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Ce qui est à moi est...à moi.

2) La propriété privée.



Plus stimulante que la propriété collective...

Encore faut-il pouvoir accéder aux biens de base...
Encore faut-il pouvoir accéder aux biens de base...
Continuons, si vous le voulez bien, à creuser cette question de la propriété privée, après avoir étudié le principe de destination universelle des biens temporels. Le fait que le prochain ait lui aussi, des besoins en terme de biens temporels, montre que le droit de propriété, s'il est légitime, ne peut être un droit absolu. On pourrait dire que c'est un droit positif, dérivé du principe de destination universelle des biens temporels : l'expérience le montre bien, la propriété privée incite le propriétaire à bien gérer son domaine propre, à le faire fructifier, alors que la propriété collective est beaucoup moins stimulante car, compte tenu du péché originel, chacun peut être fortement tenté de laisser aux autres le soin de travailler pour entretenir et développer ce qui appartient à la collectivité. Notons que le travail est une des origines de la propriété privée.

Le développement de la notion de propriété privée.

Ce qui est à moi est...à moi.
L'Eglise défend le droit de propriété comme un droit positif, relevant des conventions humaines et participant du droit naturel, qui confère à tous les hommes la gérance de la création.  C'est en ce sens que Léon XIII dira dans Rerum Novarum que la propriété privée découle du droit naturel. Et ses successeurs ne feront que préciser des aspects de ce droit à la propriété privée, , par exemple Pie XI précisera qu'il n'y a aucune injustice à occuper un bien qui n'appartient à personne, et que la valeur ajoutée par le travail donne un droit sur le produit de ce travail. Pie XII dira que la protection de ce droit assure la dignité personnelle de l'homme et lui donnera la facilité à remplir, dans un juste usage de sa liberté, ses devoirs envers le Créateur. Jean XXIII précisera que ce droit de propriété vaut également pour les moyens de production. La question mérite une citation de Mater et Magistra :  

" En défendant le principe de la propriété privée, l'Eglise poursuit un haut objectif tout à la fois moral et social. Ce n'est pas qu'elle prétende soutenir purement et simplement l'état actuel des choses, comme si elle y voyait l'expression de la volonté divine, ni protéger par principe le riche et le ploutocrate contre le pauvre et le prolétaire.... L'Eglise vise plutôt à faire en sorte que l'institution de la propriété devienne ce qu'elle doit être, selon les plans de la sagesse divine et selon le vœu de la nature. » (32) C'est dire qu'elle doit être à la fois garantie de la liberté essentielle de la personne humaine et élément indispensable de l'ordre social."


Besoin humain d'une zone d'autonomie personnelle.

La constitution pastorale Gaudium et spes confirmera ce besoin d'une zone d'autonomie personnelle et familiale de l'homme, qui est donnée par la propriété privée, ce qui n'empêche pas celle-ci de garder un caractère social en raison du principe de destination universelle des biens, ce que confirmera Jean-paul II dans Laborem Exercens ( N° 14) et dans Centesimus Annus ( N° 30 ). Autrement dit, l'Eglise distingue la possession des biens, qu'elle estime juste, de l'usage qui est fait de ces biens, qui peut se révéler légitime ou abusif. Et elle n'hésite pas à préciser ce qui est légitime dans l'usage des biens.

Le vrai sens de l'épargne.

Ce qui est à moi est...à moi.
Nous l'avons déjà dit, l'homme a besoin de pourvoir à sa subsistance et à celle de sa famille. C'est tellement vrai, qu'en cas d'urgence et de grave nécessité, il peut être indispensable d'user du bien d'autrui sans pour autant être taxé de vol. Mais, vertu de prudence oblige, l'homme se projette également dans l'avenir et cherche à assurer, dans la mesure de ses possibilités, le futur de sa famille, à faciliter l'installation dans la vie de ses enfants, voire de ses petits enfants. Conçue de cette manière, l'épargne est une bonne chose car c'est renoncer à une consommation immédiate, qui pourrait être hédoniste et égoïste, pour pourvoir au nécéssaire de sa descendance. En revanche, l'épargne peut être elle-même un signe d'avarice, d'égoïsme, de désintérêt pour les pauvres. C'est pourquoi le prolongement de l'enseignement constant de l'Ecriture Sainte, l'Eglise rappelle que ceux qui possèdent ont, au-delà de leur devoir de justice, un grave devoir de charité, qui dépasse d'ailleurs le seul domaine des biens matériels et concerne également le don de leur temps, le partage de leur connaissances culturelles, l'utilisation de leurs talents au service du prochain.

Un droit légitime, encadré par une analyse lucide sur l'usage qui en est fait.

On voit que cette charité peut conduire quelqu'un à créer une entreprise, s'il en a les moyens et le talent, plutôt que de mener une vie plus tranquille comme salarié. Créer des emplois est une oeuvre utile, pourvu que les biens ou services produits aient une réelle utilité socio-économique. Jean-Paul II, comme ses prédécesseurs, encourage l'économie de libre entreprise ( Centesimus Annus N° 32 et 34) qui permet de contribuer à une abondance profitable à tous et condamne la théorie qui fait du profit la règle exclusive et la fin ultime de l'activité économique. Les idéologies individualistes ou collectivistes ont toujours été dénoncées par l'Eglise comme construisant des sociétés qui oppriment les personnes. En ce qui concerne le droit de propriété privée, l'Eglise le défend tout en portant un jugement d'ordre moral sur l'usage qui en est fait.

Samedi 5 Novembre 2011
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