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L’apport spécifique de Jean-Paul II. Synthèse.

parcours DSE. N°4.P.Bonnet.

En préparationd de la lecture de l’encyclique Caritas in Veritate, de Benoît XVI, nous concluons ce parcours sur les approches spécifiques de Jean-Paul II. Ce parcours de découverte de la doctrine Sociale de l’Eglise est suivi par un nouveau parcours sur La Doctrine Sociale de l’Eglise et le Travail.


 

Les approches spécifiques de Jean-Paul II. Synthèse

L’importance de l’homme

En toute occasion, Jean-Paul II recentre les questions sur l’importance de l’homme. Pour lui, les grandes erreurs des idéologies libérales ( hypertrophie de la liberté), socialistes ( atrophie de la liberté), proviennent toujours d’une erreur anthropologique. Tous les droits particuliers, économique, social, religieux, politique, culturel, font partie des droits de la personnes humaines", et la vision de Jean-paul II, si elle est " religieuse", est toujours fondée sur une philosophie de la personne, accessible aux non-croyants. Jean-Paul II, très critique vis-à-vis de la philosophie des Lumières, reprend à sa manière le combat des droits de l’homme, dans lequel ont échoué les systèmes politiques, issus de la philosophie des Lumières. ( Ce constat revient dans les trois encycliques sociales de Jean-Paul II, voir nos articles précédents).

De ce fait, Jean-Paul II porte un jugement équilibré sur l’économie moderne d’entreprise, à cause de la place qu’elle donne à la liberté de la personne. Il reconnait que le marché libre est l’instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre efficacement aux besoins solvables. Il reconnaît le rôle pertinent du profit comme indicateur de bonne santé de l’entreprise.

Mais il dénonce l’économisme, constate que de nombreux besoins humains ne peuvent pas être satisfaits par le marché, que l’Etat doit garantir la satisfaction des besoins fondamentaux de toute la société, que les forces sociales doivent jouer leur rôle pour contribuer à l’édification d’une société du travail libre, de l’entreprise et de la participation. ( CA 34-35)

Le "sujet travailleur".

Toujours à cause de l’importance qu’il donne à l’homme, Jean-paul II parle plus du sujet travailleur que de l’objet du travail. L’homme ne travaille pas seulement pour subsister, il travaille pour se développer, accroître sa dignité, participer à l’oeuvre du Créateur. L’homme, à l’image de Dieu, n’est pas créateur ( ex nihilo, à partir de rien, mais créatif, et cette créativité est la grande source de progrès social et économique, à condition qu’elle soit libérée.

Jean-Paul II reprend l’expression d’ Hyacinthe Dubreuil du travailleur salarié, qui travaille aussi " à son compte" et comme Simone Weil, il insiste sur la valeur spirituelle du travail. ( Laborem Exercens).

Jean-Paul II a également une vision extensive du capital, qui regroupe les moyens de production ( dont les propriétaires peuvent être privés ou publics), les savoirs et les technologies ( la matière grise accumulée) et les ressources naturelles. Il montre ainsi les limites d’un droit exclusif de la propriété privée mais également celles d’une socialisation qui tendrait à l’étatisation. Mais il répète comme tous ses prédécesseurs, que l’Eglise n’a pas de "solutions techniques" à proposer.

Les structures de péché et les prises de position en faveur du développement

Autre originalité de Jean-Paul II, il discerne dans le monde de véritables " structures de péché", qui s’opposent au devoir de promouvoir le bien commun, qui donnent l’impression de constituer tant chez les personnes qu’au sein des institutions un obstacle difficile à surmonter. Ces structures de péché ont pour origine des péchés personnels. le désir exclusif du profit et la soif de pouvoir " à tout prix", se rejoignent pour mettre à mal tant la solidarité que les libertés personnelles. Les prises de position en faveur du développement doivent donc avoir un caractère moral.

Conclusion Enfin, on peut aussi remarquer que la forme des trois encycliques sociales de Jean-Paul II est très marquée par une manière de penser et de s’exprimer très personnelle. l’enracinement de la pensée est biblique, spirituelle mais également philosophique ( personnaliste), la pensée n’est pas ordonnée " à la française" mais progresse par vagues successives, revenant sur un thème, apportant des nuances ou des compléments. Elle apparaît surtout comme celle d’un homme aux convictions vigoureuses, à l’expérience personnelle riche, au sens profond de sa responsabilité, qui témoigne que pour lui, l’autorité est un service. Nul doute que son successeur Benoît XVI saura à son tour retransmettre et enrichir la pensée sociale de Jean-Paul II dans son prochaine encyclique Caritas in Veritate.


Vendredi 5 Mars 2010
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