Saint Joseph du Web

Saint Joseph du Web

Recherche
Rss

Benoît XVI : "mondialiser la solidarité" : principe de subsidiarité et principe de solidarité


 
 

Dans la suite de notre article, nous vous proposons ces citations du Pape Benoît XVI sur le principe de subsidiarité et le principe de solidarité. Au moment où la publication de la prochaine encyclique sociale " Caritas in Veritate" devient de plus en plus imminente, il est bon de voir une fois de plus la continuité de la pensée de Jean-Paul II et celle de son successeur dans ce domaine, en réponse constructive à la crise financière et économique. Nous mettons donc en première partie de cet article des propos du pape Benoît XVI prononcés l’année dernière à la fondation CENTESIMUS ANNUS -PRO PONTIFICE, ainsi que les propos tenus cette année le 13 juin, dans la même continuité et qui annoncent la prochaine encyclique.

promotion intégrale de l’homme

"Le capital social et le développement humain". Vous avez ainsi voulu réfléchir sur le besoin, qui est ressenti par beaucoup, de promouvoir un développement mondial attentif à la promotion intégrale de l’homme, en mettant en lumière également la contribution que peuvent apporter les associations de volontariat, les fondations à but non lucratif et d’autres communautés nées avec l’objectif de rendre le tissu social toujours plus solidaire.

Principe de subsidiarité et de solidarité

Un développement harmonieux est possible si les choix économiques et politiques mis en oeuvre tiennent compte de ces principes fondamentaux qui le rendent accessible à tous : je pense, en particulier, aux principes de subsidiarité et de solidarité. La personne, créature à l’image de Dieu et voulue par Lui pour protéger et administrer les immenses ressources de la Création, doit toujours être placée au centre de toute stratégie économique, en particulier quand on considère le réseau étendu et complexe des relations qui caractérise l’époque post-moderne.

La métaphore évangélique de l’administrateur

Seule une culture partagée de la participation responsable et active peut permettre à tout être humain de se sentir non pas bénéficiaire et témoin passif, mais collaborateur actif dans le processus de développement mondial. L’homme, auquel Dieu dans la Genèse a confié la terre, a le devoir de faire fructifier tous les biens terrestres, en s’employant à les utiliser pour satisfaire les divers besoins de tous les membres de la famille humaine. Une des métaphores récurrentes dans l’Evangile est justement, en effet, celle de l’administrateur. L’homme doit donc, avec l’âme d’un administrateur fidèle, gérer les ressources que Dieu lui a confiées en les mettant à disposition de tous. En d’autres termes, il convient d’éviter que le profit soit seulement individuel ou que des formes de collectivisme oppriment la liberté personnelle. L’intérêt économique et commercial ne doit jamais devenir exclusif, parce qu’il serait amené de fait à porter atteinte à la dignité humaine.

Mondialiser la solidarité

Puisque le processus de mondialisation, en acte dans le monde, pénètre toujours plus dans le domaine de la culture, de l’économie, des finances et de la politique, le grand défi d’aujourd’hui est de "mondialiser" non seulement les intérêts économiques et commerciaux, mais également les attentes de solidarité, dans le respect et dans la valorisation de l’apport de toutes les composantes de la société. Comme vous le répétez à juste titre, la croissance économique ne doit jamais être séparée de la recherche d’un développement intégral humain et social. A cet égard, l’Eglise dans sa doctrine sociale, souligne l’importance de l’apport des corps intermédiaires selon le principe de l’aide, pour contribuer librement à orienter les changements socioculturels et les diriger vers un progrès authentique de l’homme et de la collectivité. A ce propos, j’ai réaffirmé dans l’Encyclique Spe salvi que "les structures les meilleures fonctionnent seulement si, dans une communauté, sont vivantes les convictions capables de motiver les hommes en vue d’une libre adhésion à l’ordonnancement communautaire" (n. 24).

