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L'engagement dans la vie. Père Y. Bonnet.



Etudier ce qui plaît, papillonner ou se préparer à la vie réelle ?

L'engagement dans la vie. Père Y. Bonnet.

 

J’ai déjà eu l’occasion de traiter de l’engagement des laïcs catholiques, en indiquant les directives du Magistère, précisées par Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI, dans la ligne du concile Vatican II. Le thème de l’engagement est devenu également d’actualité dans la société civile, quand les observateurs, sociologues de métier, de la société occidentale ont constaté l’incapacité d’une majeure partie de la jeunesse à se décider pour le mariage, l’apprentissage d’un métier, la procréation, le devoir électoral et que sais-je encore ? Les réelles difficultés de l’entrée dans la vie professionnelle n’expliquent pas tout, car la poursuite d’études qui n’ont aucune chance d’intéresser les employeurs éventuels, est une cause non négligeable de ces difficultés. D’ailleurs de plus en plus, des petites et moyennes entreprises performantes n’arrivent pas à trouver sur le marché du travail les collaborateurs motivés dont elles ont un grand besoin. Des formations professionnelles de qualité conduisant à la certitude d’une proposition d’emploi ne trouvent pas de candidats au grand dam des entreprises et des formateurs. Il semble plus confortable d’étudier ce qui plaît que de se préparer à la vie réelle.


S'engager dans la durée.

L'engagement dans la vie. Père Y. Bonnet.

Les mêmes observateurs de la société constatent également que la question ne concerne pas que la jeunesse. En effet, il ne suffit pas d’être capable de prendre des décisions, qui engagent les débuts de la vie d’adulte, mais encore d’être capable de tenir ces engagements dans la durée. L’augmentation du divorce, y compris dans les milieux sociologiquement chrétiens mais également dans ceux où la foi paraissait solidement enracinée, montre bien l’ampleur du problème. La cohabitation hors mariage, par exemple, n’est pas et de loin l’apanage des moins de 30 ans. On cohabite maintenant à tout âge, on « est ensemble » selon l’expression consacrée qui témoigne de la précarité de la situation car rien n’indique que l’on a noué un véritable lien et qu’on a quelque chance de rester ensemble. Je dois confesser que cette expression m’irrite singulièrement !


La persévérance dans le temps.

Même constat chez les responsables de la vie associative : ils ont de plus en plus de mal à pouvoir organiser des journées de réflexion et de travail, car même s’ils ont pu susciter un réel intérêt chez leurs sociétaires, ceux-ci attendent le dernier moment pour s’in­scrire car, bien sûr, une sollicitation festive ou ludique de dernière heure peut se présenter et il ne faudrait quand même pas rater l’occasion !

Tout cela pour signifier que l’engagement ne consiste pas seulement à prendre des décisions, ce n’est que le premier pas, mais aussi à persévérer dans la voie où l’on s’est engagé. À l’école, les enseignants souffrent de cette difficulté à maintenir l’attention des enfants et des adolescents pendant suffisamment de temps pour qu’une notion importante, impossible à acquérir sans un temps notable, puisse être effectivement solidement enracinée. Il ne faut donc pas s’étonner que la démonstration soit bannie dans les mathémati­ques au collège. L’expérience montre dès lors qu’on peut passer le Bac S, avec mention bien voire très bien, en reproduisant des procédures, sans rien comprendre aux maths ! Là encore, la persévérance dans le temps s’avère indispensable.


La persévérance est donc une question éducative majeure.

L'engagement dans la vie. Père Y. Bonnet.

La persévérance est donc une question éducative majeure, qui touche directement la société civile dans l’ordre naturel et donc contamine la société ecclésiale dans l’ordre surnaturel. Ce qui n’étonnerait pas saint Thomas d’Aquin qui a nous a enseigné que « si la grâce vient au secours de la nature, elle ne fait jamais l’économie de la nature ». Sur ce thème de la persévérance dans l’agir, il y a donc une alliance objective à nouer entre la famille et l’école, pour que les enfants s’habituent très tôt à ne pas zapper en permanence, mais à achever ce qu’ils ont commencé, à persévérer dans leurs résolutions. L’enfer, comme dit le proverbe, est pavé de bonnes intentions, qui ne se sont jamais concrétisées faute de persévérance. Le Christ, lui-même, l’atteste : « Celui qui persévère, celui-là sera sauvé » (Mt 10, 22).


Lundi 13 Février 2012
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