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Hiboux, choux, genoux, poux...jaloux !

Comment lutter contre la jalousie? (1) Quand nos enfants sont jaloux comme des poux ?





Un sentiment empoisonné


La jalousie est peut-être, depuis le péché originel, la blessure la plus fréquente, qui puisse infecter notre âme sensible. Ce n’est pas pour rien que la Bible nous révèle que Caïn l’a ressentie vis-à-vis d’Abel et qu’elle l’a incité au meurtre. Bien sûr, cela ne veut pas dire que tout jaloux a des chances de devenir un meurtrier, mais il reste que la jalousie est un sentiment empoisonné, qui fait énormément souffrir l’intéressé et bien souvent son entourage.
 

Ce sentiment s’installe précocement chez le petit de l’homme, avant l’âge de raison, ce qui fait que la prise de conscience rationnelle de la « maladie de l’âme sensible » ne peut avoir lieu. C’est dans l’imaginaire que le jaloux se dit qu’il n’est pas aimé puisque qu’on en aime d’autres ! Il s’imagine que l’amour ne peut s’adresser qu’à un seul sujet et toute marque d’affection à un autre que lui le crucifie. Selon son tempérament introverti ou extraverti, cela le conduit à se ronger intérieurement ou à exaspérer tout leur entourage et, dans les deux cas, à être la première victime de sa jalousie…ce qui peut, paradoxalement, la renforcer et l’installer durablement.
 

Généralement, puisqu’elle naît dans la toute petite enfance, c’est la maman qui est ciblée comme responsable de ce mal-être par les jaloux. C’est à elle qu’ils ne pardonnent pas de ne pas être exclusivement à eux. La jalousie peut donc infecter, dans une famille, aussi bien l’aîné qu’un enfant placé ultérieurement dans la fratrie. Un enfant unique peut être mortellement jaloux de l’amour conjugal de ses parents. Et puis il y a le cas, beaucoup plus rare heureusement, d’un enfant qui n’est pas aimé par sa maman, mais ce cas déborde celui du sentiment fréquent de la jalousie « ordinaire » et se révèle beaucoup plus redoutable.
 

Le contre-poison


En ce qui concerne la jalousie « ordinaire », il est important de savoir qu’elle fait partie de ces « échardes », pour prendre l’expression de st Paul, qui restent plantées dans notre personne, toute notre vie. On ne sait pas la blessure intime dont souffrait st Paul, mais s’il nous a fait la confidence de sa souffrance, c’est pour nous donner la réponse lapidaire du Seigneur : « Ma grâce te suffit ». Autrement dit, le petit jaloux doit être instruit sur ce qu’est la jalousie : un travail diabolique, qui vise à perturber sa façon de conduire ses relations à l’autre, pour nuire à lui-même et à son entourage. Il faut qu’il sache que le malin ne renonce jamais, qu’il connaît les failles par lesquelles il peut s’introduire et qu’il persévéra. Il lui faudra donc faire humblement appel à la grâce divine toute sa vie pour neutraliser le poison.
 

On voit donc que l’enfant jaloux peut « verrouiller »la porte du chemin de guérison, soit en refusant d’admettre sa difficulté personnelle de jalousie, soit en refusant de faire appel systématiquement à la grâce divine dans la prière et avec l’aide puissante du sacrement de réconciliation. Mais parallèlement à ce volet spirituel, il est important que les parents jouent leur rôle d’éducateurs en accompagnant le cheminement de l’enfant, dans un dialogue régulier, destiné à tenir en bon état le poste de pilotage de sa personne, à savoir l’intelligence et la volonté. Nous y reviendrons dans le prochain billet. cf Comment lutter contre la jalousie ?(2)

P. Y. Bonnet


  
 



Jeudi 27 Janvier 2011
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