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Allez et rejoignez tous les cercles de la société!

10) : Actions à l'extérieur de l'entreprise : l'éducation populaire, l'apprentissage, l'enseignement supérieur, l'enseignement ménager... Saisis d'une créativité impressionnante, les catholiques sociaux rejoignent tous les cercles de la société.



L'éducation populaire : le brassage des initiatives.

Paris, 3 avril 1873 - 28 mai 1950          Marc Sangnier a consacré sa vie et ses talents d'orateur et de journaliste à l'idée d'une démocratie fondée sur les forces morales et spirituelles de la foi chrétienne. Né dans une famille très pieuse de la grande bourgeoisie, il fait ses études à Paris, au collège Stanislas, tenu par les Marianistes, ouverts aux idées du catholicisme social prônées par le pape Léon XIII.  Déjà, il cherche à éveiller ses camarades à leurs devoirs  civiques et sociaux et collabore à la revue Le Sillon, fondée en 1894 par son ami Paul Renaudin. En 1899, Le Sillon se transforme en mouvement. Au sortir de l'École polytechnique, Sangnier renonce  une carrière d'officier pour en prendre la direction.            Cherchant à réconcilier le catholicisme avec le régime républicain, Le Sillon s'est fixé pour but de "travailler à développer les forces sociales du catholicisme dans la société contemporaine". "Les beaux temps du Sillon" se consacrent à l'éducation populaire ; "le plus grand Sillon" s'ouvre aussi à tous ceux qui croient aux valeurs spirituelles et humaines.  Entre 1899 et 1910, à une époque où les idées dominantes de la Troisième République sont mises en cause, où s'installe un climat de religiosité et où émergent des préoccupations sociales, Le Sillon va marquer son influence sur de larges franges de la population française.
Paris, 3 avril 1873 - 28 mai 1950 Marc Sangnier a consacré sa vie et ses talents d'orateur et de journaliste à l'idée d'une démocratie fondée sur les forces morales et spirituelles de la foi chrétienne. Né dans une famille très pieuse de la grande bourgeoisie, il fait ses études à Paris, au collège Stanislas, tenu par les Marianistes, ouverts aux idées du catholicisme social prônées par le pape Léon XIII. Déjà, il cherche à éveiller ses camarades à leurs devoirs civiques et sociaux et collabore à la revue Le Sillon, fondée en 1894 par son ami Paul Renaudin. En 1899, Le Sillon se transforme en mouvement. Au sortir de l'École polytechnique, Sangnier renonce une carrière d'officier pour en prendre la direction. Cherchant à réconcilier le catholicisme avec le régime républicain, Le Sillon s'est fixé pour but de "travailler à développer les forces sociales du catholicisme dans la société contemporaine". "Les beaux temps du Sillon" se consacrent à l'éducation populaire ; "le plus grand Sillon" s'ouvre aussi à tous ceux qui croient aux valeurs spirituelles et humaines. Entre 1899 et 1910, à une époque où les idées dominantes de la Troisième République sont mises en cause, où s'installe un climat de religiosité et où émergent des préoccupations sociales, Le Sillon va marquer son influence sur de larges franges de la population française.

 

A : 1899 : le cercle d'études du Sillon.
 
Mais qu'est-ce qu'un cercle d'étude ? passons par une autre culture, la culture suédoise, dans ce pays, l'éducation populaire ( Folkbildning) possède...350 000 cercles d'études, selon le Conseil Suédois d'éducation populaire. Les cercles existent depuis un bon siècle. En France, ils furent très actifs. Le premier fut celui du mouvement Le Sillon,  de Marc Sangnier, association catholique dont l'histoire est représentative d'un pan des catholiques sociaux tentés par la politisation, ce qui valut au Sillon d'être dissous par la hiérarchie. Mais le principe de base mérite un détour par l'histoire afin de ne pas définitivement jeter le bébé avec l'eau du bain.

