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Faut-il revenir sur le célibat sacerdotal? La réponse de Paul VI, futur bienheureux.

Paul VI dans sa lettre sur le célibat sacerdotal exprimait lui-même ainsi la situation puis apporte des réponses reprises par les saints de notre époque, dont Jean-Paul II :" La question concernant le célibat du clergé dans l’Eglise a longuement retenu Notre attention, dans toute son ampleur et sa gravité: faut-il encore aujourd’hui maintenir cette obligation exigeante et sublime pour les hommes qui désirent accéder aux ordres majeurs? L’observance de cette obligation est-elle possible, est-elle opportune aujourd’hui? Le temps ne serait-il pas venu de rompre le lien qui, dans l’Église, attache le célibat au sacerdoce? Cette observance difficile pourrait-elle devenir facultative? Le ministère sacerdotal n’y gagnerait-il pas et le rapprochement œcuménique n’en serait-il pas rendu plus aisé? Que si cette noble loi du célibat doit rester en vigueur, quelles sont les raisons qui aujourd’hui en montrent la sainteté et la convenance? Enfin moyennant quelles aides peut-elle être respectée, et comment la vie sacerdotale y trouvera-t-elle, au lieu d’un poids, un soutien?"



Une lettre fondamentale de Paul VI en forme d'interrogation loyale sur la première partie.

Faut-il revenir sur le célibat sacerdotal? La réponse de Paul VI, futur bienheureux.
La première partie de cette lettre " Sacerdotalis Caelibatus" expose les objections contre le célibat sacerdotal. Dans sa sage et courageuse analyse, le Pape Paul VI aborde loyalement toutes les objections : ce que disent les pères de l'Eglise, ce qu'on trouve dans l'Evangile sur le sujet : 
"La première objection semble venir de la source la plus autorisée: le Nouveau Testament, où nous est gardée la doctrine du Christ et des Apôtres, n’exige point le célibat des ministres sacrés, mais le propose comme libre obéissance à une vocation spéciale, à un charisme spécial (cf. Mt. 19, 11-12). Jésus lui-même n’en a pas fait une condition préalable au choix des Douze, ni non plus les Apôtres à l’égard des hommes qui étaient préposés aux premières communautés chrétiennes (cf. 1 Tim 3, 2-5; Tit 1, 5-6)."

Célibat sacerdotal et célibat consacré vu par Paul VI

"7. Beaucoup d’objectants relèvent une difficulté dans le fait que la discipline en vigueur fait coïncider le charisme de la vocation sacerdotale avec le charisme de la chasteté parfaite comme état de vie du ministre de Dieu; dès lors ils se demandent s’il est juste d’écarter du sacerdoce ceux qui auraient la vocation sacerdotale sans avoir en même temps celle du célibat."

Plus profond encore et totalement d'actualité :
"9. On rencontre aussi la conviction que non seulement le régime du sacerdoce conféré à des hommes mariés supprimerait l’occasion d’infidélités, de désordres et de défections pénibles, qui sont pour l’Eglise entière autant de blessures et de peines, mais qu’il permettrait aux ministres du Christ un témoignage plus complet de vie chrétienne également dans le domaine de l’existence familiale, domaine d’où leur état actuel les exclut."



L'aspect psychologique et la source des scandales actuels?

Paul VI continue l'exposé sincère du problème :

"Violence faite à la nature ?
 
10. Par ailleurs, il en est qui affirment avec insistance que le célibat place le prêtre dans une condition physique et psychologique antinaturelle, dommageable à l’équilibre et à la maturité de la personne humaine; il en résulte, disent-ils, que souvent le cœur du prêtre se dessèche, manque de chaleur humaine et de pleine communion avec ses frères dans leur vie et leur destin, et est contraint à un isolement d’où naissent l’amertume et le découragement."

Et maintenant, les réponses : le vrai point de vue, Paul VI retourne la question dans la deuxième partie de la lettre.

