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Il n'y a de bon vent qu'à celui qui sait où il va : le service du bien commun.



C'est Aristote qui le dit! Sénèque aussi!

Il n'y a de bon vent qu'à celui qui sait où il va : le service du bien commun.
Mais ne faisons pas d’angélisme. Si 3000 ans et plus après la Loi donnée à Moïse, l’Eglise est obligée de définir le bien commun, but suprême, dira Léon XIII, qui donne son origine à la société humaine, c’est bien que cette société peut se structurer d’une manière qui ne respecte pas la personne humaine. En effet, dès qu’un groupement de personnes devient conséquent, il est bien obligé de se doter d’une forme ou d’une autre de gouvernement. Comme le dit le philosophe Sénèque : « Il n’y a pas de bon vent pour celui qui ne sait pas où il va » et, quand bien même, on sait où l’on va, comme les chemins sont multiples, il faut bien un pilote. Toute société humaine a besoin d’un gouvernement, faute de quoi par une pente bien naturelle, chacun pensera à son intérêt particulier sans se soucier de l’intérêt du groupe. Le gouvernement des hommes est donc nécessaire dans toute vie sociale, en commençant par la famille, à la fois, pour mobiliser tous les membres du groupe sur le but à atteindre, pour faire respecter à chacun les règles du jeu et pour obtenir de chacun qu’il accomplisse bien sa mission. Aristote, plus de 300 ans avant JésusChrist, écrit : " Chaque fois que plusieurs éléments sont ordonnés à une seule fin, on en trouve toujours un qui prend la tête et dirige. » 

Anarchie, archie et hiérarchie : notions utiles.

L’éthymologie des mots nous éclaire. Anarchie veut dire absence de commandement et on sait que l’anarchie engendre la désorganisation, le désordre, l’inefficacité. La société a donc besoin d’archie, c’est-à-dire de commandement, et l’on emploie le terme de hiérarchie, ce qui en montre l’importance puisque hieros en grec signifie sacré. Sacraliser le commandement, c’est en montrer l’importance vitale pour le groupe. 
 
La mission sacrée de la hiérarchie, c’est d’apporter un plus au groupe en favorisant l’union, la bonne utilisation des talents, l’efficacité par l’organisation, bref en « élevant le groupe et chacun de ses membres. » C’est ce que l’on appelle l’autorité, puique « augeo », en latin cette fois, signifie augmenter, ajouter une valeur, et que le gouvernement qui a une réelle autorité fait progresser le groupe et chacun de ses membres. Si l’égoïsme n’existait pas, l’autorité serait reconnue sans difficulté, on dirait, ce qui arrive parfois, ce chef « fait autorité ». Mais le péché originel et ses conséquences sont une réalité et, de ce fait, l’autorité a besoin de pouvoirs et notamment le pouvoir de récompenser les mérites et celui de sanctionner les fautes. Mais qui dit faute, dit transgression d’un interdit, ce qui signifie que le responsable d’une communauté est amené à édicter des interdits, d’une façon plus générale à légiférer, puis à faire respecter la loi. Cependant, le bon fonctionnement d'une hiérarchie repose sur le principe de subsidiarité, autre notion vitale de la Doctrine sociale et qui permet le bon fonctionnement d'une hiérarchie sans qu'elle devienne tyrannie.
 

Hiérarchie et service du bien commun

Ou, si le péché originel a des conséquences sur le comportement des hommes « de la base », il en a aussi sur les hommes susceptibles d’exercer un rôle hiérarchique, d’édicter des règles du jeu, de les faire respecter. Ne nous étonnons pas, si des responsables de communauté oublient ce qu’est l’autorité vraie pour se servir, pour leur propre intérêt, des pouvoirs relatifs à leur rôle hiérarchique à moins que ce soit pour servir les intérêts d’un groupe de pression, que ce dernier soit lui-même pressé par l’intérêt économique, l’idéologie ou le désir de domination maffieuse. Dès lors, il n’y a plus d’autorité vraie parce qu’il n’y a pas service du fameux « bien commun ». Les lois édictées par un gouvernement, régulièrement investi au demeurant, peuvent être injustes si elles-mêmes ne respectent pas les droits sacrés de la personne humaine faite à l’image de Dieu.  
 
D'où l'importance de connaître la définition du Bien Commun. 
 
