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L'ouvrier, un égal dans la foi.

11) Profession, syndicats et économie, l'enjeu le plus important de cette époque.



Création de syndicats mixtes : une tentative imparfaite mais innovante.

Pierre Waldeck-Rousseau
Pierre Waldeck-Rousseau
La loi Waldeck-Rousseau de 1884 institue le syndicat. Il est important de réaliser que c'est une avancée considérable, un siècle après la révolution française. Le champ nouveau qui s'ouvre est en réalité le " plus gros morceau" au regard de l'évolution des mentalités. Les chrétiens vont donc se lancer dans la création de syndicats, à commencer par les syndicats mixtes , c'est-à-dire des syndicats où collaborent patrons et ouvriers. 

A : Dès 1884, c'est l'Association Catholique des patrons du Nord : former les patrons à leurs devoirs religieux et sociaux. L'ouvrier n'est pas seulement un employé, mais...un égal dans la foi!

B : Syndicats mixtes du Nord  : patrons, employés, ouvriers s'emploient ensemble à soulager la misère ouvrière, ce qui est positif. C'est pour améliorer la condition sociale que Philibert Vrau, grand patron de Lille  , crée un syndicat. L'incontestable paternalisme reste le point négatif, malgré tous les efforts de Léon Harmel .( Les procès de béatification de Philibert Vrau et de Léon Harmel sont tous deux en cours et se heurtent à la conception du paternalisme différente d'ailleurs chez chacun) Ce syndicat connaît aujourd'hui une postérité dans le centre spirituel de Hautmont. Voici un extrait de leur site qui relate le but de la création du syndicat :

 En 1884, les patrons du Nord se groupent en association dénommée "association catholique des patrons du nord" qui a pour but d'améliorer les rapports sociaux dans les entreprises. Ils organisent des retraites d'entreprises avec patrons et ouvrier. En 1888, apprenant qu'ils ne pourront pas disposer du château blanc, la construction du Hautmont est décidée. Grâce à une souscription "cellules par cellules de 4000 francs", les fonds nécessaires à ce projet sont réunis et la réalisation devient possible. La 1ere retraite y est donnée en 1890. Dès 1891, la maison prend son plein essor (2 136 retraitants dont 1 243 ouvriers), affirmant ainsi dès son origine la vocation d'approfondissement spirituel et social du centre du hautmont animé par les jésuites, malgré la dissolution officielle de la congrégation. La guerre idéologique fait rage dans la région contre le "sectarisme des patrons" et leur prosélytisme älors même que celle-ci fait face à un développement prodigieux de sa population ouvrière (multipliée par 10 en un siècle). Campagnes d'opinion, déclarations surprenantes, procès, etc...aboutissent dans un 1er temps à la fermeture de la chapelle, puis à la confiscation de la maison qu'il faudra racheter à l'Etat après la guerre de 1914. 

La maison de Hautmont a été confiée à une communauté nouvelle, CVX, communauté vie chrétienne, ce qui montre une continuité entre les catholiques sociaux et les communautés nouvelles, continuité qui mériterait d'être étudiée.

C : Syndicat mixte de l'Aiguille ( 1892), pour le monde de la couture.


D : L'apostolat du Père du Lac SJ, ( 1892-1907), en milieu mixte : ouvrières et patronnes se rencontrent!

E : syndicat de l'Enseignement libre ( 1902)

Il ne faut pas oublier le contexte d'opposition farouche de l'époque : grèves et troubles sociaux se multiplient, le communisme et le socialisme prônent la lutte des classes. Les syndicats chrétiens qui oeuvrent dans un autre sens sont une alternative interessante et appelée à un avenir durable. 