Marc Sangnier, tout comme Léon Harmel, constate la disparité et l'inégalité entre les classes sociales. Le domaine de l'éducation populaire ( aujourd'hui, nous dirions de la culture au sens où il existe un conseil pontifical pour la Culture) est un vaste champ d'évangélisation, mais pour Marc Sangnier, il doit s'agir d'une éducation mutuelle. Par le cercle d'étude du Sillon, Marc Sangnier s'oppose à une éducation paternaliste qui se fait sans l'ouvrier. Il entrevoit la richesse de l'éducation des pairs  par les pairs. Un membre du cercle expose un sujet aux autres. On parle de tous les sujets, question sociale en priorité, mais aussi échange d'idées, de connaissances. On voit facilement le risque d'utilisation politique du cercle d'étude, mais aussi à notre époque son développement possible en matière culturelle, grâce aux innovations techniques d'internet et des visio-conférences : on assiste à l'émergeance des descendants des cercles d'études : co-expertise, forums internets internationaux, échanges de recherches et de documents...l'enjeu restant l'immense domaine de la culture, lieu d'éducation populaire par excellence. 


Mais son orientation démocratique, dans un milieu encore très choqué par l'expulsion des congrégations et la loi de séparation des Églises et de l'État (1905), son indépendance aussi vis à vis de la hiérarchie ecclésiastique, finissent par inquiéter. Le 25 août 1910, le pape Pie X condamne le mouvement dans une lettre aux évêques de France : Sangnier se soumet et dissout Le Sillon.  Il se lance alors dans l'action politique, fonde un journal, La Démocratie et, en 1912, un parti, la "Ligue de la Jeune République". Pendant la guerre de 1914-1918, il est chargé par Briand d'une mission en faveur de la paix auprès du pape. Député de Paris de 1919 à 1924, il se consacre entre les deux guerres à l'action pacifiste et organise de grands congrès démocratiques internationaux.  En 1929, à l'instar de Richard Schirmann en Allemagne, il introduit en France les Auberges de Jeunesse pour rapprocher les jeunes de tous les pays. À partir de 1932, il prend un certain recul avec l'action politique et fonde l'hebdomadaire L'Éveil des peuples et le Foyer de la Paix à Bierville (Seine-et-Oise), où il possédait une propriété.  Après la guerre, pendant laquelle il est arrêté, en 1944, par la Gestapo, son influence perdure : élu de nouveau député de Paris, il devient, à sa fondation, le président d'honneur du M.R.P.  Odile Gaultier-Voituriez archiviste de la Fondation nationale des sciences politiques,  membre du conseil scientifique de l'Institut - source
Mais son orientation démocratique, dans un milieu encore très choqué par l'expulsion des congrégations et la loi de séparation des Églises et de l'État (1905), son indépendance aussi vis à vis de la hiérarchie ecclésiastique, finissent par inquiéter. Le 25 août 1910, le pape Pie X condamne le mouvement dans une lettre aux évêques de France : Sangnier se soumet et dissout Le Sillon. Il se lance alors dans l'action politique, fonde un journal, La Démocratie et, en 1912, un parti, la "Ligue de la Jeune République". Pendant la guerre de 1914-1918, il est chargé par Briand d'une mission en faveur de la paix auprès du pape. Député de Paris de 1919 à 1924, il se consacre entre les deux guerres à l'action pacifiste et organise de grands congrès démocratiques internationaux. En 1929, à l'instar de Richard Schirmann en Allemagne, il introduit en France les Auberges de Jeunesse pour rapprocher les jeunes de tous les pays. À partir de 1932, il prend un certain recul avec l'action politique et fonde l'hebdomadaire L'Éveil des peuples et le Foyer de la Paix à Bierville (Seine-et-Oise), où il possédait une propriété. Après la guerre, pendant laquelle il est arrêté, en 1944, par la Gestapo, son influence perdure : élu de nouveau député de Paris, il devient, à sa fondation, le président d'honneur du M.R.P. Odile Gaultier-Voituriez archiviste de la Fondation nationale des sciences politiques, membre du conseil scientifique de l'Institut - source
 Marc Sangnier (1873-1950) transforme donc son journal Le Sillon en organe d'un vaste mouvement qui réunit la jeunesse ouvrière et les fils de notables afin de réconcilier les classes laborieuses avec l'Église et la République. En s'appuyant sur les patronages catholiques, Sangnier crée en 1901 des Instituts Populaires qui donnent bientôt des cours et des conférences publiques. Lors du congrès national de 1905, près de mille cercles venus de la France entière sont ainsi représentés. Appuyé par les jeunes prêtres et quelques évêques, c'est très vite un succès.
 
Cependant, le mouvement doit combattre l'opposition de l'extrême gauche marxiste qui parfois perturbe les réunions organisées par Le Sillon ou l'hostilité de la presse de l'Action française de Charles Maurras. En 1910 Marc Sangnier, condamné par le Pape sur le plan doctrinal se soumet mais passe au terrain politique.
 