Père Yannik Bonnet.
 

L'autorité et le bien commun dans le catéchisme de l'Eglise catholique : l'Etat de Droit.

Il n'y a de bon vent qu'à celui qui sait où il va : le service du bien commun.
[2  ] 1897 "A la vie en société manqueraient l’ordre et la fécondité sans la présence d’hommes légitimement investis de l’autorité et qui assurent la sauvegarde des institutions et pourvoient, dans une mesure suffisante, au bien commun" (PT 46). On appelle "autorité" la qualité en vertu de laquelle des personnes ou des institutions donnent des lois et des ordres à des hommes, et attendent une obéissance de leur part. 
 
1898 Toute communauté humaine a besoin d’une autorité qui la régisse (cf. Léon XIII, enc. "Immortale Dei" ; enc. "Diuturnum illud"). Celle-ci trouve son fondement dans la nature humaine. Elle est nécessaire à l’unité de la Cité. Son rôle consiste à assurer autant que possible le bien commun de la société. 
 
1899 L’autorité exigée par l’ordre moral émane de Dieu : "Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir, car il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par lui. Ainsi, celui qui s’oppose à l’autorité se rebelle contre l’ordre voulu par Dieu, et les rebelles attireront la condamnation sur eux-mêmes" (Rm 13,1-2 cf. 1P 1P 2,13-17). 
 
1900 Le devoir d’obéissance impose à tous de rendre à l’autorité les honneurs qui lui sont dus, et d’entourer de respect et, selon leur mérite, de gratitude et de bienveillance les personnes qui en exercent la charge. On trouve sous la plume du pape S. Clément de Rome la plus ancienne prière de l’Eglise pour l’autorité politique (cf. déjà 1Tm 2,1-2) : "Accorde-leur, Seigneur, la santé, la paix, la concorde, la stabilité, pour qu’ils exercent sans heurt la souveraineté que tu leur as remise. C’est toi, Maître, céleste roi des siècles, qui donne aux fils des hommes gloire, honneur et pouvoir sur les choses de la terre. Dirige, Seigneur, leur conseil, suivant ce qui est bien, suivant ce qui est agréable à tes yeux, afin qu’en exerçant avec piété, dans la paix et la mansuétude, le pouvoir que tu leur as donné, ils te trouvent propice" (Cor. 61,1-2). 
 
1901 Si l’autorité renvoie à un ordre fixé par Dieu, "la détermination des régimes politiques, comme la détermination de leurs dirigeants, doivent être laissées à la libre volonté des citoyens" (GS 74). La diversité des régimes politiques est moralement admissible, pourvu qu’ils concourent au bien légitime de la communauté qui les adopte. Les régimes dont la nature est contraire à la loi naturelle, à l’ordre public et aux droits fondamentaux des personnes, ne peuvent réaliser le bien commun des nations auxquelles ils se sont imposés. 
 
1902 L’autorité ne tire pas d’elle-même sa légitimité morale. Elle ne doit pas se comporter de manière despotique, mais agir pour le bien commun comme une "force morale fondée sur la liberté et le sens de la responsabilité" (GS 74) : La législation humaine ne revêt le caractère de loi qu’autant qu’elle se conforme à la juste raison ; d’où il apparaît qu’elle tient sa vigueur de la loi éternelle. Dans la mesure où elle s’écarterait de la raison, il faudrait la déclarer injuste, car elle ne vérifierait pas la notion de loi ; elle serait plutôt une forme de violence (S. Thomas d’A., I-II 93,3, ad 2). 
 
1903 L’autorité ne s’exerce légitimement que si elle recherche le bien commun du groupe considéré et si, pour l’atteindre, elle emploie des moyens moralement licites. S’il arrive aux dirigeants d’édicter des lois injustes ou de prendre des mesures contraires à l’ordre moral, ces dispositions ne sauraient obliger les consciences. "En pareil cas, l’autorité cesse d’être elle-même et dégénère en oppression" (PT 51). 
 
1904 "Il est préférable que tout pouvoir soit équilibré par d’autres pouvoirs et par d’autres compétences qui le maintiennent dans de justes limites. C’est là le principe de ’l’Etat de droit’ dans lequel la souveraineté appartient à la loi et non pas aux volontés arbitraires des hommes"

Mardi 20 Mars 2012
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