Philibert Vrau, biographie expresse 1829-1905  Fils d’industriel né à Lille en 1829 dans une famille laïque, Philibert Vrau reprend l’entreprise de fil à coudre créée par son père : Etablissement Vrau et Cie. Il développe l’activité de l’entreprise en organisant des représentations à l’étranger et en privilégiant la publicité. En 1870, l’entreprise compte 1000 employés.  Sa forte conscience chrétienne le pousse à se convertir en 1854. Conscient de sa responsabilité envers ses employés et gérant des sommes énormes, il développe des œuvres sociales et chrétiennes à destination de son personnel : suppression du travail de nuit pour les femmes, création d’une société de logements et d’une caisse de chômage pour les ouvriers… Il est l’un des fondateurs du catholicisme social et sera suivi sur cette voie par d’autres patrons (Léonard Daniel…).  En 1881, il organise à Lille le premier congrès eucharistique international puis développe des œuvres catholiques : Institut Catholique des Arts et métiers, écoles primaires paroissiales… Il est la cheville ouvrière de l’Université Catholique de Lille.  En 1911 naissant la paroisse et l’église Saint Philibert (rue Berthelot à Lille), l’église est dédiée à Saint Philibert, moine, en souvenir de Philibert Vrau.
Philibert Vrau, biographie expresse 1829-1905 Fils d’industriel né à Lille en 1829 dans une famille laïque, Philibert Vrau reprend l’entreprise de fil à coudre créée par son père : Etablissement Vrau et Cie. Il développe l’activité de l’entreprise en organisant des représentations à l’étranger et en privilégiant la publicité. En 1870, l’entreprise compte 1000 employés. Sa forte conscience chrétienne le pousse à se convertir en 1854. Conscient de sa responsabilité envers ses employés et gérant des sommes énormes, il développe des œuvres sociales et chrétiennes à destination de son personnel : suppression du travail de nuit pour les femmes, création d’une société de logements et d’une caisse de chômage pour les ouvriers… Il est l’un des fondateurs du catholicisme social et sera suivi sur cette voie par d’autres patrons (Léonard Daniel…). En 1881, il organise à Lille le premier congrès eucharistique international puis développe des œuvres catholiques : Institut Catholique des Arts et métiers, écoles primaires paroissiales… Il est la cheville ouvrière de l’Université Catholique de Lille. En 1911 naissant la paroisse et l’église Saint Philibert (rue Berthelot à Lille), l’église est dédiée à Saint Philibert, moine, en souvenir de Philibert Vrau.

La Naissance de la CFTC.


Une étape lointaine : 1887, le Syndicat des Employés, composés d'anciens élèves des Ecoles Chrétiennes. Il va se développer et se structurer. En 1906, un tandem de classe en prend la tête : Jules Zirnheld et Charles Viennet. 1908 voit naître le Regroupement des Employés Catholiques et 1913 la Fédération Française des Syndicats d'Employés Catholiques. A partir de 1902 apparaît un homme dont l'action sera remarquable dans le domaine de la Corporation des employés de la Soierie Lyonnaise : Auguste Gruffaz. Les Syndicats du Nord fondés en 1893 regroupaient 8000 syndicalistes chrétiens à la veille de la première guerre mondiale, malgré l'opposition des patrons et des syndicats mixtes. 

Un certain Gastion Tessier  développe les Syndicats de la rue de l'Echiquier. Il deviendra le premier Président de la CFTC lors de sa fondation en 1919 et sera un grand résistant lors de la seconde guerre mondiale, imprégnant la CFTC de ce même esprit de résistance et obtenant les grèves qui gêneront les Nazis et faciliteront la libération nationale du territoire. Il est co-signataire du Manifeste des Douze qui démarque le syndicalisme français du régime de Vichy ( 1940).

Les syndicats chrétiens se multiplient jusqu'en 1912 : Syndicats de la Rue de l'Université, Syndicats des Arsenaux ( 1913), et aussi les Syndicats Féminins : à Lyon, à Paris rue de l'Abbaye ( 1902), Impasse Gomboust ( 1909) et Rue Vercingétorix. S'y ajoutent les syndicats dans l'Enseignement libre, et les Syndicats des Gens de Maison. ( 1911), et même un syndicat de curés!   ( 1907)

Tout cela aboutit en 1919 à la création d'une confédération : La CFTC, avec le tandem Zirheld-Tessier.