Après la première guerre mondiale il ouvre la première Auberge de jeunesse en France, baptisée l'Épi d'Or, elle est construite en 1929 à Boissy-la-Rivière (Essonne) L'année suivante est fondée à son initiative la Ligue Française pour les Auberges de Jeunesse. Que d'initiatives dont l'avenir sera prometteur!


B : La chronique sociale ( Lyon) 

La particularité du cercle d'étude du Sillon demeure dans l'éducation du pair par le pair, on retrouve cette particularité dans "la Chronique sociale" : l'implantation des Cercles d'études constitue, à l'époque, une innovation. Joseph Folliet rapporte ainsi cette réflexion d'un notable : "Que des hommes intelligents et cultivés comme vous se rassemblent pour discuter des questions sociales, passe encore. Mais des gens du peuple, des adolescents, des ouvriers ! À quoi sert de leur déranger la cervelle et de leur ôter l'humilité indispensable ?" Cette "indignation" révélatrice situe les cercles sociaux dans leur contexte culturel.
Ces Cercles d'études ont évidemment pour but de mettre en débat les notions économiques et juridiques que les animateurs ont besoin de s'approprier : "On ne naît pas citoyen, on le devient par l'étude et la réflexion", proclame un manuel fédéral en 1904.
Les premiers apparaissent à Bellecour en 1894, puis aux Brotteaux, à Saint Jean, à la Croix Rousse. Deux ans plus tard, ils sont réunis au sein de la Fédération des groupes d'études du sud-est, couvrant le Rhône, la Loire, l'Isère, la Saône-et-Loire, le Jura et les Bouches-du-Rhône. En 1901, elle regroupe 65 Cercles réunissant 2360 adhérents. C'est ainsi que la Chronique a permis à de futures élites d'opérer une prise de conscience, de s'affirmer, de jouer un rôle social. 




Bineheureux Marcel Callo.Membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), en Bretagne, il est fiancé à une jeune fille qui appartient au mouvement. Réquisitionné, en 1943, par l'occupant allemand pour le Service du travail obligatoire, il lui faut partir pour l'Allemagne. Il décide de s'y comporter « en missionnaire, pour aider ses frères jocistes ». Souffrant du froid, mal nourri, il doit travailler de longues heures dans une usine. Ses nerfs sont mis à rude épreuve. Pour surmonter son désarroi, il cherche sa force dans sa foi au Christ. C'est alors qu'il rencontre un groupe de jocistes allemands et leur aumônier, un prêtre capable s'exprimer en français. Marcel entraîne avec lui à ces messes des camarades français qui ne sont guère familiers de l'Eglise. Un groupe chaleureux se forme ainsi autour de lui, ce qui attire aussitôt l'attention de la Gestapo qui n'aime guère cette "action catholique". Arrêté, il est déporté à Mathausen. Soumis à la soif, la faim, battu, il doit travailler tout le jour dans une usine souterraine. Dans ce qui pourrait être le désespoir, sa foi ne cesse de grandir en espérance et en charité. Il la partage avec d'autres prisonniers. Bientôt, à bout de force, il est envoyé à l'infirmerie, à deux pas du four crématoire. Là, il continuera de soutenir ses compagnons de misère, jusqu'au bout, alors que lui-même se meurt de dénutrition, de tuberculose et de dysenterie. Béatifié le 4 octobre 1987 par le pape Jean-Paul II. Voir aussi sur le site du diocèse de Rennes: Marcel Callo, jeune jociste mort en déportation. http://catholique-rennes.cef.fr/?Marcel-Callo-jeune-jociste-mort-en  Voir aussi: http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Callo http://www.assomcallo.com/ http://www.paroisse-bx-marcel-callo.info/marcelcallo.htm http://membres.lycos.fr/pandarr/Catholique2/callo.htm http://www.requis-deportes-sto.com/pages/calbeati.htm http://soeurs-christredempteur35.cef.fr/callo.htm
Bineheureux Marcel Callo.Membre de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), en Bretagne, il est fiancé à une jeune fille qui appartient au mouvement. Réquisitionné, en 1943, par l'occupant allemand pour le Service du travail obligatoire, il lui faut partir pour l'Allemagne. Il décide de s'y comporter « en missionnaire, pour aider ses frères jocistes ». Souffrant du froid, mal nourri, il doit travailler de longues heures dans une usine. Ses nerfs sont mis à rude épreuve. Pour surmonter son désarroi, il cherche sa force dans sa foi au Christ. C'est alors qu'il rencontre un groupe de jocistes allemands et leur aumônier, un prêtre capable s'exprimer en français. Marcel entraîne avec lui à ces messes des camarades français qui ne sont guère familiers de l'Eglise. Un groupe chaleureux se forme ainsi autour de lui, ce qui attire aussitôt l'attention de la Gestapo qui n'aime guère cette "action catholique". Arrêté, il est déporté à Mathausen. Soumis à la soif, la faim, battu, il doit travailler tout le jour dans une usine souterraine. Dans ce qui pourrait être le désespoir, sa foi ne cesse de grandir en espérance et en charité. Il la partage avec d'autres prisonniers. Bientôt, à bout de force, il est envoyé à l'infirmerie, à deux pas du four crématoire. Là, il continuera de soutenir ses compagnons de misère, jusqu'au bout, alors que lui-même se meurt de dénutrition, de tuberculose et de dysenterie. Béatifié le 4 octobre 1987 par le pape Jean-Paul II. Voir aussi sur le site du diocèse de Rennes: Marcel Callo, jeune jociste mort en déportation. http://catholique-rennes.cef.fr/?Marcel-Callo-jeune-jociste-mort-en Voir aussi: http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Callo http://www.assomcallo.com/ http://www.paroisse-bx-marcel-callo.info/marcelcallo.htm http://membres.lycos.fr/pandarr/Catholique2/callo.htm http://www.requis-deportes-sto.com/pages/calbeati.htm http://soeurs-christredempteur35.cef.fr/callo.htm