Accolade entre le pape Paul VI et le cardinal Ratzinger, lequel a fait notablement avancer le procès de béatification de son prédécesseur.
Accolade entre le pape Paul VI et le cardinal Ratzinger, lequel a fait notablement avancer le procès de béatification de son prédécesseur.
"Une longue série de difficultés se présentera à ceux qui "ne comprennent pas cette réalité" (Mt. 19, 11), qui ignorent ou qui oublient le "don de Dieu" (cf. Jn 4, 10) et à qui échappent la logique supérieure de cette conception nouvelle de la vie, son étonnante efficacité et sa plénitude débordante."

Paul VI retourne la question dans la deuxième partie.

Un amour plus élévé pour la vie nouvelle qui jaillit du mystère pascal.

" Nous ne pouvons pas ne pas remarquer les foules des religieux, des religieuses, et aussi de jeunes gens, de laïques, fidèles à leur engagement de chasteté parfaite. Celle-ci est vécue non par dépréciation du don divin de la vie mais par un amour plus élevé pour la vie nouvelle qui jaillit du mystère pascal."

Soutenir le prêtre dans son choix exclusif, définitif et total de l'amour unique et souverain du Christ.

Il n’est pas dans mon intention de rappeler dans cette lettre tout ce qui constitue la richesse de la vie et du ministère des prêtres. Je renvoie ici à toute la tradition du magistère de l’Église et, d’une façon particulière, à la doctrine du Concile Vatican II contenue dans ses divers documents, surtout dans la constitution Lumen Gentium et dans les décrets Presbyterorum ordinis et Ad gentes. Je me rattache aussi à l’encyclique de mon prédécesseur Paul VI Sacerdotalis caelibatus. Enfin, je désire donner une grande importance au document De Sacerdotio ministeriali que le même Paul VI a approuvé comme fruit des travaux du Synode des Évêques de 1971 car il y a trouvé - bien que la session du Synode qui l’avait élaboré n’ait eu qu’un caractère consultatif - un exposé d’une importance essentielle en ce qui concerne l’aspect spécifique de la vie et du ministère des prêtres dans le monde contemporain. J-P II, lettre aux prêtres, 1978
Il n’est pas dans mon intention de rappeler dans cette lettre tout ce qui constitue la richesse de la vie et du ministère des prêtres. Je renvoie ici à toute la tradition du magistère de l’Église et, d’une façon particulière, à la doctrine du Concile Vatican II contenue dans ses divers documents, surtout dans la constitution Lumen Gentium et dans les décrets Presbyterorum ordinis et Ad gentes. Je me rattache aussi à l’encyclique de mon prédécesseur Paul VI Sacerdotalis caelibatus. Enfin, je désire donner une grande importance au document De Sacerdotio ministeriali que le même Paul VI a approuvé comme fruit des travaux du Synode des Évêques de 1971 car il y a trouvé - bien que la session du Synode qui l’avait élaboré n’ait eu qu’un caractère consultatif - un exposé d’une importance essentielle en ce qui concerne l’aspect spécifique de la vie et du ministère des prêtres dans le monde contemporain. J-P II, lettre aux prêtres, 1978
"14. Nous estimons donc que la loi du célibat actuellement en vigueur doit, encore de nos jours et fermement, être liée au ministère ecclésiastique; elle doit soutenir le ministre de l’Eglise dans son choix exclusif, définitif et total de l’amour unique et souverain du Christ, du dévouement au culte de Dieu et au service de l’Eglise, et elle doit qualifier son état de vie aussi bien dans la communauté des fidèles que dans la société profane."

Sainteté du mariage et attachement total et direct au Seigneur.

"20. De par la volonté de Dieu, le mariage continue l’œuvre de la première création (Gen. 2, 18); assumé dans le plan total du salut, il acquiert, lui aussi un sens nouveau, une valeur nouvelle. De fait Jésus a restauré sa dignité originelle (Mt. 19, 38), lui a rendu hommage (cf. Jean 2, 1-11) et l’a élevé à la dignité de sacrement et de signe mystérieux de sa propre union avec l’Eglise (Eph. 5, 32). Ainsi les époux chrétiens dans l’exercice de leur amour mutuel et l’accomplissement de leurs devoirs spécifiques, dans la tendance à cette sainteté qui leur est propre, font route ensemble vers la patrie céleste. Mais le Christ, Médiateur d’une Alliance plus haute (Hébr. 8, 6), a ouvert un autre chemin où la créature humaine, s’attachant totalement et directement au Seigneur, exclusivement préoccupée de Lui et de ce qui Le concerne (1 Cor. 7, 33-35), manifeste de façon plus claire et plus complète la réalité profondément novatrice de la Nouvelle Alliance."