Nous verrons dans notre article suivant l'essor de la CFTC.
Gruffaz raconte la naissance...du WE :La semaine anglaise ou plutôt Lyonnaise  « Cependant, la ligue pour le repos dominical s’employait activement depuis plusieurs années à redonner aux travailleurs de toutes corporations ce repos si nécessaire. Elle n’obtenait pas de résultats appréciables, parce que, pour beaucoup de professions, le dimanche restait le seul jour de vente et d’achat. C’est alors qu’en échangeant nos idées sur ce problème très complexe, nous eûmes la pensée, à la Corporation, de ramener la grande famille soyeuse, usines et magasins, à cette coutume des corporations du Moyen-âge, de celles de Lyon en particulier, d’arrêter tout travail, le samedi, aux premiers coups des vêpres. Pour la réaliser, nous trouvâmes un concours précieux en M. Louis Chavent, secrétaire de la chambre de commerce. Grâce à la grande autorité dont il jouissait tant auprès de ses collègues que dans toute la Fabrique, le principe de la fermeture des magasins de soieries le samedi, à midi, était favorablement accueilli par plusieurs fabricants. Pour passer de l’adhésion à la pratique, il suffit d’une conférence de notre vice-président à la Société populaire d’économie politique le 9 mai 1901, où avaient été convoquées, et effectivement représentées, les corporations appartenant à la soierie ou en dépendant immédiatement. Malgré la démonstration facile de la nécessité, de la possibilité de cette réforme, les objections ne manquèrent pas. Il y eut même une opposition assez vive d’une infime minorité de Fabricants routiniers qui ne voulaient pas convenir que cinq jours et demi bien employés pouvaient avantageusement remplacer six jours de travail mal organisés. Nous avons la satisfaction aujourd’hui, de constater que les événements ont confirmé nos prévisions. »  « Dès le 1er juin de cette même année 1901, la majorité des fabricants de soieries faisaient un essai loyal du repos du samedi soir. Les premières années, les magasins ne furent fermés que de mai à octobre. Puis d’année en année, le retour à cette coutume médiévale se généralisa dans l’industrie, dans les banques, dans les administrations publiques. Vous savez comme elle gagna toute la France, et comme elle assure, aujourd’hui, le vrai repos hebdomadaire, rendu si longtemps impossible à tous les travailleurs. Vous n’ignorez pas, au surplus, qu’elle facilita l’extension rapide autant qu’heureuse des jardins ouvriers dans notre région... »
Gruffaz raconte la naissance...du WE :La semaine anglaise ou plutôt Lyonnaise « Cependant, la ligue pour le repos dominical s’employait activement depuis plusieurs années à redonner aux travailleurs de toutes corporations ce repos si nécessaire. Elle n’obtenait pas de résultats appréciables, parce que, pour beaucoup de professions, le dimanche restait le seul jour de vente et d’achat. C’est alors qu’en échangeant nos idées sur ce problème très complexe, nous eûmes la pensée, à la Corporation, de ramener la grande famille soyeuse, usines et magasins, à cette coutume des corporations du Moyen-âge, de celles de Lyon en particulier, d’arrêter tout travail, le samedi, aux premiers coups des vêpres. Pour la réaliser, nous trouvâmes un concours précieux en M. Louis Chavent, secrétaire de la chambre de commerce. Grâce à la grande autorité dont il jouissait tant auprès de ses collègues que dans toute la Fabrique, le principe de la fermeture des magasins de soieries le samedi, à midi, était favorablement accueilli par plusieurs fabricants. Pour passer de l’adhésion à la pratique, il suffit d’une conférence de notre vice-président à la Société populaire d’économie politique le 9 mai 1901, où avaient été convoquées, et effectivement représentées, les corporations appartenant à la soierie ou en dépendant immédiatement. Malgré la démonstration facile de la nécessité, de la possibilité de cette réforme, les objections ne manquèrent pas. Il y eut même une opposition assez vive d’une infime minorité de Fabricants routiniers qui ne voulaient pas convenir que cinq jours et demi bien employés pouvaient avantageusement remplacer six jours de travail mal organisés. Nous avons la satisfaction aujourd’hui, de constater que les événements ont confirmé nos prévisions. » « Dès le 1er juin de cette même année 1901, la majorité des fabricants de soieries faisaient un essai loyal du repos du samedi soir. Les premières années, les magasins ne furent fermés que de mai à octobre. Puis d’année en année, le retour à cette coutume médiévale se généralisa dans l’industrie, dans les banques, dans les administrations publiques. Vous savez comme elle gagna toute la France, et comme elle assure, aujourd’hui, le vrai repos hebdomadaire, rendu si longtemps impossible à tous les travailleurs. Vous n’ignorez pas, au surplus, qu’elle facilita l’extension rapide autant qu’heureuse des jardins ouvriers dans notre région... »



Jeudi 3 Novembre 2011
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