Instituts Populaires, universités d'été, collaboration entre les milieux différents, équipes sociales développant la culture générale, formation de la JOC...L'École Normale Ouvrière est créée à Lille par l'union régionale de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) du Nord Pas-de-Calais en 1925 puis à Lyon ( 1929). Toutes ces initiatives, selon leur destinée respectives, mettent au goût du jour l'éducation du pair par le pair, la collaboration entre milieux, l'intégration de l'ouvrier au processus social, l'application de Rerum Novarum et la doctrine Sociale de l'Eglise et auront une postérité non négligeable, y compris en termes de sainteté, comme le bienheureux Marcel Callo.

L'apprentissage, l'enseignement supérieur, l'enseignement ménager.

L'apprentissage commençait à 12 ans...
L'apprentissage commençait à 12 ans...

Les pionniers de l'apprentissage ont été l'Ecole St Nicolas, la Société st Vincent de Paul, les Frères des Ecoles chrétiennes ( 1851), les Orphelins Apprentis d'Auteuil ( 1866) et bien d'autres. Les catholique ont eu très tôt le souci d'un enseignement technique et professionnel, puis supérieur-professionnel. Là encore, impossible d'être exhaustif.

A : le pré-apprentissage.
1906 : l'atelier des Epinettes de Charles Kula.
1908 : l'école des petits métiers de Tourcoing.
Des cours de travaux manuels et beaucoup d'autres...

B : L'apprentissage.
1893 : Les Ateliers du Père Boisard ( Lyon)
1901 : l'atelier de l'abbé Rudinsky
1903 : L'Institut Jacquart
1934 : Les orphelins d'Elgolea : dans ce diocèse du Sahara, les soeurs Blanches et les pères Blancs créent des oeuvres sociales destinées aux plus pauvres, les enfants nés des soldats français et des femmes autochtones.
1918-1939 : Les Instituts salésiens.

Les catholiques oeuvrent aussi dans l'enseignement supérieur : En 1898, les frères des Ecoles Chrétiennes ouvrent l'Institut catholique des arts et métiers  en 1900 à Reims, suivi d'autres ECAM ( lyon), puis ce seront toutes les écoles d'ingénieurs catholiques.

Et enfin, l'enseignement ménager : 1898, école ménagère du Rosaire, 1902, cours normal de Mde Diesbach, 1906, école ménagère des résidentes sociales, 1924 : éducatrices familiales...

Ainsi, la présence des catholiques dans la vie sociale autour de l'entreprise, à travers l'éducation populaire et la formation montre une immense vitalité. Il est juste de montrer, à travers la pérrénité de ces actions, l'apport des catholiques à la vie sociale et d'en garder la mémoire.



Lundi 17 Octobre 2011
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