Thérèse ne parle pas de ce qui n’est pas dans l’Evangile, elle répugne de plus en plus à utiliser les livres de piété, elle ne les supporte plus dans sa maladie, dans son épreuve de foi, sauf l’Imitation de Jésus-Christ. Elle dit de sa vie de méditation :

" C’est par dessus-tout l’Evangile qui m’entretient pendant mes oraisons. En lui je trouve tout ce qui est nécessaire à ma pauvre âme. j’y découvre toujurs de nouvelles lumières, des sens cachés et mystérieux. " ( manuscrit A)

L’Evangile et rien que l’Evangile…ce texte est cité dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, dans la partie sur les Evangiles.

Il y a plus encore que la simple lecture biblique : Thérèse lit la vie de Marie à la lumière de sa propre expérience de la " petite voie". Marie devient pour elle comme l’exemple de la petite voie :

Je sais qu’à Nazareth, Mère pleine de grâces
 Tu vis très pauvrement, ne voulant rien de plus
 point de ravissements, de miracles, d’extases,
 n’embellissent ta vie, ô Reine des élus !
 Le nombre des petits est bien grand sur la terre
 Ils peuvent sans trembler vers toi lever les yeux
 C’est par la voie commune, incomparable mère,
 Qu’il te plait de marcher pour les guider aux Cieux." ( strophe 17)

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Nous avons commencé notre réflexion avec cette parole du curé d’Ars : " Je te montrerai le Chemin du Ciel". Thérèse nous dit en conclusion : " C’est par la voie commune, incomparable mère, qu’il te plaît de marcher pour guider aux cieux les petits, tellement nombreux sur cette terre. " La voie commune, c’est ce que Thérèse médite dans la vie de Marie. C’est pour cela que les petits peuvent l’approcher sans trembler.

Cardinal Christoph SCHÖNBORN La Joie d’être Prêtre Editions des Béatitudes p99 à 101

à suivre

voir également Texte de Mgr Brincard sur la Toussaint


Samedi 27 Février 2010
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