Le célibat des prêtres dans l'Evangile : quiconque aura abandonné maison, famille, épouse et enfants pour le Royaume...

"22. Jésus, qui choisit les premiers ministres du salut, qui les voulut initiés à l’intelligence des mystères du royaume des cieux (Mt. 13, 11; Marc 4, 11; Luc 8, 10), coopérateurs de Dieu à un titre très spécial et ses ambassadeurs (2 Cor. 5, 20), et qui les appela amis et frères (Jean 15, 15; 20, 17), pour lesquels il s’est sacrifié lui-même afin qu’ils fussent consacrés en vérité (Jean 17, 19), a promis une récompense surabondante à quiconque aura abandonné maison, famille, épouse et enfants pour le royaume de Dieu (Luc 18, 29-30). Davantage, il a recommandé aussi,(8) en paroles lourdes de mystères et de promesses, une consécration plus parfaite encore au règne des cieux par la virginité fruit d’un don particulier (Mt. 19, 11-12). La réponse à ce charisme divin a comme motif le règne des cieux (ibid., v. 12); et pareillement c’est ce règne (Luc 18, 39), l’Evangile (Marc 10, 29) et le nom du Christ (Mt. 19, 29) qui motivent les appels de Jésus aux renoncements ardus que l’apôtre consentira pour une participation plus intime au destin du Christ (cf. Marc l. c.)."

Paul VI sur le célibat sacerdotal en réponse aux erreurs et aux médias, en hommage aux prêtres fidèles qui ne causent pas de scandales et qui sont des milliers dont on ne parle pas.

"La grâce multiplie avec une force divine les exigences de l’amour qui, quand il est authentique, est total, exclusif, stable et perpétuel, et porte irrésistiblement à tous les héroïsmes. Aussi le choix du célibat sacré a-t-il toujours été considéré par l’Eglise "comme un signe et un stimulant de la charité": (9) signe d’un amour sans réserve, stimulant d’une charité ouverte à tous."

"Nous vous invitons vous-mêmes, Frères vénérés, ainsi que ceux qui étudient la doctrine catholique et les maîtres spirituels, et tous les prêtres capables d’avoir l’intelligence intuitive et surnaturelle de leur vocation, à continuer de chercher dans cette direction et de pénétrer les réalités intimes et fécondes à y trouver. De la sorte, le lien entre sacerdoce et célibat apparaîtra toujours mieux dans sa logique lumineuse et héroïque d’amour unique et sans limites au Christ Seigneur et à son Eglise."

"26. "Saisi par le Christ Jésus" (Phil. 3, 12) jusqu’à s’abandonner totalement à Lui, le prêtre se configure plus parfaitement au Christ également dans l’amour avec lequel le Prêtre éternel a aimé l’Eglise son Corps, s’offrant tout entier pour elle, afin de s’en faire une Epouse glorieuse, sainte et immaculée (cf. Eph. 5, 25-27)."

"29. Le célibat confère à tout le reste de la vie du prêtre une plénitude accrue de sens et d’efficacité sanctifiante. L’obligation particulière de sa sanctification personnelle trouve en effet de nouveaux stimulants dans le ministère de la grâce et celui de l’Eucharistie, en laquelle est contenu tout le bien de l’Eglise;

Paul VI aborde aussi la question de la Tradition orientale catholique. Ce sera l'objet d'un article suivant.

Lire la lettre de Paul VI en entier :

V
oir aussi sur notre site : Paul VI et le célibat sacré.


L
es médias n'entrent guère dans les nuances sur le sujet....un exemple cependant à partir des propos de Mgr Barbarin sur le sujet ; " Non, Barbarin n'a pas dit qu'il était pour le mariage des prêtres" sur Lyon-capitale.fr



Dimanche 24 Février 2013
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