Répondre aux attentes légitimes de nos frères

Chers amis, alors que je vous renouvelle ma gratitude pour le généreux soutien que vous prêtez sans cesse aux activités de charité et de promotion humaine dans l’Eglise, je vous invite également à offrir la contribution de votre réflexion pour la réalisation d’un ordre économique mondial juste. A ce propos, il me plaît de reprendre une affirmation éloquente du Concile Vatican II : "Les chrétiens - lit-on dans la Constitution Gaudium et spes - ne peuvent pas former de souhait plus vif que celui de rendre service aux hommes de leur temps, avec une générosité toujours plus grande et plus efficace. Aussi, dociles à l’Evangile et bénéficiant de sa force, unis à tous ceux qui aiment et pratiquent la justice, ils ont à accomplir sur cette terre une tâche immense…" (n. 93). Continuez dans cet esprit votre action en faveur de tant de nos frères. Au dernier jour, au jour du Jugement dernier, il nous sera demandé si nous avons utilisé ce que Dieu a mis à notre disposition pour répondre aux attentes légitimes et aux besoins de nos frères, en particulier les plus petits et les plus pauvres d’entre eux. Que la Vierge Marie, que nous contemplons aujourd’hui alors qu’elle rend visite à sa cousine plus âgée Elisabeth, obtienne pour chacun d’entre vous d’être toujours attentionné envers votre prochain. Je vous assure de mon souvenir dans la prière et je vous donne de tout coeur ma Bénédiction, à vous tous ici présents, à vos familles et à tous ceux qui collaborent avec vous dans vos diverses activités professionnelles.

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI AU CONGRÈS INTERNATIONAL PROMU PAR LA FONDATION "CENTESIMUS ANNUS - PRO PONTIFICE" Salle Clémentine Samedi 31 mai 2008 © Copyright 2008 - Libreria Editrice Vaticana

Vers un nouveau modèle de développement

ROME, Lundi 15 juin 2009 (ZENIT.org) - En pleine crise financière et économique, Benoît XVI a invité à « repenser » certains « paradigmes économiques et financiers » et développer un « nouveau modèle de développement plus attentif aux exigences de la solidarité ».

Lors de l’audience annuelle aux membres de la fondation ‘Centesimus Annus - Pro Pontifice’, le 13 juin au Vatican, le pape a aussi évoqué la publication de sa prochaine encyclique, probablement fin juin, dans laquelle « les valeurs à encourager et à défendre infatigablement afin de réaliser une vie en commun humaine vraiment libre et solidaire » seront mises en évidence.

« La crise financière et économique qui a touché les pays industrialisés, ceux émergents et ceux en voie de développement, montre de manière évidente comment certains paradigmes économiques et financiers, dominants ces dernières années, sont à repenser », a estimé Benoît XVI.

Il a par ailleurs salué cette réunion annuelle de la fondation ‘Centesimus Annus - Pro Pontifice’, qui a travaillé sur « la recherche et l’indentification de ce que sont les valeurs et les règles auxquelles le monde économique devrait se tenir pour mettre en évidence un nouveau modèle de développement plus attentif aux exigences de la solidarité et plus respectueux de la dignité humaine ».

Economie de marché et bien commun

« Je suis heureux d’apprendre que vous avez examiné, en particulier, les interdépendances entre institutions, sociétés, et marché, en partant, en accord avec l’encyclique Centesimus Annus (…), de la réflexion selon laquelle l’économie de marché, entendue comme ‘un système économique qui reconnaît le rôle fondamental et positif de l’entreprise, du marché, de la propriété privée et de la responsabilité qu’elle implique dans les moyens de production, de la libre créativité humaine dans le secteur économique’ (n. 42), peut être reconnue comme un chemin de progrès économique et civil, seulement si elle s’oriente vers le bien commun (cf n. 43) », a affirmé le pape.

Mais pour Benoît XVI, «  une telle vision doit aussi s’accompagner d’une autre réflexion selon laquelle la liberté dans le secteur de l’économie doit se situer dans ‘un contexte juridique ferme qui la met au service de la liberté humaine intégrale’, une liberté responsable ‘dont l’axe est d’ordre éthique et religieux’ » (n. 42).

Dans son discours, le pape a aussi souhaité que les travaux de la fondation ‘Centesimus Annus - Pro Pontifice’ « élaborent une vision de l’économie moderne respectueuse des besoins et des droits des plus faibles ».

Annonce de l’Encyclique Caritas in Veritate

« Comme vous le savez, mon encyclique consacrée au vaste thème de l’économie et du travail sera prochainement publiée : y seront mis en évidence les objectifs qui pour nous, chrétiens, sont à poursuivre et les valeurs à encourager et à défendre infatigablement, afin de réaliser une vie en commun humaine vraiment libre et solidaire », a-t-il ajouté. La fondation de religion et de culte ‘Centesimus Annus - Pro Pontifice’ a son siège au Vatican. La fondation vise précisément à coopérer à la diffusion des valeurs humaines éthiques, sociales et chrétiennes, qui figurent dans l’Encyclique ‘Centesimus Annus’ publiée en 1991 à l’occasion du centenaire de l’encyclique Rerum Novarum (1891, Léon XIII).


Mercredi 3 Mars 2010
Lu 1025 fois